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A moy que chault!

Jusqu’ici, tout va bien…

26 Octobre 2021, 13:58pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Pour son deuxième roman (après l’excellent et très original « Poids-lourd »), Paul Fortune nous emmènent sur les pas de Michael, un « petit blanc » de banlieue qui supporte de plus en plus difficilement son existence étriquée, bornée par le périphérique, le pavillon familiale et l’entrepôt où il confectionne des colis pour une grosse boite de vente en ligne. Beaucoup de béton, peu d’argent, peu de perspectives d’avenir, et le sentiment d’être un citoyen de seconde zone dans son propre pays. Un profil qui n’intéresse pas les médias, ni les sociologues, ni les « associations », ni les cinéastes engagés, ni les filles... Qui n’intéresse personne en fait. « Trop seul, trop pâle. Trop seul pour qu’on te craigne, trop pâle pour qu’on te plaigne » comme le chantait le groupe de rock identitaire français « Vae Victis ».

Si Michael a le sentiment d’étouffer, c’est aussi parce que le spectacle de ce qu’est devenue la France le blesse et l’accable. L’omniprésence des immigrés, l’islamisation du quotidien, la peur qui rôde, les petites humiliations infligées par des racailles arrogantes… Son pays lui fait mal et c’est pourquoi il s’est engagé à « l’extrême-droite », dans un groupuscule nationaliste où il milite avec toute l’énergie du désespoir. Beaucoup de collages, beaucoup de discours, beaucoup de posture, beaucoup de bière et quelques bagarres, mais bien peu de résultats… Même cet engagement lui apparaît bientôt comme une impasse, une sorte de « jeu » sans prise sur le réel, une pantomime qui le renvoie à son impuissance face au délitement de la nation.  C’est dans la boxe – pratiquée dans un club de cité où il est l’un des seuls autochtones – qu’il trouve alors un exutoire et découvre la puissance libératrice et expiatoire de la violence et de la souffrance physique. Après un nouvel échec, celui d’une amourette condamnée d’avance par les différences sociales, Michael commence à penser qu’il n’y aura jamais rien pour lui, ni aujourd’hui, ni demain. La seule issue qu’il envisage alors est de provoquer un déclic, de forcer le destin par un événement extrême suscitant une rupture, un sursaut… Pour qu’enfin il se passe quelque chose… « La peur, la résignation, la rage silencieuse, tout cela éclaterait d’un coup en une immense déflagration qui ferait régner la terreur chez les autres. »

Dans un style efficace et sans fioritures, presque clinique, Paul Fortune nous narre donc, sans hagiographie mais sans jugement moral, la « dérive » de ce jeune français ordinaire abandonné par un pays qui n’a plus le souci de ses propres enfants. Un récit implacable et passablement glaçant qui ne manquera pas de trouver un écho chez nombre de militants confrontés eux-aussi à des moments de désespérance qu’il faut à toutes forces dépasser pour que les choses ne finissent pas aussi mal que dans les pages du roman.

Xavier Eman

« Dérive », de Paul Fortune, 242 pages.

 

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RDV

26 Octobre 2021, 13:56pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

 

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CASSANDRE CONDAMNÉE, LA JUSTICE DÉSHONORÉE

22 Octobre 2021, 15:34pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Le dernier clou sur le cercueil d’une justice honnête, indépendante et légitime vient d’être planté par le tribunal correctionnel de Metz. Celui-ci a en effet condamné Cassandre Fristot, la jeune enseignante qui avait brandi une pancarte marquée d’un « Qui ? » et d’une liste de noms lors d’une manifestation contre le passe sanitaire le 7 août, à six mois de prison avec sursis. Six mois avec sursis pour un bout de carton qui n’avait créé aucun trouble lors de la manifestation et qu’il faut toute la malhonnêteté intellectuelle des Torquemada de la bien-pensance, grands spécialistes de l’analyse des pensées secrètes et même des arrière-pensées, pour qualifier « d’antisémite ».

Comble de l’aberration, les juges sont même allés bien au-delà des réquisitions du parquet qui avait requis trois mois de prison avec sursis et trois ans d’inéligibilité contre la prévenue, qui ne s’était pas déplacée à l’audience le 8 septembre et n’était pas non plus présente mercredi à l’énoncé du jugement. Par cet acharnement, les magistrats messins – les mêmes qui se montrent si laxistes et compréhensifs envers les voyous et dealers des cités – démontrent qu’ils se sont plus que les hargneux matons de la citadelle idéologique « antiracisme-lutte contre l’antisémitisme », concepts fourre-tout et extensibles à l’infini, devenus des armes de destruction massive contre toute contestation et toute dissidence.

« Dénoncer les puissants »

C’est, rappelons-le, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin qui avait le premier sonné l’hallali en promettant que cette pancarte « abjecte » ne resterait pas « impunie » et en déployant, pour retrouver et embastiller la jeune femme, des moyens dignes de l’antiterrorisme. Son comparse du gang gouvernemental, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, avait pour sa part annoncé que l’enseignante serait suspendue, traitement hautement expéditif s’asseyant allègrement sur la présomption d’innocence. Interpellée le 9 août à Hombourg-Haut en Moselle, Cassandre Fristot avait expliqué pour sa part aux policiers qu’elle voulait « dénoncer les puissants, je leur reproche leurs décisions et non leur confession religieuse ». Des propos jugés intolérables et aujourd’hui criminalisés. Les choses sont désormais d’une très grande clarté : il est rigoureusement interdit de s’interroger sur les agissements des responsables politiques quant à leur gestion calamiteuse de la crise du Covid, ni même de simplement les nommer s’ils sont de confession juive. Cette décision ubuesque, nouvelle et énième restriction à la liberté d’expression, crée par ailleurs un inquiétant et dangereux précédent puisque ce ne sont ni des actes ni des faits qui sont condamnés mais des motivations supposées, prétendument mises au jour par de simples interprétations plus ou moins convaincantes. Ce n’est, ni plus ni moins, qu’un retour aux procès en sorcellerie.

Cassandre Fristot, privée de ressources et jeté en pâture à la vindicte générale, va bien évidemment faire appel de ce jugement inique. En espérant que les juges du second degré aient une laisse un peu moins courte que celle de leurs collègues du tribunal correctionnel. •

Xavier Eman in Journal Présent 

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Et le désert avançait, peuplé d'une multitude d'errants…

14 Octobre 2021, 17:11pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

François cherchait avidement du regard un quelconque vestige auquel se raccrocher pour enfin ressentir cette joyeuse nostalgie qu'il était venu chercher en retournant, tant d'années après, sur la place du village qui l'avait vu naître.

Mais il ne trouvait rien. Pas même l'ombre du grand châtaignier qui maternait paisiblement ses jeux de marelle ni la vieille fontaine dont le cliquetis l'excédait lorsqu'il se concentrait pour remporter une partie de billes « à la tic ». Rien. Tout avait changé. Ou plus exactement, tout avait dépéri. La rue principale était déserte, aucun cri d'enfants ni vocifération de joueurs de pétanque ne venait troubler l'infâme grésillement télévisuel qui s'échappait des quelques fenêtres entrouvertes.

Les trois quarts des maisons du centre-ville étaient hermétiquement closes, mortes 10 mois par an depuis qu'elles n'étaient plus que les résidences secondaires de riches hollandais.

Tout le monde au village était attaché à son terroir, à ses traditions, à ses origines, mais on avait quand même préféré céder les maisons aux bataves pleins de pognon plutôt qu'aux enfants du pays pas très solvables ou aux quelques jeunes couples citadins qui rêvaient de « retour à la terre ». Il y a des priorités et on avait fait de bonnes affaires. L'atavisme paysan n'a pas que des bons côtés.

L'église avait fermé, comme partout, et finissait de se délabrer dans de grands soupirs qui faisaient régulièrement dégringoler quelques pierres de ses saintes et anachroniques statues.

Les impôts locaux payés par les nouveaux résidents avaient permis de ravaler la façade de la mairie qui exhibait maintenant l'indécente blancheur de son rayonnement républicain qui la faisait ressembler à un Pierrot hilare égaré au milieu d'un cimetière.

Les commerces avaient disparu, le boulanger s'était pendu, son fils passait un concours de catégorie B de la fonction publique.

Tout allait pour le mieux.

 

ZTP - Septembre 2009

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RDV

5 Octobre 2021, 15:52pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

 

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