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A moy que chault!

La terre

25 Mars 2022, 15:29pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

La campagne me manque sans doute d’autant plus que je ne l’ai jamais vraiment connue, je ne l’ai qu’abordée, effleurée, caressée du bout des doigts lors de vacances, de séjours estivaux, de parenthèses trop courtes pour dépasser la superficialité des rencontres furtives, même si je n’ai jamais abordé aucune terre de France comme un « touriste », mais toujours comme un hôte précautionneux, aussi curieux que respectueux d’un environnement particulier, singulier, mais qui ne m’a jamais semblé étranger.

Alors même que, riche d’une jeunesse aujourd’hui consumée, j’épuisais avec délectation les mille et une saveurs et tous les éphémères plaisirs de la grande métropole – qui n’avait pas encore totalement basculée dans le cauchemar contemporain -, je ressentais une attirance, aussi craintive que vorace, pour les villages et les clochers, les vieilles maisons de pierres isolées au coeur de jardins immenses, les calvaires solidement plantés au bout d’un chemin rocailleux, imperturbables mâts de signalisation indiquant la direction du ciel, les champs, les fermes, les arbres morts plantés au beau milieu des pâturages comme autant d’épouvantails naturels, aussi inquiétants que protecteurs…

Complexe de citadin, romantisme rural de lecteur de Vincenot... peut-être... sans doute… Mais également, plus certainement encore, au-delà de tout cela, l’appel sourd et lointain de la race, de cette lignée de paysans, de charretiers et d’artisans, rompue il y a moins d’un siècle.

La terre me manque comme une étreinte charnelle trop longtemps repoussée, une passion physique mue en relation épistolaire avant même d’avoir été consommée.

 

 

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Kiev ne veut pas être « neutre »

18 Mars 2022, 12:00pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Mauvaise nouvelle pour la paix, le gouvernement de Kiev, sur lequel pourtant l’étau russe semble se resserrer inexorablement, a rejeté la proposition du Kremlin d’une « neutralité » sur le modèle suédois ou autrichien, pays non membres de l’Otan et ne pouvant envoyer des troupes sur un terrain de guerre que dans le cadre de missions de l’ONU.

« L’Ukraine est maintenant en état de guerre directe avec la Russie. Par conséquent, le modèle ne peut être qu’ukrainien », a déclaré l’un des négociateurs ukrainiens, Mykhaïlo Podoliak, dans des commentaires publiés par la présidence. Il a également précisé vouloir des « garanties de sécurité absolues » face à la Russie, dont les signataires s’engageraient à intervenir du côté de l’Ukraine en cas d’agression.

Ce refus ukrainien est une douche froide pour les partisans d’une issue diplomatique rapide au conflit alors que les déclarations du président Zelensky semblant renoncer à l’intégration dans l’Otan pouvaient laisser espérer une possibilité d’accord entre les deux belligérants. En effet, le chef de l’Etat ukrainien avait semblé faire un pas important en direction des Russes en estimant qu’il fallait « reconnaître que son pays ne rejoindrait jamais l’Alliance atlantique ». Une déclaration très importante sachant que Moscou considère l’Otan comme une menace directe pour sa sécurité et sa souveraineté. Hélas, tout semble désormais à refaire pour les négociateurs des deux parties. Le président ukrainien aurait-il reçu des assurances de soutien voire des encouragements à la « fermeté » de la part de ses alliés, ce qui expliquerait ce qui semble être un revirement ?

Devant  le Congrès américain

On peut légitiment se poser la question alors que Volodymyr Zelensky a été ovationné debout par le Congrès américain devant lequel il s’exprimait en visioconférence, exhortant son homologue américain Joe Biden à être le « leader de la paix » et réclamant une nouvelle fois l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne au-dessus de l’Ukraine alors même que le Kremlin a plusieurs fois affirmé qu’elle considérerait l’application d’une telle mesure par des pays étrangers comme un « acte de guerre ».

La tension et l’inquiétude sont donc à nouveau à leur comble et les bombardements se poursuivent sur les principales villes ukrainiennes, même si, fort heureusement, les négociations ne sont pas pour autant rompues.

Sur le front de la propagande et de l’hystérie médiatique antirusse tous azimuts, l’intensité ne diminue pas non plus. On apprenait ainsi notamment que, « s’il n’avait pas d’enfants », l’acteur et réalisateur Matthieu Kassovitz serait « en train de se battre pour défendre Kiev », et qu’il appréciait au plus haut point le « nationalisme dans le bon sens du terme » (sic) de ses amis ukrainiens. Heureusement pour le réalisateur du pensum anti-flics et antifrançais La Haine, le ridicule ne tue pas, mais le bellicisme imbécile des planqués de l’arrière peut, lui en revanche, avoir des conséquences tragiques et dramatiques. •

Xavier Eman in Journal Présent

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Souvenirs

12 Mars 2022, 18:26pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Enfant et jeune adolescent, j'allais souvent en vacances dans le sud de la France, au « petit mas », chez des amis de mes grands-parents qui étaient - je l'ignorais alors – des « rapatriés d'Algérie ». Pour moi, ce furent des séjours idylliques, entre soleil et citronnades, passés avec des « plus grands », que je considérais comme des cousins qu'ils n'étaient pas mais qui essayaient – généralement avec le même insuccès – de m'initier au bricolage, à l'équitation, à la boxe ou à l'audacieuse navigation sur la roubine qui bornait la propriété. Il y avait aussi Cécile, la « cousine » aux robes à fleurs incroyablement courtes, qui me demandait de lui expliquer les films en VO que nous allions voir au cinéma du coin parce que « les sous-titres passent trop vite ». Elle riait beaucoup, Cécile, sans que l'on comprenne toujours pourquoi, mais c'était bien agréable.

L'un des garages du « petit mas » était rempli de matériel de collage pour le FN et j'avais le droit, avant de repartir, de récupérer quelques affiches qui rejoignaient bientôt celles de Michael Jordan et de Bob Marley dans ma chambre tourangelle, plongeant dans une grande confusion les camarades venant y jouer à « Tennis » sur CPC 6128.

Bien plus tard, je suis retourné au « petit mas » et j'ai voulu, un soir, parler au patriarche de cette « Algérie » dont le nom avait virevolté sur tant de repas et de soirées. Posant sa main sur la mienne, il m'avait alors dit « Gamin, c'est quelque chose que tu ne peux pas comprendre. Et c'est tant mieux. C'est le passé, c'est fini. ». Puis j'avais vu ses yeux se charger de larmes. Je n'avais jamais vu un homme de près de 80 ans pleurer. J'en ai ressenti sur le moment une telle douleur que c'est un sujet que moi-même, qui lui suis pourtant étranger, je ne peux aborder avec indifférence, désinvolture ou cynisme.

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