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A moy que chault!

Neri a Milano

3 Novembre 2014, 00:43am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

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La faillite du double discours

3 Novembre 2014, 00:14am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Tant que les fascistes rougiront de ce nom, tant que les racialistes ne s'assumeront pas, tant que les nationaux-socialistes se déclareront démocrates-chrétiens, les caméras cachées auront de grands jours devant elles... La seule manière de lutter contre les manipulations et les pièges des journalistes, c'est d'être avant tout ce que l'on est, de l'affirmer, de l'assumer, d'en être fier, de ne pas porter de masques, de ne pas prétendre à des stratégies cousues de fil blanc, de ne pas se croire trop malins, trop roués, de ne pas tricher... Mettre les cartes sur table, on est d'accord ou pas, on peut trouver cela insupportable et atroce, mais on ne peut pas vous accuser d'être aussi menteur, tricheur, et falsificateur qu'un banal élu de l'UMP. Soit ce que tu défends est noble et digne et tu le revendiques et l'assumes, soit c'est laid, sordide et petit et cela doit être camouflé sous des discours médiatiques et publicitaires mensongers, et, dans ce cas, peut-être faut-il s'interroger sur le sens et la nature de ton combat. Si ton message a besoin d'être travesti, amputé, euphémisé, customisé pour être propagé c'est qu'il ne mérite pas d'être entendu.

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Notre Dame

1 Novembre 2014, 23:08pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Il fait beau à Paris. Les touristes rayonnent de satisfaction et même les garçons de café, pensant à la recette du soir, desserrent quelque peu les dents pour offrir exceptionnellement au monde bouleversé d'étonnement quelque chose qui ressemble à un sourire. Les jupes sont courtes, les robes légères, les démarches sautillantes ou nonchalantes, des talons claquent sur le trottoir, des rires explosent, c'est un temps à être heureux et son parfum s'introduit même dans les interstices des cœurs les plus fermés, les plus vaincus. On passe les ponts de la Seine sans avoir envie de s'en jeter, on remercie le ciel de pouvoir contempler sa clarté idyllique, on s'assoit sur un banc et on fixe intensément un point à l'horizon comme pour tenter d'immortaliser l'instant. On n'a plus envie de se battre, de hurler, de boire,d'expliquer, dé dénoncer, de débattre...on voudrait juste se fondre dans le paysage, devenir un pavé ou un lampadaire pour être définitivement un élément de ce décor unique et grandiose. On referme alors ses doigts contre sa paume, espérant y enserrer une main amie, mais même cette absence devient secondaire. On est seul mais on vit. Et c'est déjà beaucoup. Il fait beau à Paris.

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Toujours pareil

1 Novembre 2014, 21:35pm

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Marrant de voir les mêmes qui se scandalisaient de deux coups de gazeuses et trois matraquages à la Manif pour tous se mobiliser aujourd'hui derrière nos courageux gendarmes mobiles agressés par des vilains gauchistes krypto-terroristes. Pour le droit de la police à tirer à vue sur les manifestants de Sivens, signez la pétition: indécrottablesdroitardsàalacon.com

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Neri

1 Novembre 2014, 11:04am

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« Ils étaient fous et ils le savaient. La colère accumulée sous l'effet des tromperies, des morts et du dégoût face à la société dégueulasse qui les entourait, cette colère trempait leurs âmes. Dépositaires d'une foi absolue, ils étaient prêts à tout pour l'honorer, à une époque où personne ne renonçait à rien. Tout homme désirait un emploi, un salaire, une molle vie de famille. Eux affrontaient la mesquinerie de l'existence à visage découvert. Sachant qu'ils perdraient tout et indifférents à cette perte. »

Alberto Garlini, « Les noirs et les rouges », Gallimard.

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L'aventure

1 Novembre 2014, 00:00am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

  • « Qui peut bien sonner à cette heure ? »

  • « Je ne sais pas... En même temps, il n'est que 20h30... »

  • « Oui mais personne ne sonne jamais chez nous.... »

  • « C'est pas faux. D'ailleurs, il faudrait peut-être s'interroger.. »

  • « Oui, oui... mais tout ça ne nous dit qui cela peut bien être... »

  • « Ha mais si, ça doit être des gosses pour Halloween... »

  • « La Samaïn tu veux dire... »

  • « Oh, c'est bon, me fais pas chier avec tes conneries... Des mioches qui viennent racketter des bonbons quoi... »

  • « Mais si c'était des clowns agressifs profitant de cette soirée masquée pour commettre leurs forfaits ? »

  • « Ben je vais allez ouvrir pour voir... S'ils font moins d'un mètre trente, c'est plutôt bon signe... »

  • « A moins que ce soient des clowns nains agressifs... »

  • « Certes... »

  • « Sois prudent en tout cas... »

  • « Je vais essayer. »

  • « Tu sais, je crois que je ne supporterais pas de te perdre... »

  • « Ha bon ? Pourtant hier tu voulais me quitter... »

  • « Ca n'a rien à voir... »

  • « Ha ok. Donc j'y vais... »

  • « Non, attends ! De toute façon, on n'a rien à leur donner aux gamins, donc autant ne pas répondre... »

  • « Oui mais si c'était quelqu'un d'autre ? »

  • « Comme qui ? »

  • « Je sais pas, un copain... »

  • « Mais non. Rappelles-toi que j'ai bien signifié à tous tes amis que cela ne se faisait vraiment pas de débarquer à l'improviste chez les gens... »

  • « Ha oui c'est vrai, je ne me souvenais plus. »

  • « En plus les quiches vont bientôt être décongelées »

  • « Dans ce cas... »

  • « Ben oui quand même... Si on ne peut plus être tranquilles chez soi. »

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Sans honneur et sans coeur

29 Octobre 2014, 18:40pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Quand on observe l'abyssale différence de traitement politico-médiatique concernant la mort de Julien Quemener, abattu à bout portant par un flic ripoux en marge d'un match de football, et celle de Rémi Fraisse, possiblement décédé des suites d'un tir de grenade au cours d'une confrontation où pleuvait les cocktails molotov, on ne peut qu'être profondément écoeuré. Non pas que les morts des uns vengent les martyrs des autres, non pas qu'on ne puisse compatir au sort de ce militant luttant pour une cause pas plus absurde ni illégitime que beaucoup d'autres ou qu'il faille faire une hiérarchie entre les victimes de la répression policière. Non, ce qui mène l'estomac aux lèvres, c'est l'humanisme à géométrie variable des bonnes consciences qui cornaquent notre temps, leur compassion téléguidée idéologiquement, leur sensiblerie de circonstances et leur sentimentalité sur commande. Ces gens – journalistes, politiques, commentateurs – sont faux jusque dans les émotions qu'ils prétendent ressentir. Leur hypocrisie manipulatrice ne s'arrête même pas au bord des tombeaux, elle se vautre dedans. Bien sûr, on le savait, mais on a aussi le droit de ne pas être blasé face à tant de bassesse et de vilenie. Chaque nouvelle démonstration et une nouvelle nausée. La mort d'un jeune idéaliste, ils s'en contrefoutent bien évidemment, complètement, totalement, absolument... Ils en tueront demains des dizaines ou des milliers quand il s'agira de défendre leurs prébendes et leurs sinécures. Ils veulent simplement jouer sur la corde sensible du gémissement collectif et de la larme partagée en gros plan au 20 heures.

Cela permet aux journaliste de Libé de retrouver les accents anti-flics de leur folle jeunesse, qu'ils avaient égarés depuis bien longtemps quelque part au fond des dessous sales de la famille Rothschild qu'ils sont dorénavant chargés de faire reluire à coups de langue. Cela permet à la « gauche radicale», désormais totalement ralliée au mondialisme libéral-libertaire et aux fumisteries « sociétales », de rejouer la carte du « fascisme d'état » afin de prétendre être toujours révolutionnaire. Cela permet aux droitards de beugler contre la « racaille gauchiste » et dénoncer le laxisme des « socialos ». Bref, cela permet de prolonger un peu la comédie. Le grand cirque. Chacun dans son rôle. Et tout le monde est content. A part, bien sûr, ceux qui pleurent un fils, un frère, un ami ou un camarade. Le comble de la tragi-comédie serait cependant atteint si l'on apprenait finalement que la victime était en réalité membre d'un groupuscule fascistoïde ultra-nationaliste. On se ferait alors expliquer – par les mêmes qui pleurnichent et se scandalisent aujourd'hui - que la défunt n'a eu finalement que ce qu'il méritait, qu'on ne joue pas impunément avec le feu et qu'il est bien normal que la démocratie se défende contre les menées factieuses d'individus dangereux, afin d'assurer l'ordre et la tranquillité des bons citoyens.

Il y a cependant fort peu de chances que cela arrive. Car l'extrême droite n'est pas au barrage de Sivens, elle est occupée à régler le conflit russo-ukrainien dans l'arrière salle des bistrots.

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N'y a t-il que dans les crématoriums qu'on trouve encore de la chaleur humaine?

29 Octobre 2014, 12:49pm

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Objectif

28 Octobre 2014, 00:07am

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L'avantage de vivre dans un temps abjecte, où il n'y rien à sauver, où tout est détruit, putride et avili, c'est qu'il n'existe plus aucun objet ni aucune cause qui justifie de mourir pour eux mais qu'il naît au contraire un impérieux besoin d'exister afin de tenter de créer et de bâtir deux ou trois jolies choses pour lesquelles les générations de demain pourront se faire tuer.

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Le lundi n'est pas un jour pour sortir

27 Octobre 2014, 23:40pm

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François restait attablé au guéridon d'où s'était enfuie la demoiselle visiblement peu convaincue par ce premier rendez-vous. La bouteille était encore à demi pleine et il n'aimait pas gâcher. Il repensait à la mèche un peu grasse tombant sur l'oeil, à la figure légèrement boulote, au regard sans lumière, à la pauvreté de ses ambitions qui s'avéraient pourtant déjà inatteignables. Sur trottoir voisin, un con passait en trottinette, suivi d'un autre con sans trottinette.

A sa gauche, une tablée emplissait toute la terrasse de ses piaillements et de ses irruptions de petits rires stridents. Au milieu de cette bruyante assemblée trônait une brune incandescente dont la vulgarité rayonnante renforçait le charme facile et péremptoire. Visiblement à court de tabac à crapoter nonchalamment, la jeune fille se retourna à moitié vers François, le regardant à peine car encore passablement absorbée par sa conversation sur les mérites comparées des deux dernières version de l'Iphone, et demanda d'une voix visiblement peu habituée à n'être pas obéie :

- « T'aurais pas une cigarette ? »

  • « Si je t'en donne une, tu me suces ? » répondit-il sur le même ton mi-las mi-enjoué.

Les exclamations outragées et injurieuses qui suivirent démontrèrent de façon éclatante que le concept du « don/contre-don » n'était pas encore intégré par les masses.

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