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A moy que chault!

Renards furtifs

22 Janvier 2021, 11:44am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Pour être libre, il faut parfois – il faut souvent – désobéir. Non pas par goût de la transgression, par bravade ou volonté de provoquer mais pour défendre concrètement, sereinement, efficacement, non pas LA liberté, aussi immense qu'abstraite, mais cet ensemble de petites libertés quotidiennes, privées comme publiques, qui constituent le sens et le sel de l'existence.

C'est pourquoi il est non seulement vain mais également indigne de se borner à attendre d'un gouvernement corrompu et versatile qu'il daigne nous faire l'aumône de quelques allègements du joug inepte qu'il nous a imposé. Nos libertés ne sont pas négociables, les marchander c'est déjà les perdre, rien de ce qui nous a été volé ne nous sera rendu si nous nous contentons d'espérer passivement le bon vouloir des princes.

C'est donc à chacun de nous, chaque jour, de défier les consignes imbéciles et les ordres incohérents, et de nous réapproprier nos droits à respirer, à nous déplacer, à nous rassembler, à manifester, à rire, à festoyer, à réunir nos familles et nos clans. Sans orgueil démesuré, sans démonstration inutilement excessive, sans nous prendre pour des héros, mais simplement avec la tranquille assurance et l'inébranlable légitimité des hommes autonomes et indépendants qui ont bien l'intention de le rester. Ou de le redevenir.

 

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Fallet

13 Janvier 2021, 17:02pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Ca se confirme, je suis bien davantage sensible à la France de René Fallet qu'au prométhéisme nietzschéen ou à l'aristocratisme évolien... On a beau lutter, vouloir, lire, essayer, à un moment, à un âge, il faut être honnête, se rendre à l'évidence, admettre, accepter. Aventurier sédentaire, conquérant contemplatif, rêveur de comptoir et voyageur en pensées, aimant la permanence, le solide, les vieilles pierres, les vieux copains, les chemins creux, les calvaires, le silence des églises et des bibliothèques, le cliquetis des bouteilles et le rire des camarades, plus sensible à la poésie de la vigne qu'à celle des envolées de fusées, à la restauration des monuments qu'à la création robotique, à la poularde aux morilles qu'à la cuisine moléculaire, aux trognes crevassées qu'aux puretés eugénistes ... La nouveauté, l'innovation me laissent de marbre, quand une vieille marche d'escalier usée par le passage des générations peut me me mener les larmes aux yeux.. La puissance m'indiffère quand la bonté m'émeut, la richesse parvenue m'écoeure quand la générosité m'oblige, le talent et l'intelligence ne m'impressionnent que lorsqu'ils sont bornés par les garde-fous de l'humilité et de la sagesse... Ne pas vivre dans le passé, bien sûr, absurde impuissance!, mais dans l'intemporel, amant et protecteur de tout ce qui mérite de subsister, la dignité des hommes et la beauté des femmes, l'eau clair des ruisseaux, la fureur des orages, le toit qui protège et la cheminée qui réchauffe. Etre le gardien non pas d'un musée mais d'un temple où dansent les muses de la raison et celles de la folie dans la bacchanale dérisoire et grandiose du quotidien.

 

 

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