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A moy que chault!

RDV

30 Juin 2016, 18:24pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Vendredi 8 juillet à 20 heures, soirée Livr'arbitres pour la sortie du nouveau numéro (nouvelle formule), à 20 heures au Mareyeur, 38 rue de Vaugirard, 75006 Paris.

RDV

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La bicoque

29 Juin 2016, 17:36pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Malgré son âge plus que vénérable, la 206 vert pomme affrontait vaillamment les lacets de la petite route départementale. Depuis le départ, il y a près de trois heures, l’autoradio déversait du Jean-Jacques Goldmann à jets continus. La cassette était coincée dans l’appareil depuis plusieurs années… François chantonnait en tapotant d’une main sur son volant. Lui aussi voulait « aller au bout de ses rêves », vivre « une autre histoire » en partant « là-bas »… Son « là bas » à lui c’était Le Pont-en-Bruyère, charmante bourgade de 768 habitants aux abords de laquelle il avait fait l’acquisition d’une magnifique maison de campagne à moitié en ruines qui avait fini d’engloutir les économies imprudemment transmises par bon-papa « en avance sur l’héritage ». Si délabrée soit-elle, cette maison était pour lui un petit paradis, l’aboutissement de nombre de ses fantasmes. La campagne, la terre, le jardin, les vieilles pierres, la nature... Il en avait tant parlé, tant disserté, tant rêvé… Maintenant il y était, il avait franchi le pas. La femme, les enfants et le chien qui complétaient ses aspirations étaient, eux, aux abonnés absents, mais cela restait tout de même quelque chose, un petit bout d’accomplissement… La demeure lui avait tout de suite plu. Elégante dans son effondrement, digne dans sa décrépitude… ils étaient faits pour se rencontrer et s’entendre.

Arrivé à bon port, il gara la voiture dans la cour de la fermette, juste à côté du tas de briques et des deux chaises pliantes dépareillées qui tenaient lieu de mobilier de jardin. Ronces et mauvaises herbes avaient encore formidablement poussé et rampaient presque jusqu’à la porte. « Allez, on range les courses et on s’y met ! » déclara-t-il avec vigueur en sortant du véhicule. Il parlait de plus en plus souvent tout seul à haute-voix, vieille habitude de vieux garçon qui faisait dire à certains qu’il avait « complètement tourné dinguo ». Les provisions rapidement entassées dans le réfrigérateur couvert d’autocollants annonçant la révolution prochaine ou proclamant la beauté du combat, il alla chercher les outils dans la remise pour entamer le débroussaillage du jardin, du moins d’une partie de celui-ci, un périmètre qu’il appelait « zone minimale de confort civilisé », le reste étant abandonné définitivement à la jungle. Le soleil était encore haut dans le ciel et la chaleur ajoutée à la fatigue du voyage lui donnaient soif. Mais il fallait d’abord travailler. « Tout verre doit être mérité ». C’est son alcoologue qui avait établi cette règle. Une ordure de belle race celui-là, 75 euros la séance pour débiter ce genre de conneries. Le souvenir de la sale gueule mielleusement judaïque du thérapeute l’agaça tellement qu’il décida de ne pas respecter le commandement. Ce n’était pas la première fois. Posant les outils sur le sol, il alla chercher un verre et une bouteille de Chablis dans la cuisine et s’assit sur le seuil de la porte. En avalant les premières gorgées de vin, il contemplait le chaos végétal, les arbres zombiesques avec leurs branches sombres et tourmentées, les fougères épaisses piquées de ronces agressives, les quelques fleurs sauvages défiant mousse et herbes hautes… Cet inextricable enchevêtrement, ce galimatias botanique lui plaisaient. Il n’avait plus du tout envie d’y mettre bon ordre. Il se servit donc un nouveau verre et trinqua avec les oiseaux qui sautillaient sur le muret de pierres à demi effondré qui marquait les limites de son domaine. La « maison du parisien fada » comme on l’appelait dans le coin. Le drapeau pirate mité qui flottait sur le toit de la masure n’était sans doute pas pour rien dans cette dénomination. Les fréquents feux d’artifices qu’il organisait seul dans son jardin non plus. La bouteille était finie, le soleil commençait à descendre, ses derniers rayons léchaient le mur de la maison, faisant fuir un lézard étrangement obèse. Au loin, un bruit de tracteur se mêlait à des jappements de chien. François se sentait bien, détendu, presque heureux.

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Comme un lundi

21 Juin 2016, 14:11pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Tous les matins c’est pareil, et tous les matins, entre les remugles de pisse se dégageant du clodo vautré sur le quai et les premières vociférations téléphoniques des camés du cellulaire, on se repose la même question : comment en est-on arrivé là ? Comment en est-on arrivé à accepter de mener ces vies de cons ?

Les couloirs du métro dégueulent leur diarrhée quotidienne de post-humains zombifiés. Certains sont pressés, d’autres traînent les pieds, déjà épuisés… Tous s’entassent, se collent, s’amoncellent dans les fourgons à bœufs qui les mènent à leur précieux jobs, au mieux inutiles, au pire absurdes et néfastes. Pour eux, pour les autres. Il est 8 heures et l’ennui les écrase déjà. Existences mécaniques, répétitives, ritualisées. Perdre sa vie à la gagner… On est en plein dedans, jusqu’au cou. Est-ce cela une vie d’homme ? Un train de banlieue, un écran d’ordinateur puis un écran de télé qui lui succède, et ainsi de suite, indéfiniment… Pour donner le change on va feindre d’adorer son boulot, de s’y impliquer, de s’y « épanouir », mais au fond de soi on sait bien que c’est de la flûte, que cela n’a pas de sens, que c’est dérisoire, vain… On triche, mais on sait. C’est pour ça qu’on picole, qu’on se bourre de médocs, qu’on poste des photos de son cul sur Facebook, qu’on va chialer chez un psy, demi-taré encore plus mal foutu que soi mais qui a réussi à transformer ses névroses en attrape-gogos méga-bankable… Vies de cons, étriquées, poussives, accablantes, qui n’ont d’autres finalité que de payer, payer, payer, payer... payer des trucs inutiles, des services inefficaces, des logements minuscules, des obsolescences programmées, des vacances forcément pourries à force d’être caricaturales… Bien sûr on baise un peu, ça distrait, ça occupe… un moment du moins... Mais de ça aussi on se lasse. Ce n’est jamais aussi bien que dans les pornos de toute façon. Elle ne parvient pas à mettre ses chevilles derrière ses oreilles et rechigne à la participation de deux ou trois copains… Alors, tu penses… A un moment, le foot devient presque plus excitant… Du moins on feint de s’exciter encore un peu pour ça, histoire de se prouver qu’on peut encore être autre chose qu’une loque aboulique. Un supporter hystérique, voir violent, c’est quand même un vivant. C’est déjà ça. Et puis ça permet de zapper un ou deux repas avec la belle famille, ces bons moments passés à la campagne entre les reproches de la belledoche sur la façon dont vous traitez sa connasse de fille et les anecdotes lourdingues du beau-père collectionneur de timbres et militaire frustré amateur de récits d’une guerre d’Algérie qu’il n’a pas faite. Sans parler des cousins et cousines, tous la gueule de travers et finis au pipi à force de ne pas vouloir que le flouze sorte de la famille… Tout ça justifie bien les deux heures d’embouteillages du retour, d’autant qu’on a pu rapporter un panier de pommes pourries, gorgées d’asticots et trois tranches de jambon blanc parce que bon, c’est sûr, à Paris, y’a pas de boucherie ni de charcuterie qui font d’aussi bons produits que ceux du père Matthieu, le voisin alcoolo au dernier degré, confit comme une cerise au kirsch, qui met trois heures à égorger le cochon tellement il a la tremblote et qui enveloppe les morceaux de barbaque dans de grands torchons à carreaux jamais lavés depuis le décès de sa femme en 2006 et dans lesquels il s’est probablement mouché, si ce n’est pas pire …

Et puis tout ça mène à nouveau au lundi, et tout recommence, tout reprend sa place… encore et encore…

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Le retour

15 Juin 2016, 00:11am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Toute à l’heure, c’était cool, tout le monde beuglait et vidait des bières. On se tapait dans le dos. Mais maintenant, à minuit vingt-cinq, seule dans le métro, entre une légère envie de gerber et un début de gueule de bois, tu te demandes si c’était vraiment une si bonne idée que ça… Surtout le maquillage sur le visage, qui commence à dégouliner… D’autant que tu n’as plus tout à fait vingt ans… Et puis au fond, le foot, tu n’en as vraiment rien à branler… Que ces millionnaires gagnent ou perdent, cela ne t’aidera pas à rembourser ton crédit ni à te lever sans trop de difficultés demain à 7h15… Cela n’a pas aidé non plus à te trouver un mec, même juste pour un soir… Pourtant la bonne copine qui fait pas chier, qui se réjouit de voir pendant des heures des cons courir après un ballon, qui ne rechigne pas à picoler et à faire des réflexions hautement humoristiques sur le nom des joueurs des équipes adverses, ce n’était pas forcément une mauvaise idée… Mais ça n’a pas fonctionné. Ils ont tous préféré continuer à boire des coups entre potes. Comme quoi, ils ne sont peut-être pas aussi obsédés par le cul qu’on le dit… ces salauds !

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La chute

8 Juin 2016, 15:22pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Elle voulait toujours aller voir la mer. Quelle vulgaire et ennuyeuse monomanie ! Lui n’avait envie de rien, ce qui n’était guère plus original. Ils formaient un couple qui « battait de l’aile », c’est-à-dire qui s’ennuyait, ou plus exactement dont chacun des deux membres pensait qu’il s’ennuyait davantage que s’il avait été tout seul ou avec un autre conjoint. Le dosage d’ennui leur semblait dorénavant excessif. Car on s’ennuie toujours. Mais aujourd’hui, c’était l’autre qui devenait la cause de cet ennui qui, de ce fait, paraissait de moins en moins supportable. Me faire chier d’accord, que tu me fasses chier, c’est une autre histoire… La présence de l’autre devenait lentement pesante, pénible, poisseuse et irritante comme un vieux sparadrap à la colle noircie qui refuse de complètement se détacher … L’affection et la tendresse ayant disparu, on glissait tranquillement vers l’exaspération, inexorablement vers la haine… Encore une fois. L’effrayante banalité de la situation renforçait encore l’étouffant sentiment d’ennui, d’écrasement. Pour un peu, on aurait préféré un drame, un vrai, plutôt que ce lent et si commun délitement. On mangeait désormais invariablement en silence, le téléviseur constamment allumé. L’amplitude des horaires de bureau gonflait étrangement, à croire que l’on était revenu sur les 35 heures. Les réunions tardives se multipliaient, on s’attardait partout où on le pouvait, chez le boulanger, chez la concierge, sur le trottoir à contempler les pigeons obèses et dégueulasses titubants sous le poids de leurs émétiques déjections prêtes à jaillir… On prenait même des rendez-vous médicaux absurdes et inutiles, juste pour fuir, pour ne pas être là. Une fois par semaine, l’un ou l’autre décidait de partir mais ne partait pas. Partir demandait trop de volonté, trop d’énergie. Chercher un nouveau logement, partager les biens, changer les habitudes, expliquer à la famille et aux amis… Trop de fatigue, trop d’ennui encore… Se laisser couler en accusant l’autre d’être responsable de la noyade était beaucoup plus confortable, presque apaisant.

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Pour les amateurs de montres...

3 Juin 2016, 10:44am

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Bon anniversaire à oim

31 Mai 2016, 23:15pm

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In Memoriam

27 Mai 2016, 22:25pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Je sais bien qu’ils ne sont musicalement pas les Rolling Stones ni même Noir Désir, mais, lorsque, le week-end dernier, à Rome, à proximité du Colisée, j’entends « A jamais idéaliste », je ressens le même enthousiasme, le même frisson, la même fièvre que lorsque, à 17 ans, j’écoutais les cassettes et les premiers CDs dans mon petit village de province, entourés de fans de Mario Kart et de fumeurs de joints, et que je me disais « Putain, je ne suis pas tout seul… ». Et voir aujourd’hui des camarades d’une nouvelle génération communier dans la même ferveur, la même chaleur, la même excitation est la preuve d’une véritable transmission, d’une vraie communauté, d’une appartenance qui n’est pas que de mots. « In memoriam » est un mot de passe, le code secret d’une confrérie qui n’est pas un snobisme mais une exigence. « In memoriam » rend impossible le cynisme et le dégoût dont je suis pourtant d’ordinaire un client un peu trop facile, un peu trop complaisant. Le monde n’est pas à l’image de mes faiblesses. Et voilà ce qu’est la bonne musique populaire, non pas technicité ou virtuosité, mais rencontre entre des textes, des mélodies et un public. Une alliance de sensibilités. Une aspiration et des rêves partagés.

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Manifestation à Rome - Vidéo officielle

27 Mai 2016, 15:43pm

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Anniversaire

25 Mai 2016, 23:17pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Jamais complètement débarrassés des oripeaux de notre jeunesse, quand vient l’écueil des 40 ans, bien sûr que nous sommes un peu ridicules aux yeux de ceux qui se confondent désormais avec les costumes/cravates qu’ils prennent pour le symbole de la maturité quand il n’est que l’uniforme du reniement, de l’acceptation. D’évidence, ce sont eux qui ont raison, qui ont les meilleures armes, les plus solides PEL, les meilleurs plans de carrière et de vacances all-included. Il ne s’agit pas de les mépriser ou de les honnir, ils ont des mérites et des courages que nous n’avons pas, il faut bien de l’abnégation et de la constance pour vivre pleinement dans la réalité. Nous ne le pourrions pas. Ils nous moquent, nous les plaignons. Ils ne rêvent pas assez, nous rêvons trop. Ils nous voient comme des clowns, nous les savons morts-vivants. Ils nous traitent d’utopistes, d’idéalistes, de romantiques. Ils ont raison. Mais ces mots qu’ils prennent pour des injures, nous les considérons comme des étendards. Inadaptés, asociaux, excentriques pour avoir trop écoutés nos anciens et voulu, au moins un peu, leur ressembler. Nous ne chantons pas à la fin des banquets seulement parce que nous avons trop bu, mais parce que les paroles des hymnes glorieux résonnent en nous comme autant d’ordres et de promesses. Nous trébuchons sur un chemin escarpé, glissant, pentu, couvert de ronces qui peut sembler absurde mais que nous ne pourrions quitter sans déchoir. Nous ne sommes ni pires, ni meilleurs, nous avons bifurqués. Peut-être jouons-nous des rôles mais c’est parce que nous avons encore le goût de jouer. La vie ne peut pas être seulement ce qu’elle prétend être, nous voulons la bousculer, la forcer, la blesser pour qu’elle se révèle, se démasque. Nous avons trop pris les livres, les poèmes, les discours et les slogans au sérieux pour les reléguer sans en mourir dans la malle oubliée des souvenirs perdus.

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