Overblog
Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
A moy que chault!

Le temps ne fait rien à l'affaire...

5 Décembre 2016, 17:47pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Jadis, c’était l’électorat des « vieux »  qui votait pour le Front National et les jeunes qui « emmerdaient le F-Haine » en pogotant sur du Bérurier Noir ou en militant à l’Unef.  Aujourd’hui, les « vieux» conservateurs, attachés à leur mode de vie, leurs traditions et à leur patrimoine culturel, porteurs d’une vision « classique et enracinée » de la France, ont cédé la place aux ex-soixanthuitards hédonistes, égoïstes et jouisseurs, libéraux-libertaires en couches hygiéniques anti-fuites urinaires. La tendance s’est donc inversée.  Les « jeunes » confrontés à la violence de la rue occupée par les allogènes, à la précarité et au dumping social produit par la mondialisation, tentent de sauver les derniers meubles de l’héritage et se rattachent au « vote FN », tandis que les vieillards cools et bougistes à grosses retraites continuent à branler leurs queues sous Viagra en rêvant d’un « village planétaire » et d’un « monde sans frontières », supermarché global pour joyeux déracinés dopés au consumérisme et au divertissement pour tous.  Mais ne nous y trompons pas, cette césure générationnelle n’est que circonstancielle. Les « jeunes » ne sont pas subitement devenus plus  intelligents ou « lucides » que leurs aînés, ils sont simplement plus pauvres et davantage dans la merde.  Leurs hochets sont cassés et on a largement tapé dans leur plan épargne. Ils retrouvent donc quelques bons réflexes face aux dangers croissants mais ne sont malheureusement pas mus par un idéal de rupture avec le modèle socio-économique  qui  les a menés là. Ce sont des petits capitalistes frustrés, pas des révolutionnaires, ni même aspirants à l’être. Un peu d’emploi et de pouvoir d’achat, saupoudré de quelques miettes de sécurité, en viendra bien vite à bout.

 

Voir les commentaires

RDV dimanche

5 Décembre 2016, 09:31am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Stand Livr'arbitres à la table Ronde de Terre et Peuple, dimanche 11 décembre. Que du bon!

(Espace Jean Monnet, 47, rue des Solets, Rungis)

 

Voir les commentaires

A droite toute!

28 Novembre 2016, 10:05am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Le temps médiatique est fabuleux… Ainsi François Fillon, vieil habitué du système, de ses couloirs et de ses prébendes, que tout le monde considérait depuis toujours comme un pâle libéral, s’est mué en champion de la droite des valeurs, voire de la droite « dure », en moins de 15 jours… Depuis qu’il est en pleine lumière, ce perpétuel second rôle à la triste figure a totalement changé de nature.. Personne, ni ses collaborateurs, ni ses collègues, ni ses administrés, ne s’en était rendu compte jusque-là mais en fait Fillon est un gros dur, un pit-bull prêt à incarner une « droite chimiquement pure ».

Une nouvelle fois, le système se montre d’une redoutable efficacité. C’est d’ailleurs à peu près toujours le même scénario: dès qu’il se sent acculé, au bord d’une rupture véritable, que le peuple paraît au bord de la sécession, il nous sort de sa poche un improbable « homme du renouveau » qui siphonne tout le vote contestataire ou du moins une part suffisamment conséquente pour stériliser toute velléité de changement réel et effectif.  A l’étranger, ce sera le bouffon Beppe Grillo en Italie, aux Etats-Unis, le « milliardaire excentrique » Trump, et chez nous, où l’on fait désormais tout en plus terne et plus médiocre, on nous repeint à la hâte un sous-chef de bureau en super-héros de la droite de conviction et de la révolution conservatrice

Et ça marche ! Bien sûr ! Toujours ! Des bourgeois cathos prétendument écolos et sociaux de la revue Limite (qui n’a jamais si bien porté son nom) aux franges de la faferie la plus soi-disant radicale, on applaudit, on se félicite, on frétille, on s’est même déplacé pour verser son écot et participer à la grande fête ! Il faut dire que 2 euros pour se faire enculer, c’est un tarif sans concurrence... Même dans les recoins les plus sordides du Bois de Boulogne, l’amateur ne trouvera pas une telle promotion.

Voir les commentaires

Les ricanants

22 Novembre 2016, 23:13pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

L'humour, cet allègement des jours, n'a rien - ou du moins si peu - à voir avec le ricanement aigre et méprisant qui constitue désormais le fond sonore de notre temps.  Cet arrosage permanent de postillons rigolards expulsés par des bouches torves, des lèvres en cul de poule bouffies d'autosatisfaction plantées au beau milieu de grosses têtes de premiers de la classe vissées sur des corps étiques et débiles secoués de spasmes d'hilarité onaniste. Insupportable ironie morbide des "chroniqueurs", "commentateurs" et journaleux télévisuels divers, tendance Canal+ ou autre sous-produit TNTesque. Ces histrions, mi clowns, mi Saint-Just, confits dans la bien pensance et la soumission grassement stipendiée aux dogmes, se prennent néanmoins pour la quintessence de la transgression et de l'irrévérence. Larvesques jusqu'au seuil de la sédimentation, ils se congratulent mutuellement de leur fielleuses saillies sur cibles autorisées et se cooptent d'un plateau à l'autre, d'un hochement de tête et d'une tape dans le dos. Toujours en se gaussant, en se poilant, car ils sont sympas, funs et cools. Ce sont les joyeux petits marquis du bas-empire putrescent.

Une cachinnation de Yann Barthès ressemble à une vomissure de blatte.

Cette époque a même réussi à rendre le rire sordide.

Voir les commentaires

Chronique d'une fin du monde sans importance

21 Novembre 2016, 13:15pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

La dernière quête 

 

A l’approche des vacances estivales, traditionnelle période de ralentissement de son activité de conseil financier, Michel profitait d’un emploi du temps allégé pour aller chercher Victor tous les soirs en voiture à la sortie de l’école. Il pouvait ainsi passer davantage de temps avec son fils qu’il voyait peu le reste de l’année, absorbé quotidiennement jusqu’à des heures tardives par la gestion de ses équipes junior et ses objectifs mensuels de rentabilité. Il profitait également de ce précieux temps libre pour tester le confort de conduite de son nouveau Crossover BMW toutes options (« Hyper-suréquipée » disait la brochure publicitaire) 

Ce vendredi soir, il rentrait donc paisiblement à la maison, rue d’Alésia, Victor installé sur la banquette arrière lui narrant sa journée de cours, une journée assez ennuyeuse essentiellement occupée par le visionnage d’un documentaire sur la Shoah, le 7ème de cette année scolaire. Michel hochait la tête, retenant un bâillement, quand son téléphone cellulaire se mit à vibrer au fond de la poche intérieure de sa veste Cerutti. Lorsqu’il le sortit, sa mâchoire se figea et ses yeux furent traversés d’une lueur hystérique. Sans dire un mot, il écrasa puissamment la pédale de frein. Le crissement désespéré des pneus retentit dans toute l’avenue et la voiture qui les suivait évita la collision d’extrême justesse. L’arrêt fut si violent que la tête de Victor heurta la vitre de droite, ce qui l’assomma sur le coup. Il gisait maintenant sur la banquette de cuir, un petit filet de sang s’échappant de sa tempe. Mais Michel n’aperçut même pas ce tragique spectacle, il avait déjà quitté la voiture, laissant la porte du conducteur grande ouverte, et courrait maintenant vers l’entrée du parc Monceau. Plusieurs autres personnes sprintaient également dans la même direction, le portable à la main. Le cœur en surrégime, les tempes palpitantes, Michel poussait son effort à son paroxysme. Il avait une légère avance sur les autres coureurs mais ses Weston neuves lui blessaient les pieds et le ralentissaient. Il décida donc de s’en débarrasser en les jetant sur son plus proche concurrent, l’apprenti de la boulangerie qui faisait face au parc, encore tout couvert de farine. Ainsi allégé, il ne tarda pas à distancer ses poursuivants. Son entraînement bi-hebdomadaire au Club Med Gym en bas du bureau portait enfin ses fruits.  

Il piétinait maintenant frénétiquement les pelouses du parc, déjà haletant mais déterminé. Pour être encore plus à l’aise, il avait également sacrifié sa veste. Une sueur glacée ruisselait dans son cou. Rien, désormais, ne pouvait stopper sa course. Une petite vieille en déambulateur dû se jeter dans un massif de bégonias pour l’éviter. 

Pendant ce temps, la rumeur grandissait dans le quartier : le plus rare des Pokémons avait été géo-localisé au cœur du parc, juste derrière les toilettes publiques. Les riverains sortaient un à un de chez eux et la foule commençait à se masser autour des grilles en fer forgé. 

Alors qu’il touchait au but, Michel vit apparaître une jeune étudiante blonde qui brandissait son cellulaire en direction du mur de briques de la cabane des toilettes. Elle s’apprêtait à appuyer sur le bouton capture de l’appareil mais Michel eut le temps de lui saisir le bras et de le tordre suffisamment violemment pour lui faire lâcher le smartphone. Après avoir poussé un cri de douleur, la jeune fille essaya de se dégager en lui décochant un coup de genoux aux testicules qu’il parvint de justesse à parer avec la cuisse. Voyant qu’elle tentait de ramasser son téléphone, il l’attrapa par les cheveux et lui décocha plusieurs coups de poing au visage qui firent éclater les arcades sourcilières, provoquant des jets d’hémoglobine qui maculèrent sa chemise blanche à liserés verts Eden Park.  Dans un bruit sourd, le corps de la jeune fille tomba lourdement sur le sol. Des piétinements se faisaient entendre en toutes directions. Michel n’avait pas le temps de reprendre son souffle. Les mains tremblantes et rougies par les coups, il dirigea son Iphone vers le mur convoité. L’application « Pokemon go » lui confirma alors la présence de la cible, un petit monstre virtuel jaune apparaissant dans le viseur de l’appareil photographique. Après avoir appuyé sur le bouton fatidique, il leva les bras au ciel et poussa un cri terrible, gigantesque et primal. L’écho des sirènes de police grandissait derrière lui. Il s’en moquait. C’était lui qui avait chopé Pikachu. 

 

Xavier Eman (in revue Eléments numéro 162)

Voir les commentaires

L'orchestre du Titanic

18 Novembre 2016, 15:27pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Hier, dans le métro, deux jeunes gens, une fille et un garçon,  un couple, des instruments de musique sur le dos, revenaient, semble-t-il , de la Chapelle où ils s’étaient rendus afin de  « jouer pour les migrants »…  Apparemment, ils étaient un peu déçus de l’accueil reçu…

  • « Je crois qu’ils n’ont pas bien compris la démarche… »
  • « Non mais c’était mal organisé, même la fille qui était censée faire le lien avait l’air à peine au courant… »
  • « Oui, c’est sans doute pour ça… »
  • « Mais de toute façon faut être patient, ça viendra petit à petit… »
  • « Oui, y’aura sans doute plus de monde la prochaine fois… »
  • « Pis y’a quand même pas mal de musulmans, faudrait peut-être adapter le répertoire… »
  • « Oui, en fonction de leurs envies, de leurs désirs… »
  • « Carrément… »

Ramassé sur mon strapontin, je ne sais même plus que dire… Même plus envie d’être sarcastique ou cynique…  Même plus en tête l’image d’elle à quatre pattes, deux grosse bites noires dans le cul, pendant que son crétin joue du violon pour « ambiancer » la scène… Juste une très grande fatigue…

Voir les commentaires

RDV

15 Novembre 2016, 18:27pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Je serai présent au colloque "A l'Est, du nouveau?", samedi 19 novembre, à partir de 13h30 à l'Espace Moncassin, 164 rue de Javel, pour proposer et dédicacer mon recueil de chroniques.Une bonne occasion pour tous ceux qui cherchaient une idée de cadeau originale et funky pour les fêtes de Noël! :)

 

 

Voir les commentaires

"Demain nous appartient"

14 Novembre 2016, 13:33pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

(Entrevue parue dans le quotidien Présent du samedi 12 Novembre)

Entretien avec Xavier Eman

 

Xavier Eman, journaliste indépendant, rédacteur en chef de Livr'Arbitres, vient de publier son premier livre : Une Fin du monde sans importance (éd. Krisis). Cet ouvrage compile les chroniques de l'auteur parues dans la revue Éléments et sur son blog A moy que chault. Dans un style drôle et grinçant, on y suit les aventures d'un anti-héros, François, se débattant et résistant, parfois malgré lui, dans un monde moderne, absurde et sans âme.

 

Cette « fin du monde » est-elle inéluctable ?

Peu d’événements sont totalement inéluctables mais il faut reconnaître que la situation paraît fort mal engagée … Je pense qu’il n’y a en effet plus grand-chose à sauver, que la maladie est trop avancée, le corps trop rongé… Nous ne sommes plus au temps de la « conservation », ou même de la « restauration »… Il faut penser et inventer un « nouveau monde ». Pas « ex nihilo » bien sûr, comme dans les utopies gauchistes, mais conformément à notre génie français et européen, un nouveau monde à la fois radicalement différent de celui qui est en train de crever et fidèle à notre plus longue mémoire et nos valeurs chrétiennes… C’est un sacré pari, d’une ambition extraordinaire, mais il me semble aujourd’hui beaucoup moins utopique que de vouloir encore sauver quelques meubles branlants dans une maison fissurée de partout.

 

La vie de François, votre anti-héros, vous semble-t-elle représentative de celle de ses contemporains ?

De beaucoup d’entre eux, hélas oui. Avec la petite différence que « François », lui, est assez lucide sur l’inanité de sa condition et la vacuité du monde moderne, ce qui n’est pas le cas pour la plupart des zombies ou apprentis zombies qui peuplent notre époque. Il y a fort heureusement des exceptions, mais il faut cependant reconnaître que les « hommes différenciés » se font tragiquement rares... Le rouleau compresseur du mondialo-consurémisme et du divertissement/abêtissement télévisuel s’est révélé d’une redoutable efficacité.

Que répondez-vous à ceux qui vous rangent dans la catégorie des cyniques ?

Je pense davantage me placer dans la catégorie des réalistes que celle des cyniques. Le cynique jauge de haut, d’un regard extérieur et condescendant, une situation dont il se plaît à ricaner. Pour ma part, je me place au cœur de la critique que je porte sur nos temps obscurs, je ne m’en exempt nullement, bien au contraire. Je crois que nous sommes tous, à des degrés divers, touchés par les maux de l’époque, et que beaucoup, consciemment ou inconsciemment, derrière le masque de « festivus », en souffrent… Je fais partie des gens qui vivent douloureusement cette « fin du monde » et de ce fait, si j’évoque les travers et les ridicules du temps, c’est pour les dénoncer et les combattre, pas pour m’y repaître.

Essayons de terminer cet entretien avec une note d'espérance...

Vous savez, je ne pense pas que tenter de dire ou de décrire la vérité soit particulièrement « désespérant ». Pour affronter une situation, il faut d’abord poser un diagnostic le plus juste et le plus précis possible, si amer ou pénible soit-il. Je pense qu’on désespère beaucoup plus aisément les gens, et notamment les militants politiques, en les berçant de rêves et d’illusions et en leur masquant l’âpreté et la complexité du réel. Les constats sans fard et le pessimisme qu’ils peuvent engendrer ne doivent évidemment pas être des motifs de démission ou des justifications de l’aboulie, mais au contraire des armes affutées pour affronter nos ennemis et leurs complices. Demain nous appartient ! Mais demain ne sera pas une copie d’hier. Il sera le fruit de notre révolution, intérieure puis collective.

 

Propos recueillis par Louis Loprhelin

louis-lorphelin@present.fr

 

Voir les commentaires

RDV

5 Novembre 2016, 18:48pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

RDV

Voir les commentaires

Transmission?

4 Novembre 2016, 17:20pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Quand je vois, ou me souviens, de la maison de nos anciens, remplies de meubles imposants et solides, d'objets ayant traversés les âges, patinés par le temps, de tableaux et de bibelots, pas toujours de bon goût mais toujours porteurs de sens, cette multitude de petits objets divers et variés, souvent sans grande valeur, mais composant un monde et une histoire, et que je vois nos appartements contemporains, même les plus chics et les plus bourgeois, ikéaisés et technologisés jusqu'au trognon, froids et vides même quand ils ont suivi à la lettre les conseils de Starck ou des pages déco du Figaro mag, je suis pris d'un profond sentiment de rupture, de finitude. Des livres d'art qu'on ne lit pas, des gadgets dont on a oublié l'utilité...Tout y est hors-sol, convenu, attendu, interchangeable, pratique, jetable.... Déménagements, héritages, ventes... tout a été dispersé, bradé, balancé à la poubelle, aux encombrants, à Emmaüs pour les plus généreux... Pas de place, pas d'envie.. Les veilles photos, les vieux cadres, les anciennes lettres, la vieille horloge, la vaisselle à fleurs...vous n'y pensez pas, au prix du mètre carré ! Même si on voulait, on ne le pourrait pas... Ce n'est plus pratique, plus fonctionnel... et puis assez plouc, il faut bien l'admettre... Entre nos murs, il n'y a plus d'histoire, plus de lien, plus de récits, plus d'anecdotes, il ne reste que l'ennui aseptisé et organisé autour du dieu écran... Nous vivons dans d'éternelles chambres d'hôtel. Quels trésors découvriront encore nos petits-enfants en ouvrant en cachette les tiroirs de la commode ou en fouillant les armoires ? Trouveront-ils encore des médailles militaires et un vieil uniforme, la collection de mignonnettes d'alcools qu'offraient les représentants de commerce à l'aïeul bistrotier, les fanions de son club de rugby, les bons points de l'école élémentaire, les gourmettes et timbales de communion, le menu de mariage du grand-oncle...

Non, ils trouveront peut-être un godemichet, un vieil ordinateur ou une paire de Louboutin... D'ailleurs ils ne chercheront peut-être même-plus, leur curiosité ayant été stérilisée par le culte de l'immédiateté et l'imaginaire cédé en gérance aux studios Hollywoodiens et à Ubi Soft...

 

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 > >>