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A moy que chault!

Se perdre

30 Novembre 2014, 00:53am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

De taciturne, François était passé à franchement sombre, de nerveux à constamment agacé, de susceptible à violemment irritable et de peu amène à totalement asocial. La faute à des nuits trop courtes hantées par une faute non commise mais déjà culpabilisante. L'image de cette femme que la raison et le bon sens ne parvenaient pas à chasser de son esprit fatigué et honteux. Comment ce désir coupable, impossible et imbécile, avait-il pu naître et aussi tyranniquement grandir ? De bonne foi ,il avait cherché à le repousser, à l'éradiquer, à se moquer lui-même de son propre ridicule... Jamais il n'aurait envisagé une telle aberration. Mais tout ce que sa volonté écartait avec dédain et même courroux revenait à l'assaut dès qu'il fermait les yeux. Elle était là. Sa peau ambrée, ses lèvres ourlées, ses longues mains et la rieuse tristesse de son regard envahissaient son esprit et martyrisaient ses sens.

Il ne pouvait désormais plus s'endormir sans imaginer son corps nu frémissant sous d'indécentes caresses. Il ressentait l'envie violente de la posséder, de l'embrasser, de lécher sa peau, sans autre perspective, sans autre projet, sans autre ambition que de mêler son corps au sien. Une flamme brûlante et absurde qui creusait chaque jour un peu plus l'abîme de son malheur puisqu'elle s'était portée, malgré ses efforts pour la diriger vers d'autres cibles, sur un objet inatteignable et interdit. Etait-ce là une forme de masochisme, une appétence morbide pour l'échec ? Egaré, il ne se comprenait plus, se détestait davantage, et en venait à se demander s'il était amoureux ou s'il devait simplement entamer une cure de bromure.

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Un prélude à l'enfer

30 Novembre 2014, 00:37am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Passant aux abords de la Porte de Clignancourt et de son « marché aux puces » à mi chemin entre Bamako et Blade Runner, j'aimerai beaucoup que l'une de ces salopes de bobos bien pensants m'explique en quoi cet étalage de misère crépusculaire est un « enrichissement mutuel », une « chance » et une « opportunité » pour qui que ce soit. Des nègres à quatre pattes vendant des demies paires de chaussures, des bouts de ferraille et des souvenirs de lampes repêchés dans les poubelles des bourgeois, tentant d'extorquer deux ou trois sous à d'autres puent-la-sueur entassant leurs précieuses acquisitions dans des sacs Tati... c'est quoi exactement l'idée, le concept, le projet ? La prolifération d'un lumpen prolétariat déraciné pourrissant le quotidien et l'environnement d'une population autochtone en voie de précarisation ? La création des conditions d'un chaos civil et d'une guerre entre pauvres assurant la prorogation du règne des nantis accapareurs qui chantent les louanges de ce crime contre les identités et les peuples ?

Mais non, encore une fois, c'est moi qui n'ai rien compris. Si les immigrés et les clandos sont contraints de vivre comme des crevards, armée d'ombres aussi pathétiques qu'inquiétantes, c'est à cause du racisme et de la xénophobie de la société française, sans cela ils seraient tous ingénieurs en astrophysique, professeurs de lettres ou banquiers vivant dans de confortable lofts du 17e arrondissement.

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Ump hardcore

30 Novembre 2014, 00:29am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

  • « Tiens, tiens, prends ça, dis-le que t'es une salope de socialiste... »

  • « Oh oui, Enguerrand, je suis une petite pute collectiviste... »

  • « T'as voté Hollande hein cochonne ? T'aimes ça l'avoir dans le cul ! »

  • « Oh oui, oui, baise-moi comme une syndicaliste CGT ! »

  • « Tu la sens la Réaction, tu la sens la France éternelle ? »

  • « Ouiiiiiiiiii, bourre-moi les 35 heures ! »

  • « Je vais te rougir tes fesses de communiste ! »

  • « Vas-y, fais ton Pierre Gattaz, mets-la moi profond ! »

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Vanité

28 Novembre 2014, 22:58pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Nous avions conservé nos pleurs tels des trésors

Pensant un jour ou l'autre pouvoir les monnayer.

Nos larmes égoïstes comme autant de pièces d'or

Retenues dans le coffre de nos âmes torturées.

.

Riches de fausses souffrances et bouffis de regrets

Méprisant la misère des gens semblant heureux

Derrière nos pâles grimaces de gargouilles trop fardées

La glaçante sécheresse des cœurs présomptueux.

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Comme un goût amer dans la bouche

28 Novembre 2014, 22:24pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Il y a peu de choses plus désagréables que le fait qu'un ami puisse avoir de l'estime ou de l'empathie pour quelqu'un que soi-même on méprise ou l'on déteste.

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Tartufferies

27 Novembre 2014, 01:31am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Les vices des gens, s'ils ne sont pas absolument odieux ou criminels, m'indiffèrent totalement. Mais je ne supporte pas qu'on me les vende pour autre chose que ce qu'ils sont. J'abhorre l'hypocrisie consistant à les intellectualiser, les enrober d'un discours savant, prétentiard et auto-justificateur, à vouloir les nimber de circonvolutions psychologiques et de déclamation artistiques.

Si j'aime les filles vulgaires et les plans à trois je n'en fais pas un sujet de thèse de philo ou de mémoire de sociologie ni un thème de roman.

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S'éloigner

26 Novembre 2014, 00:55am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Lorsque l'on aime une femme qu'il est interdit d'aimer, aime-t-on véritablement cette femme ou simplement l'impossibilité de l'atteindre, cette tension condamnée à être insatisfaite qui lui donne un goût de drame et de tragique ? Aimer une femme que l'on aura pas, que l'on ne peut avoir, n'est-ce pas une facilité et une fuite ? Un moyen supplémentaire de tricher avec le réel ? Il faut s'écarter du désir défendu, qui n'est peut-être désir que parce qu'il est défendu. Une flamme qui s'éteindrait dès lors que l'on s'y serait brûlé les doigts.

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Vestiges

26 Novembre 2014, 00:28am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

François aimait les vieilles pierres par un banal phénomène de compensation psychologique. Dans un monde mouvant, liquide, glissant comme une savonnette, où plus rien n'est sûr ni solide, la lourde stature et l'impeccable sérénité de ces demeures ancestrales le rassuraient et l'apaisaient un peu. Les valeurs et les principes du monde d'avant avaient trépassé mais les écrins qui les avaient accueillis survivaient encore. Entre ces murs, on pouvait toujours en respirer le parfum, en imaginer l'incarnation. Même délabrées, ces maisons demeuraient dignes. Les fissures des murs étaient autant de rides de sagesse et les fuites de la toiture laissaient couler les larmes d'un Dieu désormais absent. Ici, c'était l'idée de durée, de fondation et de transmission qu'avaient bâti ouvriers, artisans et architectes. Un toit, un abri, un repère, un point de départ et de retour, une assise... Un défi au temps. Que laisseraient ces générations aux appartements étriqués et meublés chez Ikea ? Rien. Leurs logements étaient à l'image de leurs amours, de leurs centres d'intérêts, de leurs amitiés et de leurs engagements: éphémères, jetables, remplaçables et interchangeables. Du toc, de la pacotille.

François humait l'odeur enivrante de la poussière et du bois usé. Par un carreau fêlé, il contemplait le jardin envahi de mauvaises herbes et de ronces où il avait jadis remporté de mémorables victoires contre les indiens Commanche et les troupes de l'Axe. Peut-être d'autres enfants joueront-ils là un jour, si les enfants jouent encore. Mais ce ne seront pas les siens. Des petits anglais peut-être, puisque les anglais rachetaient une à une toutes les propriétés de la région.

Jamais la solitude et l'inanité d'une vie ratée ne lui avaient tant serré la gorge qu'en cet instant où il accrochait un panneau « A vendre » sur le rebord d'une des fenêtres de l'antique maison familiale. S'il avait eu des couilles, il aurait tout cramé. Mais il avait besoin des quelques sous que lui rapporterait ce parricide pour payer ses factures, ses impôts et ses coups à boire. Pour prolonger son égoïsme, ses prétentions, ses rancoeurs. Pour feindre encore un peu.

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Viendez

25 Novembre 2014, 12:57pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Viendez

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Spirito di Roma

25 Novembre 2014, 10:43am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

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