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A moy que chault!

Radicaux

4 Mai 2015, 23:22pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

- "Tu fais des nuances, des subtilités, mais le jour où ça va péter, c'est pas ça qui va te sauver..."

- " Oui, mais en même temps, c'est pas toi non plus..."

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Je ne peux pas, j'ai mis mon pantalon rouge au pressing...

4 Mai 2015, 23:02pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Face à la submersion migratoire, le message de l'église est inaudible car il confond charité et masochisme suicidaire. Mais, contrairement à ce que se plaisent à prétendre aussi bien ses adversaires acharnés que ses suiveurs les plus demeurés, ce n'est nullement le seul discours qu'elle peut tenir tout en restant fidèle à ses dogmes. La véritable charité, ce n'est pas, et ça n'a jamais été, accepter béatement le chaos et se borner à un humanitarisme pleurnichard pour tenter d'en panser les plaies, c'est tout au contraire en combattre les causes et en punir les responsables. Il est plus que temps de chasser les marchands du temple de l'immigration, du déracinement et de l'exploitation ! Excommunication des traders et des banquiers, mise à l'index des Bouygues, des Gattaz et des Parisot ! « Veilleurs » devant la Bourse et le siège du Medef, manifs contre la loi Macron et le traité transatlantique, milices chrétiennes pour occuper les ports libyens aux mains des crapules esclavagistes, tribunaux inquisitoriaux pour les passeurs et les employeurs de clandestins, néo-templiers sur les limes de l'Europe...

Voilà ce que serait la véritable église du Christ ! Pas sûr que Charles-Edouard et Marie-Augustine soient encore tout à fait prêts, ou alors peut-être en cachette des parents, le week-end où ceux-ci sont à la Baule, et en tout cas après le mariage de cousine Elizabeth et avant les examens d'entrée à l'Essec...

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OK

26 Avril 2015, 21:54pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

- "T'imagines, ce salaud, il ne m'a même pas rappelé!"

-"Ha, merde..."

-"C'est vraiment minable!"

-"En même temps tu n'aurais peut-être pas dû le sucer ivre morte dans les chiottes du bar..."

-"Quoi? Mais au contraire! C'était un truc hyper passionnel, hyper fort ! Un truc de ouf! Un instant magique! Tu ne comprends rien..."

-"Ha, d'accord.."

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Je suis Charlot

26 Avril 2015, 13:46pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Comme pétrifiée devant son écran, Anne-Sophie, bouche entrouverte et regard halluciné, contemplait le petit écran sur lequel défilaient sans relâche les dernières images du massacre. Le ballet des voitures de police, toutes sirènes hurlantes, alternait avec les mines graves des journalistes commentant l'événement tragique qui frappait la France en plein cœur. Des morts à la télévision, elle en avait certes déjà vu, beaucoup même, des corps calcinés des enfants de Gaza aux soldats kurdes égorgés, mais c'était loin tout ça, au fin fond de pays qui puent la misère et la babouche sale et dans lesquels on aurait même pas idée d'aller en vacances, village Club Med ou pas. Ces cadavres là, ces nouveaux morts, étaient presque ses voisins, elle reconnaissait les rues, les magasins, les immeubles... Pour un peu elle aurait pu sentir par sa fenêtre l'odeur âcre de la poudre et du sang. C'était chez elle, désormais, qu'on se mettait à assassiner sauvagement ! Pas encore dans son cher 7ème arrondissement mais presque ! La folie meurtrière, elle non plus, n'avait désormais plus de frontières. Bien sûr, pour le moment encore, les fous d'Allah s'attaquaient à des gens un peu bizarres, des caricaturistes vulgaires et qu'on imaginait crasseux et des membres de la communauté israélite, mais un jour, c'était maintenant certain, ils s'en prendrait à des gens normaux, des bons français comme vous et moi ! Anne-Sophie tremblait. De ses doigts crispéts, elle saisit sur la table basse le dernier numéro de la revue « Causerie » qui dénonçait courageusement la terreur antisémite régnant actuellement en France, drame dont elle se sentait soudainement extrêmement proche et solidaire. Dans un geste éperdu, elle tendît le magazine en direction du téléviseur comme pour se protéger des balles qui menaçaient de surgir de l'écran plat 16/9e. Elle était si profondément bouleversée qu'elle n'entendit pas son mari entrer dans la pièce. Son pas la fit sursauter et elle se jeta à son cou en sanglotant.

« Mais comment peut-on être aussi barbares ? » murmurait-elle entre deux reniflements poisseux. Armand, ancien médecin militaire reconverti dans la chirurgie esthétique, plus habitué aux monstruosités diverses, semblait sensiblement moins horrifié que son épouse qu'il tenta de calmer en lui caressant doucement les cheveux. Dans un état quasi second, Anne-Sophie entraîna alors son mari dans la chambre. Après avoir refermé la porte d'un coup de pied, elle releva d'une main sa longue jupe plissée et posa l'autre contre le mur, se cambrant autant que sa sciatique récurrente le lui permettait. Agitant frénétiquement sa chevelure jusqu'à se débarrasser de son serre-tête, elle se mit ensuite à hurler « Prends-moi comme un salafiste ! ». Peu habitué à ce genre de démonstration mais émoustillé par la perspective, Edouard déboutonna son pantalon, branla un peu son sexe fatigué par trop de cocktails mondains et se mit consciencieusement à l'ouvrage. Après quelques minutes de pilonnage intensif, rythmé par les encouragements d'Anne-Sophie - « Je suis une salope ! Je suis Charlie la salope ! Vas-y fort ! Punis-moi ! », les deux époux atteignirent simultanément l'extase et s'effondrèrent sur le lit voisin, haletants et épuisés par ce premier acte de résistance à l'obscurantisme mahométan.

Rhabillés et à nouveau presque calmes, ils décidèrent de rejoindre l'un des « rassemblements solidaires » qui déjà s'organisaient dans les rues de Paris. Ils prirent à peine le temps de modifier leurs avatars facebook respectifs en « Je suis Charlie » - c'était bien là la moindre de choses – et se retrouvèrent au milieu de la foule compatissante qui envahissait les rues malgré la grisaille et le léger crachin.

Au cœur de cette masse, Anne-Sophie était rassérénée, presque heureuse. Elle devait d'ailleurs admettre que, depuis la fin des Manifs pour tous, ce genre de grandes inutilités collectives lui manquaient un peu. Entourée de jeunes gens portant des chapeaux en formes de crayons ou des nez de clown, elle sentait, comme elle l'avait entendu à la télévision, que « le rire serait toujours plus fort que les balles » et que toute cette joyeuse niaiserie, cet infantilisme ludique, constituait une infranchissable barricade. Le cortège se répandait sur les boulevards, hâtivement rejoint par des hommes politiques de tous bords, à l'exception bien sûr des salopards du Front National qui, à force de prévoir et de prédire les drames de l'immigration les avaient sans doute en partie suscités. On annonçait aussi pour bientôt la venue de chefs d'états et de gouvernements étrangers, tous les plus beaux fleurons de la démocratie et de la défense des droits de l'homme, du doux Netanyahou au tendre Abdallah II... C'est le monde entier qui serait bientôt Charlie !

Les rangs de la manifestation se faisaient plus compactes, on entonnait la marseillaise et on applaudissait avec fougue les représentants des forces de l'ordre... Anne-Sophie était dorénavant tellement excitée et galvanisée par cette marée humaine qu'il n'aurait pas fallu la pousser beaucoup pour qu'elle aille caillasser la devanture d'un kebab ou renverser l'étal de l'épicier du coin. Mais ça n'aurait pas été un spectacle très adéquat pour sa progéniture, Apolline et Edouard, qui l'avaient rejointe et agitaient si joyeusement leurs petits drapeaux tricolores. Rien ne devait venir gâcher la fête de la gentillesse et de l'amour républicain. Seul bémol, à quelques mètres d'eux, une gamine blonde d'une dizaine d'année, sans doute mal préparée à l'événement par ses parents, avait confondu, face caméra, les arabes et les terroristes. Ce n'était pas bien grave, on couperait au montage.

Le soleil avait maintenant fait son apparition et déversait généreusement ses rayons sur la foule citoyenne émue par elle-même. Cette éclaircie était attendue, inévitable, car sur l'île aux enfants, c'est tous les jours le printemps.

Xavier Eman

(In revue Eléments, numéro 154)

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A lire!

26 Avril 2015, 12:29pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

A lire!

Roboratif, original, motivant, grinçant!

Pas vu à la télé.

La jeunesse au pouvoir

Une nouveauté auxEditions du Rubicon, « La jeunesse au pouvoir » de Julien Langella.

Ancien cadre identitaire, activiste catholique, Julien Langella nous propose ici, notamment au travers d'une passionnante évocation historique, un ouvrage de combat et d'espoir. Plus qu'un livre, un appel. Un appel à reprendre notre destin en mains, à réinvestir l'espace public, le cœur de la Cité, à refuser de continuer à être « représentés » par les domestiques de l'oligarchie, à reconquérir nos vies, à balayer nos peurs et à redevenir maîtres d'un avenir qui ne doit plus être une simple et morne acceptation.

182 pages, 15 euros.

Editions du Rubicon

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Submersion

22 Avril 2015, 15:54pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

L’Italie submergéeImprimer

Les drames liés à la pression migratoire chaque jour croissante ne cessent d’endeuiller les côtes italiennes. Les cadavres que charrie la Méditerranée sont le terrible et tragique révélateur d’une situation de plus en plus intenable : l’explosion ces derniers mois de l’arrivée, dans des conditions toujours plus précaires, d’immigrés clandestins en provenance d’Afrique. Plus de 11 000 pour la seule première quinzaine d’avril ! Une situation dont les Italiens rendent en partie responsables – non sans une certaine légitimité – la France et plus particulièrement l’ex-président Nicolas Sarkozy et son ministre des Affaires étrangères-bis Bernard-Henri Lévy qui, en déstabilisant la Libye et en faisant assassiner le président Kadhafi, ont fait sauter le dernier verrou contrôlant des flux migratoires de plus en plus massifs.

C’est désormais le plus grand désarroi qui règne dans une Italie déjà lourdement frappée par la crise économique et en cours de paupérisation. Le peuple italien, écartelé entre son émotion face aux drames du canal de Sicile et son exaspération devant le chaos suscité par l’afflux de clandestins, se sent abandonnée par l’Union européenne et par ses voisins. Dans les grandes villes, les couches populaires ont de plus en plus de difficultés à accepter de voir des établissements publics récemment fermés pour causes de restrictions budgétaires (maisons de retraite, centres sociaux, crèches…) rouvrir subitement pour accueillir des immigrés clandestins, et les incidents ne sont pas rares entre les communautés.

Des gouvernants sans réponses

Face à cette situation de plus en plus explosive, le gouvernement de Mateo Renzi semble totalement dépassé, se bornant à des discours larmoyants et des « appels à la solidarité » qui recoupent largement les déclarations des autorités de l’Eglise catholique. Celles-ci ne parviennent en effet pas à dépasser les imprécations sur « l’accueil » et la « charité », dans l’acception la plus étroite et la plus aveugle de ces deux termes, se refusant à considérer les drames innombrables que risque de provoquer dans l’avenir proche une « charité » inconséquente et déconnectée des réalités politiques et sociales.

Pour sa part, Matteo Salvini, le chef de file de la Ligue du Nord, parti identitaire et anti-immigration, a déclaré : « Qu’est-ce qui a changé en 18 mois à Lampedusa ? Faudra-t-il encore 700 morts pour se décider à bloquer les départs des bateaux de migrants ? Si les institutions de l’Union européenne ont un tant soit peu de bon sens, elles doivent organiser un blocus maritime et déterminer qui est un véritable réfugié et qui est un immigré clandestin. C’est l’hypocrisie de Renzi (ndlr : le président de centre gauche du Conseil italien) et d’Alfano (ndlr : le ministre de l’Intérieur de centre droit) qui provoque ces morts ! »

Une colère partagée par Simone Di Stefano, le vice-président du mouvement de la droite radicale Casapound Italia qui, de son côté, a affirmé : « L’Europe nous a abandonné. Il est temps de se rendre en Libye et d’occuper militairement la côte d’où partent les barges de clandestins, c’est la seule solution ! Sans cela, rien n’arrêtera une invasion qui a déjà franchi depuis longtemps le seuil de tolérance. Le peuple italien n’en peut plus, il faut agir. »

Une déclaration vigoureuse qui tranche avec l’impéritie du pouvoir italien et ses impuissantes jérémiades, le président de la région Toscane appelant même les Italiens, à « ouvrir leurs maisons aux réfugiés ».

Quant aux « responsables » de l’Union européenne, ils ont annoncé qu’ils allaient « se réunir très rapidement », sans doute jeudi, pour trouver les réponses qui s’imposent, mais, comme le dit avec justesse l’écrivain et militant de la droite radicale Gabriele Adinolfi, « comment ose-t-on ainsi nous avouer que l’on n’a pas encore réfléchi sérieusement à une question qui se pose depuis des années et met en cause, non seulement la sécurité des migrants, mais aussi l’identité des Européens » ? Une nouvelle démonstration, encore plus tragique que les autres car souillée de sang, de l’incapacité des institutions bruxelloises à gérer efficacement les dossiers les plus sensibles pour l’avenir des peuples européens qu’elles prétendent représenter.

Xavier Eman

(In Présent, 22 avril 2015)

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Honte à vous!

21 Avril 2015, 01:44am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Combien des belles âmes qui pleurnichent aujourd'hui si confortablement sur la tragédie des migrants clandestins dont la Méditerranée charrie les cadavres sont prêtes à ouvrir la porte de leur maison, de leur appartement ou de leur villa aux futurs candidats à l'exil et au déracinement ? Qui sont les volontaires ? Levez le doigt, inscrivez-vous sur les listes ! Car, si l'on veut continuer à être dans le camp du Bien et des gentils et ne plus avoir à supporter au 20 heures les images si dérangeantes de ces victimes de la mondialisation s'échouant morts ou vifs sur les plages d'un occident factice et rêvé, c'est bien de cela dont on parle... Il va falloir se pousser, faire de la place, de la place dans le logement, dans l'emploi, dans les écoles... Il va falloir sacrifier au doux rêve de la bonté universelle diverses broutilles comme l'espace vital, la sécurité sanitaire et le salaire minimum... On attend donc les grandes consciences dans les dispensaires, les centres d'urgences, les logements de fortune mais aussi, et surtout, pour offrir leurs filles à ces nouveaux arrivants quasi-exclusivement masculins... Priorité au 7e et au 16e arrondissements pour ce don tout aussi indispensable que celui du toit et du pain!

Les crapules aux mains sanglantes qui ont prétendu pendant des lustres que « l'immigration n'était pas un problème » et que les frontières étaient inutiles, ces génocidaires culturels qui pensent que le monde ne peut être digne de ce nom que s'il est « développé » c'est à dire « occidentalisé », qui voient les individus comme des pions interchangeables que l'on peut transporter d'un bout à l'autre de l'hémisphère au gré des nécessités économiques, essayent aujourd'hui de culpabiliser l'européen moyen face aux abominables conséquences de leurs délirantes politiques mondialistes et ethnocides.

L'Occident et l'Europe ont en effet, il est vrai, une lourde responsabilité dans les drames du canal de Sicile, mais ce n'est pas celle dont se repaissent les médias et les aboyeurs intellectualisant, celle d'un manque de générosité et de compassion, celle d'un « accueil déficient ». Le crime de l'Occident – ou plus exactement de ses élites libérales – est d'avoir combattu et fait éclater toutes les nations stables et régulatrices d'Afrique et du Maghreb, au premier rang desquelles la Libye, générant guerres civiles et tribales poussant à la misère et la fuite des populations entières. C'est de maintenir le mythe d'un « Eldorado du Nord » à grand renforts d'aides sociales, de laxisme judiciaire et de gesticulations « humanitaires » alors que ses propres populations autochtones s'enfoncent progressivement dans la précarité et l'anomie. C'est d'entretenir un néo-colonialisme para-maffieux au bénéfice exclusif de quelques dictateurs stipendiés et de diverses multinationales vampiresques. C'est de ne voir dans les peuples que de la main d'oeuvre, un élément d'ajustement économique, des entités numériques et anonymes sur un grand plan comptable.

Alors oui, BHL, Sarkozy, Fabius, Bouygues, Rothschild, Parisot, Lagarde... responsables et coupables ! Salopards cyniques et hypocrites, gargouilles dégueulasses et sordides.

Mais pas Dupont, Martin ou Durand qui veulent seulement vivre libres et souverains chez eux et que Boubacar, Ousman et Atmen puissent l'être également sur le sol de leurs ancêtres.

Nous ne porterons pas le poids moral de vos lubies idéologiques et de vos folies mercantiles, de votre fausse charité et de vos calculs financiers !

Patriotes, nationalistes, ethno-différencialistes, fascistes, c'est nous qui luttons depuis des années, sous les quolibets, les coups et les crachats, pour l'arrêt de l'immigration, le contrôle des frontières, la fin du dumping social, de l'esclavage libéral, de l'utopie mondialiste, pour le droit de chacun de vivre et travailler au pays, pour le respect des cultures et des identités, contre l'interventionnisme impérialiste et contre le « village global » qui n'est qu'un camp d'exploitation généralisé !

C'est vous qui êtes les assassins, vous qui êtes les salauds !

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Ne me secoue surtout pas

20 Avril 2015, 00:35am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

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Pour le pire

20 Avril 2015, 00:16am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

C'était un soir à écouter du Michel Sardou en bouffant des chokobons pour faire passer le goût du mauvais vin. Il fallait économiser les clopes alors on avait ressorti un vieux paquet de tabac à rouler aussi sec qu'une chatte de militante féministe. Il faisait doux, les enfants dormaient, enfin. On attendait avec impatience la fin de la semaine de garde partagée en se demandant bien pourquoi on avait bataillé durant des mois, par avocats interposés, pour l'obtenir. « Juste pour faire chier cette salope... » concluait-on. La salope en question c'était la femme qu'on avait aimée, dit aimer en tout cas, puis épousée, à laquelle on avait juré soutien et fidélité pour l'éternité devant 150 crétins endimanchés qui ne pensaient qu'à la perspective d'écluser le champagne pour l'achat duquel on avait sacrifié la moitié de son PEL. C'était la femme avec qui on avait couché avec passion pendant 6 mois puis avec qui on s'était fait chier. C'était cette femme qui nous reprochait de ne jamais être là mais passait le temps partagé à déverser récriminations et reproches. « Je souffre de n'avoir pas assez de temps pour t'emmerder. » en quelque sorte. C'était la femme avec qui on avait eu deux gosses, l'un parce que c'est ce qu'on fait après s'être marié, l'autre pour tenter de « relancer le couple ». Mais l'enfant médicament, l'enfant pansement, l'enfant psychanalyse, n'avait pas fonctionné. Pas plus que le reste. Maintenant les deux petits monstres trop gâtés, les deux petits trous du cul geignards et capricieux, sachant déjà si bien jouer de leur statut « d'enfants de divorcés », dormaient dans la chambre d'à côté du sommeil bienheureux de futurs cadres moyens abonnés à Canal+ et adhérents du Modem.

On avait cru se sauver en faisant comme tout le monde, on se retrouvait dans une merde encore plus noire, une solitude plus absolue bien que bruyante et surchargée de corvées aussi diverses que palpitantes. Amener les gosses aux activités sportives ou musicales dont ils se lassaient au bout de deux mois, les conduire chez le dentiste, le pédiatre, le pédo-pyschiatre, le coiffeur... Supporter leurs visages bovins plongés dans leurs jeux vidéos (« Avec Maman et Francis on a le droit ! »), leurs pyjamas Spiderman, leur Titeuf et leur Bob l'éponge... Avant, on n'avait rien réussi, maintenant on était bien sûr d'avoir tout raté. Putain de garde partagée... Une semaine sur deux de double peine, le boulot et les chiards. Une semaine sur deux à ne pas – trop – picoler, à ne pas pouvoir lire ni voir les copains, les seules choses qui, finalement, rendaient l'existence supportable.

Restait Michel et sa maladie d'amour arrosée de Baron de Lestac, les souvenirs des espoirs un peu niais jaillissant des flammèches d'un feu de camp, les cadavres littéraires alignés dans leurs boites Ikea et un vieux poster parlant d'Ordre Nouveau...

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La fin

17 Avril 2015, 00:10am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

L'atmosphère saturée de tabac piquait les yeux, l'alcool ruisselant dans la gorge prenait le goût du sang. Le bruit martelait le crâne, la musique devenait une souffrance, c'était cette période de la nuit qui ne laisse de place qu'à la violence et à la haine. La cour des miracles des paumés s'agitait encore mais ne croyait même plus à sa propre danse macabre. Les masques avaient fondus et coulaient lamentablement comme le fard à paupières. La misère avait définitivement pris le pas sur la prétention. Les évocations de Bernanos et de Drieu avaient cédé la place aux piteuses confidences, à l'exhibition de fêlures, les hussards désarçonnés avant même d'avoir combattus léchaient avidement leurs plaies et leurs bosses, on ne cherchait plus qu'un orifice où se vider, un truc un peu dur à se prendre quelque part, juste histoire de se sentir moins seul, d'avoir moins l'impression de crever, de pourrir sur pattes... Repousser l'ennui, la fatalité. Il étaient tous là, les fonctionnaires de la dissidence, les petits marquis de la rébellion, les appointés de l'anti-conformisme... Trop subtils pour être militants, trop délicats pour s'engager, trop géniaux pour travailler, trop vaniteux pour aimer, ils traînaient leur suffisance amère d'un zinc à l'autre, d'un cocktail à une soirée sous-mondaine, prenant la somme de leurs échecs pour le gage de leur pureté. Ils étaient des « anciens » mais on ne savait plus trop de quoi, une bagarre estudiantine était leur Austerlitz, trois lignes dans un canard de province leur apogée et une demie garde à vue les autorisait à parler comme d'anciens combattants. Tout en la singeant, ils vomissaient la bourgeoisie qui se refusaient à leurs avances et leur fermait ses salons au sein desquels ils auraient tant rêvés d'être impolis et décalés. Fausse aristocratie du naufrage satisfait, bien au chaud dans le ghetto de leurs pompeuses certitudes, ils s'étourdissaient à expliquer et commenter ce sur quoi ils n'avaient aucune prise. Se tuer à coups d'alcool et de drogue étaient leur unique héroïsme. Putes catholiques, anorexiques cocaïnomanes, nazis-branchés, facho-gays, travelos monarchistes, païens cadres bancaires, comptables évoliens, nietzschéens en cours de psychanalyse, écrivaillons componctieux, ils se pensaient, ou du moins essayaient encore, adversaires d'un monde et d'une modernité dont ils étaient les plus éclatants symptômes.

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