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A moy que chault!

RDV

30 Mai 2018, 19:49pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

RDV

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ISSEP: le programme des cours

27 Mai 2018, 14:55pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Module économie

  • « Fusions, Acquisitions, Traditions »

  • « Start-up identitaires : comment faire du neuf avec du vieux ? »

  • « Le code du travail : un vestige socialiste. »

  • « Travail en intérim, à temps partiel : de nouvelles libertés ? »

  • « Suppression du SMIC, un tabou à dépasser. »

 

Module Philosophie/Religion

  • « Jésus, un entrepreneur incompris. »

  • « L'argent, un signe d'élection divine ? Ce qui nous rapproche de nos frères juifs et protestants. »

  • « Aimer et licencier : pourquoi c'est compatible. »

     

    Module Histoire/Littérature :

  • « Germinal, Les Misérables... la falsification de l'histoire par la littérature gauchiste. »

  • « Les maîtres des forges : des humanistes diffamés. »

  • « Harpagon : avare maladif ou bon père de famille précautionneux ? »

 

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Chronique d'une fin du monde sans importance

24 Mai 2018, 17:18pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Le travail rend libre

La pluie martelait la chaussée. De grosses et lourdes gouttes explosaient sur le bitume tandis qu'Agnès pressait le pas pour prendre son service. Après avoir dépose Cécile, 3 mois, et Véronica, 2 ans à la nounou haïtienne, elle n'avait plus que quelques minutes pour atteindre l'entrée de service de « Lidl Price », la supérette discount où elle travaillait depuis maintenant 5 ans comme « hôtesse de vente ». Elle ne pouvait pas se permettre d'arriver en retard, surtout après le drame de la veille : un trou de caisse de 2 euros 70 qu'elle n'était pas parvenue à justifier. Jean-Jérôme, le gérant, enfin le « manager » de la franchise, avait généreusement passé l'éponge mais si elle ajoutait un retard à cette bévue comptable elle savait qu'elle n'échapperait pas au blâme.

Cette perspective la terrorisait, elle se mît alors presque à courir. Grâce à cette accélération, elle parvint à valider la pointeuse à 8h00, poussant un petit râle de soulagement sous le regard mi-amusé mi-compatissant de ses collègues déjà sur place. Le magasin n'ouvrait qu'à 9h30 mais il fallait aider les magasiniers à terminer la mise en place et surtout assister au « meeting point » du matin, la réunion quotidienne de motivation, le « briefing » comme disait Jean-Jérôme, qui servait essentiellement à ne pas oublier la chance que l'on avait d'oeuvrer au sein d'un « groupe bientôt numéro un sur le segment de l'alimentation low-cost en centre ville », une entreprise innovante et dynamique où chaque employé était un « partenaire » au service d'un objectif commun : l'amélioration d'un chiffre d'affaires qui n'avait pourtant aucune incidence ni sur les salaires ni sur les conditions de travail, l'amour du service et de l'ouvrage bien fait étant sans doute considérés comme des récompenses suffisantes...

Innovante, l'entreprise l'était indiscutablement. On était d'ailleurs en train d'installer une batterie de « caisses autonomes », ces systèmes de paiement « libre-service » qui allaient permettre « d'ici un an » de diminuer de moitié le nombre de « caissières personnes physiques ». Pour le « dynamisme » cela reposait essentiellement, il fallait bien le reconnaître, sur Jean-Jérôme qui, en permanence survolté, tel un ludion sous cocaïne, ne cessait de courir en tous sens, d'encourager sa « team », d'exhorter l'un à plus d'enthousiasme dans son sourire commercial, tel autre à plus d'entrain dans le rangement des boites de petits pois... JeanJérôme était un trentenaire prématurément chauve, arborant, hiver comme été, une chemisette à manches courtes barrée d'une cravate fantaisie (« A l'américaine » disait-il...), et portant au poignet une Rolex (vraie ou fausse, le débat n'avait jamais été tranché dans l'établissement...) qui semblait peser 3 à 4 kilos. On s'étonnait d'ailleurs qu'il parvienne encore à lever le bras. Sans-doute faisait-il de la musculation au Club Med Gym voisin, son statut de cadre lui donnant droit à une réduction de 15% sur le forfait annuel « Salle de sport+UV » (Forfait « Premium Gold »).

L'entreprise ne ne bornait d'ailleurs pas seulement à être « dynamique et innovante », elle était également « citoyenne », ayant été gratifiée du label « Ouverture et diversité » attribué par l'Union Européenne en récompense de « sa politique active et volontariste dans le recrutement de collaborateurs issus des minorités.». Ce point était d'ailleurs indiscutable, Agnès restant, à l'exception de Jean-Jérôme, la seule blanche du magasin. Enfin la seule « européenne », on lui avait expliqué qu'il était plus convenable et souhaitable d'utiliser ce mot. Cette situation ne la dérangeait d'ailleurs pas particulièrement, si ce n'est qu'elle était exclue de la plupart des conversations, ne comprenant goutte aux divers sabirs utilisés par ses collègues. Ce n'était pas bien grave, n'étant pas là pour discuter mais pour gagner de quoi payer la nounou, son titre de transports 8 zones et rembourser l'emprunt du pavillon.

Aujourd'hui elle travaillait de 8h à 11heures, puis de 15h à 20h. N'ayant pas le temps de rentrer dans sa lointaine banlieue durant la coupure, elle en profiterait pour faire quelques courses, dans un établissement encore plus low-cost, puis tenterait de dormir un peu dans un fauteuil du vestiaire. Demain, dimanche, elle était programmée de 14h30 à 22 heures. C'était, lui avait-on dit, ce qu'on appelait la « flexibilité », une excellente chose pour les entreprises françaises et la croissance nationale. Moins pour elle, mais lorsqu'elle l'avait fait remarquer, Jean-Jérôme, toujours bonhomme et souriant, lui avait expliqué que « si elle n'était pas satisfaite de ses conditions de travail, beaucoup d'autres attendaient derrière elle ». D'autant plus qu'elle bénéficiait d'un temps complet, situation ô combien privilégiée dans la structure.

Le briefing avait maintenant commencé. Jean-Jérôme parlait « d'esprit corporate », « de remise en cause personnelle de chacun », «d'objectifs ambitieux mais réalisables »... Un peu de salive, séchée et blanchâtre, perlait aux commissures de ses lèvres.

Sortant de son habituelle somnolence lors de ces réunions, Agnès fut soudain aveuglée par le reflet des lames de la nouvelle gamme de couteaux de cuisine, « promotion du mois » présentée sur la table centrale. Ces lames étincelantes la fascinèrent. D'un geste, elle saisit l'une d'entre elles, puis on n'entendit plus qu''un bref cri rauque suivi d'une explosion de hurlements stridents. La journée de travail était terminée.

Xavier Eman (in Revue Eléments n°171)

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Couple

22 Mai 2018, 15:48pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

A l'heure où l'homme et la femme sont généralement tous deux contraints d'avoir une activité rémunérée (grâce à la libération de la femme, au progrès, tout ça...) pour survivre à peu près dignement, il est d'évidence normal qu'il y ait une "répartition" des tâches ménagères et d'intendance allouées autrefois à la "femme au foyer". Il s'agit d'une simple adaptation de bon sens. Mais ce qui est vraiment insupportable c'est la vision hautement comptable et sourcilleusement "égalitaire" - dans le sens le plus arithmétique du terme - de celle-ci qui sévit chez un grand nombre de couples où tout devient calculé et où chaque acte accompli doit donner lieu à « compensation » de la part du « partenaire ».

« J'ai fait la vaisselle hier donc aujourd'hui c'est toi... », « Tu es sorti avec tes potes lundi donc j'ai droit à une soirée avec mes copines... », « Tu es sorti du boulot avant moi donc c'est à toi de faire les courses... », « Ok on invite ton copain à dîner ce soir mais donc on va déjeuner dimanche chez Maman... »...

Il n'y a plus rien de gratuit, de naturel, de léger, les discussions conjugales ressemblent à des négociations syndicales. Chacun a sa grille de revendications et coche des cases. Si l'on ajoute à cela le fait qu'il ait été définitivement avalisé que les tâches quotidiennes étaient indignes et dévalorisantes, on obtient cette ambiance lourde et embarrassante où l'invité d'un couple se retrouve plongé dans une sorte de compétition permanente où celui qui « rend service » a perdu, où celle qui fait le café à la demande de son mari se sent humiliée, où l'objectif semble être de montrer à tout prix qu'on n'en fait surtout pas plus que l'autre...

Cela donne ces grands moments d'embarras et d'affliction :

  • « Chérie, tu ne nous servirais pas un petit digestif ? »

  • « Pourquoi tu ne sais pas où ils sont rangés ?  »

….

  • « Hélène travaille près de l'école donc elle peut chercher les enfants le soir... »

  • « Oui mais c'est toi qui les emmène le matin ! Et le samedi, matin et soir, car c'est mon jour OFF...  ma journée à moi...! »

  • « Ha je serais bien parti en juillet à Rome avec vous... »

  • « Oui mais cette année, c'est Ibiza. C'est toi qui a choisi l'année dernière, cette fois c'est moi... »

Quand le quotidien ressemble à une perpétuelle guéguerre de tranchées entre une harpie en manque de reconnaissance et une couille-molle terrorisée par la solitude et la perspective de devoir se branler 7 jours sur 7 au lieu de 6...

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Le nouveau visage de Paris ...

21 Mai 2018, 14:35pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

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Ennemi public numéro 1

18 Mai 2018, 15:44pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

 Le vieux coucou suisse avait sonné  7 heures. Ursula était déjà levée depuis un long moment. A 89 ans, les rhumatismes et l’arthrite avaient eu raison de ses paisibles nuits du passé. Une certaine inquiétude mêlée de tristesse aussi… Son pays lui faisait mal, de plus en plus mal, et ses forces peu à peu rongées par l’âge ne lui permettaient plus de le défendre comme elle l’aurait voulu.

La cafetière fumait sur la table en merisier impeccablement astiquée. Une nouvelle journée s’annonçait et il fallait l’affronter, comme les autres, avec courage, avec dignité. Malgré la fatigue, malgré l’isolement, malgré la solitude… Sur les murs, les photos des défunts de la famille semblaient lui sourire et l’encourager. Elle ne pouvait pas les décevoir, pas plus que ces enfants qu’elle entendait s’éveiller dans la maison voisine, et qui, eux aussi, méritaient la vérité, méritaient le droit de ne pas rougir de leur peuple, de leurs aïeux, de ne pas grandir dans la culpabilité et l’humiliation.

Sur le canapé en cuir craquelé, les napperons blancs brodés donnaient à cet intérieur un charme désuet, hors du temps.

Ursula s’apprêtait à tremper une madeleine dans sa tasse de café brûlant quand de violents coups résonnèrent dans la pièce.  Au même instant, des visages cagoulés et casqués apparurent aux fenêtres. La cour était envahie de dizaines de policiers lourdement armés. Le quartier avait été bouclé, des sirènes hurlaient en tous sens , les palpitations lumineuses des gyrophares striaient les murs.

Ursula n’avait pas peur, elle ouvrit la porte d’une main qui ne tremblait que de l’effort que lui demandait désormais chaque geste. Les policiers l’entourèrent. L’un d’un s’apprêtait à lui passer les menottes quand il fût saisi par un accès de gêne, d’embarras, devant cette petite vieille qui lui souriait avec une bienveillance attristée. On la saisit par le bras pour l’entraîner dans un des véhicules de la maréchaussée. Ce soir, elle dormirait en prison.

Elle n’avait pourtant ni volé, ni tué, ni escroqué, ni violenté. Mais elle avait blasphémé. Les tribunaux d’inquisition l’avaient donc condamnée et il était urgent de mettre la société à l’abri d’un tel péril.

Elle rejoignait donc la geôle qui l’attendait.

L’Allemagne était sauvée. La démocratie pouvait respirer.

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RDV

17 Mai 2018, 15:21pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

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Fort La Peux

16 Mai 2018, 17:54pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Finalement, il n'y a pas de grand secret. Les beaux parents font de beaux enfants, et les belles personnes engendrent des gamins à leur image. Pas de « chance » là dedans, pas de « miracle », juste un peu de biologie et beaucoup d'éducation, d'efforts, de sacrifices, de patience, d'exigence et d'amour. De la sueur et des larmes aussi, comme pour le reste, tout ce qui vaut le coup, tout ce qui dure, qui est solide, tout ce qui élève, qui grandit... Incarner des valeurs avant de vouloir les communiquer, transmettre non pas à coups de trique mais par l'exemple et la parole, montrer, expliquer, apprendre... Travail harassant, permanent, jamais terminé, jamais abouti, jamais complet.. et ingrat,surtout, tellement plus difficile – douloureux même parfois - que la complaisance et le laisser-aller, la reddition en rase campagne face aux assauts de l'extérieur... Attaques innombrables, massives, perpétuelles.. Offensives de la laideur, de la bêtise, du vice, du conformisme, de la facilité, du reniement... Y faire face est peut-être le dernier héroïsme moderne. Il y a du capitaine Danjou dans un chef de famille digne de ce nom et de la Jeanne d'Arc chez toute mère de famille encore fière de ce titre.

Assiégés, harcelés, moqués, trahis, isolés, ils n'ont que leur bonne volonté et l'affection des leurs pour consolider les murs du précieux réduit.

Pourtant ce ne sont pas des sanglots ni des lamentations que l'on entend derrière les murs de Camerone, mais des fou-rires, le cliquetis de verres que l'on entrechoque, le brouhaha des débats, des chants et des promesses...

Une grande joie. Et un grand bras d'honneur.

Même si tous, pas nous !

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