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A moy que chault!

Walking dead

14 Novembre 2014, 00:26am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

J'avoue avoir de plus en plus de mal avec la propagande en faveur de la dite « famille traditionnelle européenne » qui se répand, notamment sur les réseaux sociaux, à grand coups d'images de parents et d'enfants (nombreux) aussi blonds qu'hilares marchant dans des champs de fleurs ou joyeusement réunis autour d'un grand feu irradiant leurs visages satisfaits et confiants. Des cohortes de pub Herta faisant face à l'ignominie des dégénérés en tenue de cuir défilant à la Gay Pride un plumet dans le fondement. Depuis que je suis en âge de raison, où à peu près, c'est pourtant une toute autre vision de la « famille traditionnelle » qui s'est imposée à mes yeux. Je ne crois pas à la validité des images d'Epinal, ni à l'intérêt d'opposer un mensonge à une forfaiture. Il faut combattre le mariage homosexuel parce qu'il est la voie d'accès à l'adoption, à la PMA, la GPA, à la marchandisation du corps et de l'humain, à la financiarisation de la maternité, au triomphe du désir individuel sur l'intérêt général, à la négation des filiations naturelles. Mais la défense de la « famille traditionnelle », arrêtons les fantasmes et mauvaises plaisanteries ! On ne défend pas un cadavre, on ne fait pas d'un souvenir un fondement, ni d'une exception une alternative.

Déjà dans mes classes de primaire, qui remontent désormais presque à Mathusalem, la moitié de mes camarades étaient enfants de divorcés. Et je me souviens aussi, plus tard, de ces copines qui avaient des sœurs qui auraient pu être leurs filles parce que papa avait décidé de « refaire sa vie » avec sa secrétaire . Mères de 5 enfants abandonnées, violences conjugales, ennui, médicamentation et psys à tous les étages, hypocrisie sociale, adultère, 1 mariage sur 3 qui ne dépasse pas les 5 ans, 45% de taux de divorce, grands donneurs de leçon de morale incapables de tenir leur bite ... la voilà la « famille hétéro traditionnelle »... Sans compter que 40% des inscrits sur Meetic sont déjà en couple ou mariés, que les sites comme Gleeden se multiplient et prospèrent, que les pères de famille se branlent en webcam sur chatroulette. Je connais même des amis qui dormaient sur le canapé du salon pendant que leur femme se faisait sauter par leur nouvel amant dans la chambre après avoir couché leur fils dans la pièce d'à côté. Soyons réalistes, cessons de nous leurrer, ne tombons pas dans cette vision « bisounours » que nous reprochons tant à nos adversaires sur d'autres sujets. La « famille traditionnelle » est morte et enterrée, ne survivant que dans des ghettos souvent très artificiels, et elle n'a pas attendu les revendications LGBT pour cela. Individualisme, égoïsme, hédonisme, relativisme et psychologisme en sont venus à bout bien avant le premier amendement sur le Pacs.

Il n'y a plus rien à sauver ou à conserver, il faut reconstruire et réinventer.

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Tout perdre et continuer

13 Novembre 2014, 22:59pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Nos vies sont belles des fleurs que nous déposons sur les tombes de nos espérances. Chaque année un nouveau défunt vient agrandir le cimetière et nous nous recueillons sur cette dépouille comme si elle devait être la dernière. Nous l'entourons de tous nos soins, nous l'honorons, jurant que son sacrifice n'a pas été vain, que l'hécatombe est bientôt finie. Nous contemplons la longue étendue des dalles de marbre sombre avec un mélange de mélancolie et de fierté. A défaut d'avenir, nous avons de beaux morts.

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Mythe

13 Novembre 2014, 02:29am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Cela ne sert vraiment à rien d'aller à l'hôpital, les infirmières portent des culottes.

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Une femme

11 Novembre 2014, 16:16pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Elle ne riait pas souvent mais c'était alors un de ces instants improbables et précieux où tout ce qui est laid et bas semble congédié, annulé, vaincu, comme si toute l'étouffante grisaille se déchirait une poignée de secondes pour laisser percevoir les mille lumières qu'on ne discerne généralement qu'aux tréfonds des songes ou au hasard des pages des livres. Le reste du temps, elle arborait une esquisse de sourire à la fois triste et compatissant, la moue tout autant navrée que bienveillante de ceux qui ont déjà trop vécu pour être dupes mais qui n'ont pas pour autant totalement renoncé à croire. Elle était belle et abîmée. Pas encore trente ans mais des stigmates de fatigue et de désillusion qui donnaient de la gravité à sa jeunesse finissante. Elle était de ces gens qu'on ne peut se lasser de contempler, à qui l'on veut à peine parler, de crainte de rompre le charme, de dissiper le mystère que l'on s'est soit même inventé.

Regard aussi profondément noir que la chevelure sagement tirée en arrière, fossettes au creux des joues, lèvres purpurines et ourlées qui sont à elles seules une atteinte à la pudeur... Un physique de tableau, de photographie que l'on voudrait glisser dans son portefeuille. Ne pas la connaître, ne pas la posséder, pour ne pas la gâcher. S'inventer une histoire plus belle que celle que l'on pourrait connaître. Se fabriquer des souvenirs avant de les avoir vécus. Elle était là, sa main manucurée posée sur la table, frôlant la vôtre, mais il fallait la fuir pour pouvoir l'aimer.

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Justice pour Gabriele

11 Novembre 2014, 15:41pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

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Un socle

10 Novembre 2014, 01:32am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Lorsque l'on affirme que lutter contre la colonisation culturelle américaine et l'impérialisme mental du consuméro-matérialisme devrait être la priorité absolue du combat identitaire, on nous rétorque souvent que l'on se trompe de hiérarchie dans les problématiques, qu'il y a une urgence et une seule : l'opposition à la submersion migratoire et à son corollaire - sinon le plus visible du moins le plus mis en avant - l'islam. Bien sûr, il serait absurde et même criminel de minimiser cette menace, ce danger immédiat, ressenti de façon concrète et « épidermique », si l'on peut dire, au quotidien par nos compatriotes. Mais la conscience de la prégnance et de la pesanteur de ce fléau, sa mise en exergue et sa dénonciation permanente, ne nous disent rien – ou pas grand chose - sur la façon de le combattre efficacementet, surtout, de démonter les arcanes du système qui ont rendu et rendent possible son déploiement. Avant l'affrontement, définir l'ennemi, c'est très bien (comme vous le diront tous les gens qui n'ont pas plus Carl Schmitt mais aiment néanmoins le citer), mais définir ce que l'on est et ce que l'on veut défendre, c'est important aussi. Primordial même. Sans cela, la défaite est quasiment certaine. Car personne ne meurt pour sauver un monde qu'il n'aime pas, qu'il n'aime plus, qui lui est devenu odieux, qui le rend malade, l'abaisse, l'agresse, l'avilit... On ne mène pas une croisade avec une armée de toxicomanes, bourrés de cocaïne, devalium et d'anxiolitiques, on ne monte pas à l'assaut avec des escouades de teufeurs décérébrés et de dépressifs suivis hebdomadairement par des psys, on ne renverse pas l'histoire avec des hommes qui ignorent ce que faisaient leurs grands-parents, qui en savent plus sur Nabila que sur Napoléon et s'infusent 4 heures de télévision par jour, on ne force pas le destin avec des commandos de dandys éthérés qui rejouent une éternelle pièce de théâtre en costumes de plus en plus élimés.. Les européens, à la fois obèses et exsangues, sont fatigués d'eux-mêmes et ne voient leur disparition annoncée que comme un prolongement presque logique de leur longue léthargie.

Ainsi on se lamente des conversions à l'Islam. Mais comment y faire face ? En les interdisant ? En retirant la citoyenneté à ceux qui l'accomplissent, les transformant en apatrides puisque ce sont des « français de souche » sans patrie de rechange ? On voit bien la limite de ces procédés répressifs... car tant que l'on n'aura pas comblé le vide spirituel, philosophique et humain d'une société hédonisto-consumériste sans élévation ni projets collectifs, ces phénomènes perdureront et prendront même de l'ampleur, dans les directions les plus radicales mais aussi les plus grotesques (les fumisteries orientalo-new age sont tout autant des reniement de l'Europe.).

Il faut réarmer les cœurs et les âmes, et ce non pas seulement en réapprenant la grandeur et la beauté de notre héritage et de notre patrimoine, mais en réinventant, hic et nunc, une nouvelle existence collective, des nouveaux liens sociaux et humains, une façon de vivre, à la fois neuve et ancestrale, qui rompe avec l'atomisation individualiste contemporaine et redonne du sens et de la chair à la notion de communauté et d'intérêt général. Un modèle pour lequel on a envie de se battre, qu'on ne laissera personne remettre en cause, qui transcende et qui sublime. Nos valeurs – l'honneur, la fidélité, la générosité, la foi...- ne doivent pas être des slogans ou des souvenirs historiques, mais des comportements concrets, observables, des exemples, une réalité perceptible et permanente créant des liens que peu de choses pourront rompre. Elles doivent s'incarner avant de s'opposer.

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Un roman immense et rouge

9 Novembre 2014, 01:47am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Dans son dernier roman traduit en Français, Alberto Garlini nous entraîne dans les tumultes et les chaos des « années de plomb » qui déchirèrent l'Italie dans les années 70. Si cette période trouble et sanglante a déjà suscité beaucoup de littérature de l'autre côté des alpes, l'originalité de Garlini est de choisir d'adopter le point de vue des habituels « méchants », ces jeunes fascistes exaltés et violents qui rêvaient de révolution nationale et basculèrent dans la lutte armée.

En narrant la destinée tragique du jeune Stefano, qui à la suite d'un meurtre involontaire au cours d'une bagarre estudiantine s'enfonce dans la violence terroriste, l'auteur échappe au manichéisme et au simplisme qui prévaut généralement lorsqu'est évoquée cette période de l'histoire italienne. Alberto Garlini narre avec finesse et brio les passions qui animaient les jeunes gens de cette époque, leurs aspirations, leurs rêves, leur courage mais aussi leurs failles, leurs fêlures, leurs affres psychologiques et l'enchevêtrement complexe de pensées et d'événements qui a mené certains d'entre eux de l'idéalisme politique aux assassinats et aux attentats. Mettant en exergue les envolées lumineuses mais aussi les parts d'ombre de cette jeunesse engagée, sans jamais la juger, Garlini offre une fresque puissante, subtile et ambitieuse, violente et tragique, qui ne peut que bousculer le lecteur.

« Nous avions une mission, l'honneur de l'Italie, c'était un bien qu'on ne pouvait mettre en discussion et d'on devait célébrer par le sang. En cas de guerre, la victoire vient de la supériorité matérielle, armes, réserves, ravitaillement. Le vrai courage est dans la défaite. Résister sous uen tempête d'acier, comme des ascètes. Rendre coup pour coup, jusqu'à la dernière fibre de son être. C'était notre conviction. Mourir pour l'Italie. Mourir d'une belle mort. »

L'auteur montre également la façon dont la police et les divers « services » ont infiltré et manipulé ces « soldats perdus », les utilisant à des fins politiques bien éloignées de leurs ambitions de révolution nationale et sociale et de mise à bas de l'ordre bourgeois. Une leçon toujours à retenir par tous les militants du monde.

«Que savent-ils de nos rêves, des fantasmes qui nous réveillent la nuit et ne nous laissent pas en paix? Nous pensons qu’il existe un monde meilleur. Peut-être sommes-nous les seuls à le penser, mais qu’importe… »

Xavier Eman (in Livr'arbitres numéro 15, www.livr-arbitres.com)

« Les noirs et les rouges », Alberto Garlini, Editions Gallimard, 675 p., 27,50 euros.

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Ecrire

9 Novembre 2014, 00:40am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Il aurait bien voulu dire des choses subtiles et profondes dans une langue délicate et raffinée. Mais l'époque ne s'y prêtait pas. Le temps exigeait les éruptions, les hurlements, les vociférations, les exagérations, les cruautés, les emphases et les outrances. Dans un monde dans le coma, en état de mort cérébrale et bientôt physique, on ne fait pas de la poésie parnassienne. Certains disaient évidemment l'inverse, qu'il fallait tout au contraire entretenir la préciosité et l'afféterie dans les catacombes du bon goût, être le dernier carré des esthètes au milieu des ruines, continuer, tels des coqs les deux pattes dans le fumier, à lancer de doux chants vers le ciel. Ceux-là, il les entendait, mais il ne les comprenait pas, ne les comprenait plus. Le néo-gongorisme planant à mille lieues au dessus de la plèbe méprisée ne l'intéressait pas. Il avait toujours conçu la littérature comme une lutte plus que comme un exercice de style, davantage comme le foyer incandescent où se mêlent histoire, politique, psychologie et philosophie et d'où naissent passions, révoltes et révolutions que comme la marmite où macèrent les élégances, les techniques et les affectations et d'où ne s'échappent jamais que les fumets adipeux de l'apparat et de l'egotisme.

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L'âge du grand n'importe quoi

8 Novembre 2014, 23:53pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

J'ai parfois la grande inquiétude qu'il n'existe désormais plus d'autre alternative que celle opposant d'un côté les conformistes, les ennuyeux et les insipides, et de l'autre les cinglés pathologiques.

Notre société soumet, formate ou elle rend fou. Le système a réussi l'exploit – marquant peut-être là son triomphe absolu - de transformer ses contestations et ses oppositions en antichambre de Sainte Anne. Jadis, les totalitarismes plaçaient en hôpital psychiatrique des dissidents sains de corps et d'esprit. Aujourd'hui, ils préfèrent laisser en liberté des péroreurs mythomanes, des agitateurs sociopathes, des insoumis schizophrènes, des conspirateurs autistes, des bâteleurs bipolaires et des histrions mégalomanes. Méthode beaucoup plus efficace, il est vrai. La marge n'est plus la radicalité, elle est la confusion et le délire. Un zoo, un cirque peuplé de clowns rigolards et de clowns tristes, parfois sympathiques, parfois même brillants, mais toujours inoffensifs, à part pour eux-même et leurs proches.

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Réalisme surréaliste

8 Novembre 2014, 20:24pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

"La bourgeoisie n'a d'autre valeur que de les trahir toutes."

Salvador Dali

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