Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
A moy que chault!

Les dindons de la Force

30 Juillet 2018, 22:20pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Voir les commentaires

Une fin du monde sans importance

25 Juillet 2018, 18:10pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

La voie virile

Depuis qu'il avait raccroché le combiné téléphonique – il avait toujours tenu à conserver un appareil fixe à fil, que sa compagne, Noémie, trouvait « délicieusement vintage » -,  Jean-Philippe sentait que l'enthousiasme ressenti au cours de la conversation cédait peu à peu la place à l'inquiétude,  à une forme de désagréable fébrilité, pour ne pas dire à un début d'angoisse. Pourtant, l'appel de Fabrice, ce vieux camarade perdu de vue depuis trop longtemps, l'avait ravi au plus haut point et, en échangeant souvenirs et anecdotes avec lui, il avait eu le sentiment de rajeunir de près de  20 ans. Mais maintenant, c'était l'anxiété et la gêne qui s'étaient installées. Comment allait-il annoncer à Noémie qu'il avait accepté, en pleine semaine et alors qu'il avait déjà bu une bière lundi avec des collègues à la sortie du bureau, qu'il avait accepté un rendez-vous au Harry's Bar le lendemain ? Ses mains, qu'il ne cessait de frotter nerveusement entre elles, en étaient devenues moites et poisseuses... Bien sûr, lorsque Fabrice avait fait cette audacieuse proposition, Jean-Philippe avait été tenté d'user de sa réponse habituelle – mi ironique mi résignée - en ce genre de circonstances, « Il faut que je demande  à la patronne ! », mais face à celui avec qui il avait rêvé de révolution, passé des nuits entières de collages et de bagarres, avec qui il avait tant de fois refait le monde lors de leurs pérégrinations éthylico-estudiantines, hurlant des poèmes dans la rue et jurant d'abattre ce monde vétuste et sans joie,  il ne s'en était pas senti capable. Il n'avait pas voulu lui révéler si vite, si tôt, ce qu'il était devenu.

L'heure du retour de Noémie approchait. Jean-Philippe marchait en long et en large dans le salon encombré de meubles de designer et de babioles exotiques rapportées de voyages dont ils étaient les seuls souvenirs, l'ennui aseptisé des clubs all-inclusive ayant effacé le reste. Noémie tenait à vivre « dans un environnement qui lui ressemble ». Jean-Philippe se retrouvait donc à habiter dans un appartement étriqué, prétentieux, artificiel et coûteux. Ses souvenirs à lui, les vestiges se son passé, les drapeaux, les banderoles, les fanzines, les recueils de poésie, les manifestes, étaient remisés à la cave dans des cartons rongés par l'humidité. « Il faut grandir un jour ! » lui avait déclaré Noémie. Il avait évidemment acquiescé. Noémie, elle, n'avait pas grandi jusqu'à vouloir être mère – cet esclavage – mais avait investi toute sa maturité dans une connaissance approfondie des dernières tendances de la décoration et du design d'intérieur.

La porte d’entrée claqua soudain, sans que Jean-Philippe ait eu le temps d'établir une quelconque stratégie. A peine entrée, Noémie s'effondra sur le canapé, les bras chargés de paquets et de sacs estampillés des plus belles enseignes « classes moyennes supérieures » de la capitale. Epuisée. Forcément épuisée.

Les choses ne s'annonçaient pas au mieux... Le plus raisonnable était d'attaquer directement, frontalement, sans attendre, d'une voix qu'il voulait ferme et volontaire :

- « Chérie, demain, je sors avec un vieux copain... »

- « Quoi? Encore ! Et sans moi je suppose ! » rétorqua Noémie qui semblait avoir soudain retrouvé toute son énergie.

- « Non, non, tu peux venir bien sûr... Mais j'avais pensé que ça ne t'intéresserait pas... »

-  « Ce n'est pas à toi de préjuger de ce qui m'intéresse ! »

-  « Bien sûr... Donc, tu veux venir ? »

  • « Ha non merci ! Tu m’excuseras, j’ai quand même d’autres choses plus importantes à faire… »
  • « Et quoi donc, décongeler des plats de chez Picard ou te repeindre les ongles des pieds  devant la télé? »

Cette dernier phrase, Jean-Philippe ne la prononça évidemment pas à haute voix mais elle résonna méchamment dans son for intérieur, provoquant le mélange d'aigreur et d'acidité d’un crachat ravalé qui lui fît presque très légèrement bouger la lèvre inférieure. C’était le maximum dont il était capable.

Quoi qu'il en soit, Jean-Philippe pensa qu'il avait miraculeusement remporté la victoire, presque sans combattre, quand Noémie s'exclama:

- « Ha mais non, demain ce n'est pas possible, Maman vient dîner à la maison. Il faut décommander ton copain... »

-  « Mais il n'est à Paris que demain... » tenta timidement Jean-François...

- « Et bien vous vous verrez à son prochain passage... Bon, moi je vais prendre une douche ! » conclut fermement Noémie en quittant la pièce.

En cet instant, Jean-Philippe eut un profond sentiment d'empathie, peut-être même d'affection, pour tous les Jonathann Daval du monde. Mais il chassa bien vite ces abominables pensées et dérocha le téléphone pour annuler son rendez-vous.

Xavier Eman (in revue Eléments numéro 172)

 

 

 

Voir les commentaires

THE fils de pute

25 Juillet 2018, 01:18am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

 

Voir les commentaires

Un avant-goût d'enfer

21 Juillet 2018, 22:47pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Avoir le sentiment de vivre en permanence dans un milieu hostile est non seulement épuisant pour les nerfs, accablant pour le moral et devastateur pour l'humeur, c'est aussi un puissant excitant pour une misanthropie qui, généralisée, condamne définitivement toute idée de vie collective tolérable et apaisée, pour ne pas dire - ne rêvons pas - agréable. D'autant plus quand ce "sentiment" n'est pas qu'une impression vaguement irrationnelle et paranoïaque, mais bien le fruit de l'expérience, du constat, du vécu, de l'observation. 

C'est ainsi que l'utopie mortifère du "vivre ensemble" a implacablement assassiné le collectif, le partagé, le communautaire. Des bals du 14 juillet à la fête de la musique, en passant par le réveillon du nouvel an ou la célébration d'une quelconque victoire sportive, toutes les occasions de festivités de groupe sont devenues des "événements à risques" où les chances de se faire embrouiller, agresser, voler, violenter sont plus importantes que celles de passer une simple bonne soirée.  Même quand les choses ne finissent pas dans les bris de verre, les gaz lacrymogènes et les sirènes de police, la tension est toujours présente, l'inquiétude palpable... Un oeil sur son protefeuille, un autre sur sa copine qui aurait peut-être dû mettre une jupe un peu plus longue... La vie urbaine moderne  s'est transformée en une longue suite de prudences, d'avalages de couleuvres, de détournements de regards, de stratégies d'évitement, de micro-soumisssions, de manoeuvres visant à ne pas se retrouver dans la situation de n'avoir plus qu'à choisir entre être vraiment une grosse merde ou se prendre un coup de couteau... L'argent aide beaucoup pour cela: les taxis, les quartiers "préservés", les gros bras à l'entrée des bars... Mais même cela ne suffit pas toujours... Passée une certaine heure, tout le monde serre un peu les fesses, ca sent le calcife humide, mais pas d'excitation... L'air de rien, sur le chemin du retour, faute d'Uber disponible, on change de trottoir, de wagon de métro ou de RER, on presse le pas, on devient sourd à la remarque déplacée ou à l'insulte...  Sans l'avouer, sans le dire, bien sûr, et surtout sans désigner les responsables de ce climat délétère, étouffant, abject, invivable... Péter de trouille, ok, mais sortir du camp du Bien, être un "salaud", ça pas question, jamais! Heureusement, derrière sa porte blindée et ses trois digicodes, on peut enfin redevenir un humaniste mondialiste pro-migrants... Un mec bien. 

Voir les commentaires

L'après-football...

16 Juillet 2018, 16:24pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

 

Qu’un peuple ait besoin d’exutoires, c’est dans sa nature, de tous temps. C’est quand il n’a plus que ça pour se sentir peuple que les choses deviennent inquiétantes, voire tragiques.

Tout, ou presque, a été dit sur cette Coupe du Monde qui a occupé monopolistiquement l’espace médiatique (c’est-à-dire la néo-réalité de la majeure partie de nos concitoyens) ces deux derniers mois. Entre les ronchons snobinards anti-foot, les démagos populistes pro-ballon rond, les sociologues des foules, les éternels épigones de Muray et leur inusable critique du « festivisme », les philosophes centristes adeptes du « ni oui ni non », les politiques opportunistes et manipulateurs, les experts en comptage racial, les accablés, les enthousiastes et les rigolards (plus rares en ces temps de sérieux compassé), toutes les analyses ont été faites, plus ou moins pertinentes, plus ou moins intéressantes, contenant chacune une petite parcelle de vérité.

Le temps d’une compétition internationale, nous sommes tous devenus des commentateurs sportifs. Avec divers degrés d’aisance, de brio, mais en étant toujours très « concernés ». Il est vrai que le commentaire, de Facebook à la machine à café, est devenu notre activité principale, pour ne pas dire unique, nous qui sommes de moins en moins acteurs de nos existences individuelles et collectives. Calés derrière nos écrans, nous palabrons autour du temps qui passe. Et, à l’occasion, nous nous entretuons même, lorsque notre logorrhée contemplative se heurte à celle d’un autre, toute aussi passive mais éclairée différemment.

Pendant ce temps, les issues s’éloignent et les alternatives restent virtuelles.

Notre dissidence, pour détourner le titre d’un Audiard assez moyen, «elle boit, elle fume, elle drague, et elle cause. »

Malgré la sincérité de nos espoirs, de nos appétences, nous ne parvenons pas à nous extraire de l’immédiateté, de l’agenda événementiel et émotionnel qui nous est imposé par l’adversaire. Notre rupture intellectuelle avec l’époque ne se prolonge toujours pas par une rupture concrète, physique, existentielle avec celle-ci. Nous sommes rongés par des outils et instruments que nous avons eu la prétention de croire pouvoir maîtriser mais dont nous sommes devenus les esclaves empressés, toxicomanes accrocs au numérique. Peu à peu, nous finissons par ressembler  à des ersatz low-cost de Lorenzaccio, incapables de percevoir que nous nous confondons déjà avec les masques que nous pensons porter par habileté et stratégie quand il ne s’agit que d’intérêt et de facilité.

Nous avons plus que jamais besoin de terre, de pierres, de papier, d’encre, de grand air, de travail, de chants et de poésie mêlée d’intemporalité et de transcendance.

Plus d’entrisme ni de gramscisme (concepts épuisés aux résultats toujours reportés…), le communautarisme sécessionniste.

Voir les commentaires

Le drame

10 Juillet 2018, 16:07pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Horreur et damnation, sonnez le tocsin, la démocratie est en danger !

Les visages sont graves, les regards durs, les mines fermées, les poings tremblent presque de colère…

Mais que se passe-t-il-donc ? Encore un jeune militant de vingt ans envoyé au trou plusieurs mois pour s’être défendu dans la rue ? Trop de sites censurés, de facebooks fermés, de concerts interdits, de procès intentés ? Trop d’historiens bâillonnés, jetés au cachot ? Trop de vieillards embastillés ? Non, non, rien de tout cela. C’est bien plus terrible : Deux juges ont décidé de suspendre (temporairement) le déferlement de pognon. Et ça, les enfants, c’est grave. C’est un « attentat », une « tentative de meurtre », une véritable « persécution »… Rien de moins.  D'autant plus pour des peccadilles – emplois fictifs, dépenses excessives, détournements… - auxquelles tout le monde s'adonne et que « c’est trop injuste que ce soit seulement nous qui soyons sanctionnés » !

On comprend fort bien l’effroi suscité par une telle annonce au sein d’une structure habituée depuis des années à vivre grassement sur la bête sans avoir de compte à rendre à personne, ni à ses électeurs, ni à ses militants, et donc encore moins aux juges…  Un salaire à 5 ou 6000 boules qui menace de ne pas être versé en temps et en heure, ça fait grave mal au cul, même quand on est un super militant désintéressé et entièrement dévoué à la cause.

L’impact sur la cause, d’ailleurs, parlons-en ! Sans argent, plus de fête des BBR, plus de manifestation nationale pour Jeanne d’Arc, plus de revue ni de journal, plus de cercles de formation, plus de conférences, plus de salles de sports et de bars associatifs pour les jeunes, plus de publication de livres ni d’éditions de disques, plus de site d’information et d’investigation, plus de structures d’accueil social et de soutien scolaire, plus d’aide aux organisations « amies »…

Pardon ? Que dites-vous ? Tout cela n’existe pas ou plus depuis bien longtemps déjà ?! Ha ben, mais alors, il sert à quoi tout ce pognon ?

On vous l’a dit : à payer les loyers, les salaires, les notes de frais et accessoirement quelques caisses de champagne.  Ha. Bien. On comprend donc toute l’importance vitale pour la démocratie que cet argent soit rapidement débloqué. Il en va de l’avenir du pays.  

Voir les commentaires

Epouvantails

2 Juillet 2018, 12:10pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

via Zentropa

Chaque ministre de l'intérieur se doit de déjouer sont « complot terroriste d'extrême-droite » ( mouvance rebaptisée « Ultra-droite radicale extrémiste paroxystique » dans les grands médias). C'est un passage obligé, presque un rituel, un rendez-vous à caser obligatoirement quelque part dans son agenda entre une décoration d'un migrant méritant et une rupture du jeûne en compagnie des musulmans « modérés et républicains ». Cette obligation professionnelle permet, grâce à l'aide empressée des domestiques journalistiques, de faire accroire que « la haine, le danger, la violence » viennent « de partout », de tous les « extrémismes » quels qu'ils soient et que la droite « radicale » ne vaut pas mieux que les assassins barbus qu'elle dénonce et prétend combattre. Pour accréditer se scénario, on trouve régulièrement, sans trop de peine, une petite bande de pieds nickelés, manipulés, paumés, exaltés, désespérés (rayez la mention inutile) à jeter en pâture à l'opinion publique et à embastiller pour le coup avec toute la célérité et la sévérité dont est capable le système dès lors qu'il s'attaque à des individus se situant à l'extérieur du sacro-saint « camp du Bien ». Ce ne sont généralement que des collectionneurs d'armes historiques, des péroreurs de réseaux sociaux ou des gamins fourvoyés et excités par des vieilles ganaches irresponsables... Mais peu importe, ils doivent payer – et lourdement – afin de maintenir en vie l'illusion d'un « équilibre des terreurs », le fantasme (que parfois eux-mêmes nourrissent, il est vrai, mais sans en avoir les moyens) d'une « extrême droite violente, organisée, structurée, capable de « passer à la lutte armée »... Personne d'un peu tant soit sérieux ne croit évidemment à cette thèse ridicule mais ni les médias ni les foules ne sont composés de gens sérieux. Donc cela fonctionne plus ou moins, malgré un très gros bémol qui est que le tas de cadavres qui grandit sur le sol français, lui, n'a qu'une seule origine, un seul responsable : la barbarie islamiste. Les égorgés, les poignardés, les mitraillés, les écrasés le sont exclusivement par des musulmans fanatiques, des allogènes haïssant la France... Du côté de « l'extrême droite », on se borne à des « projets d'action aux contours imprécis », à base de grenade à plâtre et de fusils de chasse... Car c'est là l'une des grandes spécificités du « terrorisme d'extrême droite » depuis 40 ans : c'est un terrorisme sans victime. On s'en félicite, bien sûr, mais c'est tout de même là un critère qui devrait faire relativiser le phénomène et décrédibiliser quelque peu ceux qui agitent frénétiquement ce chiffon rouge mité. Alors peut-être un jour devra-t-on laisser, pour les besoins du « story-telling », l'un ou l'autre de ces enfants perdus ou de ces têtes brûlées passer à l'acte. Fort heureusement, il y a peu de chance que cela soit pour demain, car, dans ce cas, il est fort probable que la ou les communautés visées ne réagiront pas seulement avec des bougies, des peluches, des pleurnicheries et des hymnes à la tolérance comme toute bonne victime francaoui qui se respecte... Et cette situation, le système n'est sans doute pas encore prêt à l'assumer et à la gérer. Mais qui sait, s'il est un jour dos au mur, tout peut arriver. Et c'est bien pour cela qu'il convient de garder la tête froide, de se défier des agités, d'écarter les provocateurs, de ne pas romantiser ou glorifier la violence et de ne pas confondre radicalité et nihilisme... Nous devons travailler, construire, expliquer, créer, fonder, aimer, et non pas tomber dans les pièges les plus grossiers de ceux qui ne rêvent que de caricatures et de de tragi-comédies à exhiber au journal de 20 heures. Nous devons être des soldats politiques, pas des voyous, ni des apprentis assassins.

 

Voir les commentaires