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A moy que chault!

Pépé vieux

11 Novembre 2020, 21:33pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Chaque cérémonie liée à la guerre de 14/18 me fait penser à mon « pépé vieux » qui n'était pas mon arrière-grand-père mais le « deuxième homme » de mon arrière-grand-mère... Le premier, ivrogne et violent, n'ayant pas eu le bon goût de mourir, c'était une situation alors très scandaleuse au fin fond du Cantal... Mais ça, je ne ne l'apprendrais que plus tard, à l'âge qu'on dit de raison. Et à vrai dire, je m'en moque assez largement, pour ne pas dire complètement.

Béret, bretelles, casque colonial vissé sur la tête quand il utilisait sa mobylette, « Pépé vieux » était une sorte d'archétype de français, de caricature dirait sans doute un éditorialiste de Libé.

Il aimait pêcher, jouer à la belote et s'engueuler avec ses copains. Bedonnant et fumant cigarette sur cigarette, il n'aurait pas plu davantage aux adeptes de « l'homme nouveau », du « surhomme nietzschéen » et autres fanatiques des statues d'Arno Breker. Il avait fait la guerre, plusieurs fois décoré, notamment pour « s'être porté volontaire pour des missions particulièrement périlleuses ». Ce terme de « volontaire » le faisait beaucoup rire... « Aussi volontaire que quand ta mère te demande de mettre la table ou d'aller faire tes devoirs... » s'amusait-il.

Horloger de formation, ayant « perdu la main » durant ses années sous les drapeaux, il avait été embauché comme ouvrier dans une grosse manufacture de montres de la région. Après quelques mois, son patron, compagnon de tranchées, l'avait pris à part pour lui dire qu'il « se gâchait » et devrait se mettre à son compte. Il n'avait pas d'argent, le patron lui prêta le nécessaire pour acheter une boutique au centre d'Aurillac avec pour seule garantie de remboursement une solide poignée de mains.

«Pépé vieux » travaillait donc sur l'établi au fond de la petite « bijouterie/horlogerie » qui jouxtait le square où nous allions donner du pain aux cygnes. Quand nous venions le voir avec mon père, il fermait l'échoppe, quelle que soit l'heure, et nous partions nous promener. Il me semblait déjà avoir cent ans, il n'en avait guère moins. Je ne parviens pas exactement à discerner ce dont je me souviens véritablement de ce qui m'a été raconté par la suite, mais je garde de ces moments un sentiment de bien-être cotonneux, d'amusement émerveillé, de doux bonheur, un peu comme durant ce temps fugace et incertain qui suit un songe agréable... L'ai-je vraiment vu cracher sous les pieds d'un autre vieillard, boiteux, parce qu'il était l'un des « tondeurs et des assassins » qui avaient terrorisé la ville à l'heure de la « libération » ? Ai-je vraiment vu ses yeux briller de larmes à l'annonce de l'obtention de l'agrégation de lettres par le paternel ? L'ai-je vraiment entendu railler mon grand-père et sa « guerre de 40 » qu'il qualifiait de « grande course à pieds » ? Je ne sais... Peut-être pas... Sans doute pas...

Souvenirs épars et recomposés, il me reste en tout cas l'image du visage de cet homme et de ses mains, immenses et craquelées, dont je peine encore aujourd'hui à comprendre comment elles pouvaient réaliser des travaux aussi minutieux... Il me revient aussi son rire, ou celui que j'aurai voulu qu'il eût, peu importe après tout... Le rire d'une France disparue que j'entends résonner en contemplant ses médailles et pleurant ce que nous sommes devenus.

 

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Les ruines du Sacré Coeur

6 Octobre 2020, 13:37pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Le Sacré Coeur est un édifice assez laid et vulgaire qui domine Paris de toute sa lourde mollesse de grosse meringue alanguie. Le Sacré Coeur n'a de sens et d'intérêt qu'en tant que témoignage historique, en tant qu'élément et illustration de la mémoire nationale. Séparé de son contexte mémoriel, arraché à la chronologie du grand roman français, il n'est qu'une faute de goût architecturale que l'on ferait aussi bien de raser pour y rebâtir des maisons populaires.

Le grand-père assis sur un banc qui, d'un geste mécanique, donne du pain aux pigeons déjà obèses est un vieillard peu amène, solitaire et bourru. Il n'est un homme extraordinaire qu'en tant que maillon d'une chaîne familiale et d'une histoire collective, par son passé militaire, par ses aventures lointaines, là-bas au levant, par ses drames traversés, par ses victoires amères et ses glorieuses défaites... Mais si personne ne les raconte, ne les transmet, que même ses petits-enfants les ignorent, il n'est qu'un vieil homme fatigué, un laisser pour compte que l'on visite avec ennui et agacement deux ou trois fois par an.

Cette ville que l'on habite, ces rues où l'on loge ou que l'on parcourt, on ne peut les aimer, les ressentir et les défendre que si l'on connaît ceux qui en ont foulé le pavé avant nous et dont nous sommes les successeurs.

Cette plaque commémorative poussiéreuse, accrochée à un mur, ce monument aux morts devant lequel on passe quotidiennement, ne sont que des éléments d'un décor factice et sans intérêt si les noms qu'on y lit ne réveillent pas notre longue mémoire, ne nous racontent plus l'histoire de notre terre et de notre sang, ne nous évoquent plus le fracas de batailles ou les joies de lectures passées.

La mémoire, la connaissance, la curiosité, l'apprentissage et la culture ne sont pas des ornements bourgeois, des parures de dîners en ville, des décorations d'ambiance ou des préoccupations d'oisifs trop nourris, ce sont les indispensables éléments constitutifs d'une possible vie commune, d'un véritable lien communautaire, le ciment fondateur d'une existence collective, organique, de cette fameuse «common decency » si chère à Orwell.

Car on ne peut véritablement aimer ni respecter un lieu anonyme, indifférencié, purement fonctionnel, pas plus que l'on ne peut aimer et respecter des hommes atomisés, clones sans âme ni passé, réduits à l'implacable banalité et à la sinistre médiocrité de leur individualité, simplement prolongée d'accessoires économiques. Il ne peut y avoir de solidarité, d'entraide et de projets collectifs simplement décrétés, imposés, exigés d'individus indifférents les uns aux autres, porteurs de leurs seuls besoins et désirs personnels, séparés de toute conscience réelle et charnelle d'appartenance à un être collectif.

S'il faut défendre, à toutes forces, la culture générale, l'enseignement de l'histoire et de la géographie, du grec et du latin, l'orthographe, la Princesse de Clèves, les concours et les grandes écoles, le cinéma d'auteur, la gastronomie, le prix unique du livre, la gratuité des musées et bibliothèques, le théâtre classique... ce n'est pas par snobisme de petits esthètes de salons mais parce qu’aucune société décente n'est possible ni viable sans ce trésor commun, trésor partagé, à des degrés divers, par tous.

Sans lui, aucune lutte à mener, aucune victoire envisageable car aucun ennemi à combattre, ceux-ci n'ayant plus rien à conquérir ni à piller...

Zentropa

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Ryssen

24 Septembre 2020, 22:09pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Le taux d'occupation des prisons françaises approche les 120%. On libère préventivement des multirécidivistes - dealers, braqueurs, cambrioleurs, violeurs...- pour « faire de la place » et on multiplie les «peines alternatives » à l'emprisonnement pour toutes les racailles de l'hexagone afin de ne pas « hypothéquer leur avenir » et ne pas les plonger dans « l'école du crime »... Mais pour un écrivain mal pensant, dérangeant, « révisionniste» - dont on a le droit de penser ce que l'on veut mais qui n'a ni sang, ni vol, ni agression ni malversation sur les mains -, on trouve aisément une place derrière les barreaux. Cette situation n'est pas seulement injuste, elle est aberrante, scandaleuse, imbécile et intolérable à tous les points du vue.

Nous le savions certes déjà, mais nous le constatons une fois encore, nous ne sommes plus dans un état de droit. Il n'y a plus aucune proportionnalité entre les délits et les peines, plus de cohérence dans les condamnations et plus de sérénité dans les tribunaux où l'idéologie a pris le pas sur l'équité et le droit. Personne n'est à l'abri. La solidarité est notre seule maigre force, au-delà des appétences personnelles, des divergences politiques et des antipathies ou inimitiés personnelles.

 

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Les libertés, principales victimes du Covid?

24 Septembre 2020, 15:23pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

L’alarmisme du gouvernement et sa gestion à la fois confuse et autoritaire de la crise du Covid 19 ont une nouvelle fois frappé hier soir par la voix du ministre de la santé, Olivier Véran. Au programme : une nouvelle série de restrictions et d’interdictions visant essentiellement le petit commerce et les loisirs des français.

Rassurez-vous, chers lecteurs parisiens, vous pourrez par contre continuer à vous entasser matin et soir dans les transports en commun pour vous rendre sur vos lieux de travail et en revenir  ! Dans ce domaine, pourtant crucial si on croit les appels frénétiques à la «  distanciation  », aucune annonce.  Mais par ailleurs, pour vous délasser à la fin de la journée ne comptez plus sur les salles de sports, les salles de fêtes, ni mêmes les réunions familiales dépassant 10 personnes. Vous pouvez encore –pour le moment – aller grignoter un morceau au resto du coin mais on vous conseille d’oublier l’entrée et de zapper le digestif  car à 22 heures, c’est le couvre-feu  !

Une fois encore on pourra noter l’extrême cohérence du dispositif présenté. Mais ayez confiance, c’est pour votre bien  ! Il ne faudrait pas en effet que le méchant Covid, qui vous a épargné durant votre heure de RER et de métro passée agglutiné à une foule compacte venue d’un peu partout, ne vous fauche impitoyablement alors que vous dégustez un navarin d’agneau attablé avec votre compagne ou que vous assistez au baptême du petit neveu  ! Soyons sérieux, l’heure est grave  !

D’ailleurs tout le personnel politique, dans un bel unanimisme républicain, applaudit chaque nouvelle mesure coercitive. Il n’y a guère que la nouvelle maire de Marseille pour râler un peu, vexée de n’avoir pas été consultée avant que l’on annonce l’assassinat des restaurants et des bars de sa cité… Il est vrai qu’elle n’imaginait sans doute pas que la vengeance anti-Raoult du gouvernement serait si sévère.

Mais sinon personne ne moufte. Face à une vie de plus en plus réduite au triptyque jadis dénoncé «  Métro, Boulot, Dodo  », face à la destruction volontaire des derniers liens familiaux, face à la disparition programmée du petit commerce et de l’hôtellerie/restauration indépendante (ne vous inquiétez-pas, les multinationales ont déjà les plans de remplacement…), face à la suspension des libertés publiques et privées… rien ne se passe.

Certes, le gouvernement peut compter sur des forces de l’ordre particulièrement zélées pour faire appliquer ses mesures de contrôle sociale, des policiers et gendarmes aussi efficaces et intransigeants face aux récalcitrants au port du masque permanent qu’ils sont discrets et impuissants face aux racailles qui ensanglantent quotidiennement nos existences.

Mais la peur du gendarme n’est pas la seule explication. L’aphasie du peuple français, sa soumission servile, et même parfois enthousiaste, aux injonctions les plus absurdes et les plus contradictoires, doivent nous pousser à nous interroger. Jusqu’où est-on prêt à aller dans l’acceptation d’une infantilisation autoritaire nous privant peu à peu de toute autonomie et de tout droit à faire nos propres choix  par crainte – largement irrationnel lorsque l’on a pas de pathologies ni un âge avancé – pour notre « santé » ? Quel est l’intérêt de  « préserver sa santé »  pour vivre une insipide existence de reclus ? La vie n’est-elle que la survie ? Vit-on uniquement pour ne pas mourir ?

Et par ailleurs, pendant combien de temps et jusqu’à quelle nouvelle aberration, va-t-on avaler et prendre pour argent comptant, sans analyse critique, sans réfutation, les déclarations d’un personnel politique qui a maintes fois fait la démonstration de son indifférence au sort des français voir de son hargneuse hostilité envers ceux-ci (répression des gilets jaunes, organisation de la submersion migratoire, laxisme sécuritaire et judiciaire…)  ?

L’instauration progressive d’une tyrannie sanitaire nous oblige à nous poser ces questions, et surtout à y répondre rapidement, avant qu’il ne soit trop tard.

Xavier Eman

 

(Source: Paris Vox)

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Le T-Shirt de l'été!

11 Juillet 2020, 14:06pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Idéal pour la plage.

En soutien à la revue Zentromag.

25 euros port compris (France). contact: zentromag@gmail.com

 

 

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Comment finir par faire la promotion du KKK en prétendant lutter contre le racisme ?

6 Juin 2020, 11:30am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Une recette simple, facile, et efficace.

Prenez un fait divers tragique, comme par exemple l'arrestation houleuse d'un homme noir qui tourne au drame avec le décès de ce dernier. Avant toute enquête et tout jugement, faites de cette mort un meurtre raciste révélateur d'une discrimination structurelle et haineuse touchant les forces de l'ordre mais plus globalement toute la société occidentale et dont chaque blanc, où qu'il se trouve sur la planète, est à titre personnel en partie responsable et coupable.

Parallèlement, ignorez et feignez de méconnaître les innombrables agressions quotidiennes, les viols, les insultes, les tabassages, les humiliations, les meurtres gratuits, les coups de couteaux dont sont victimes des blancs de la part de membres de minorités. Déclarez posément que ça n'a rien à voir, que ça ne compte pas, que ce n'est pas le problème. Exigez de ces mêmes blancs qu'ils demandent pardon pour les crimes imaginaires et fantasmés de leurs lointains ancêtres et qu'ils rampent devant ceux-là même qui leur pourrissent la vie au quotidien bien qu'il n'aient aucunement souhaité leur présence sur leur sol, bien au contraire. Enfin, expliquer aux dits blancs qu'il n'ont qu'une seule et unique alternative : soit être de sales racistes à jamais coupables de tous les maux du monde et de tous les échecs des autres composantes de l'humanité, soit défiler à 4 pattes et en laisse à la prochaine manifestation « Black lives matter ».

Remuez-le tout et laissez exploser.

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Après la crise : le localisme, un impératif vital.

21 Mai 2020, 12:47pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Ma contribution au "Petit Daudet", mensuel de la Ligue du Sud.  

La crise du Covid-19, par son ampleur et sa gravité, a mis en lumière trois éléments majeurs, complémentaires, particulièrement intéressants pour tout patriote soucieux de rompre avec le système qui nous a amené là :

 

  1. La révélation de l'incapacité totale des instances et institutions transnationales, internationales - qu'elles soient européennes ou mondiales - à gérer la crise. Face au danger, chaque pays s'est refermé et a mis en place ses propres règles de gestion de crise (pour me meilleur ou le pire, c'est une autre question). On a ainsi assisté au retour de l'Etat-Nation qu'on nous disait mort et enterré.

  2. La prise de conscience par une grande partie de l'opinion des méfaits, impasses et dangers de la mondialisation. Le « Village global » qu'on vendait aux peuples s'est subitement transformé en un immense centre carcéral et, aujourd'hui, le système de la globalisation libérale est remis en cause par des voix de plus en plus nombreuses et d'horizons politiques divers.

  3. La mise à jour des mensonges de prétendues « obligations économiques », elle a révélé que les politiques d'austérité imposées aux populations européennes depuis des années n'étaient nullement des fatalités, mais bien le fruit de choix et de volontés politiques. En effet, alors qu'on nous explique depuis des années que les « caisses sont vides », qu'il n'y a plus d'argent pour nos retraites ou nos services publics, qu'il faut se « serrer la ceinture » et « faire des efforts », ce sont tout à coup des milliards d'euros qui sortent de partout, voir des dizaines de milliards qui sont annoncés par les gouvernements pour « faire face à la crise ». Le président Macron parle même d'effacer la dette africaine ! Hier, il n'y avait plus un sou pour payer les retraites de nos anciens, aujourd'hui ce sont des plans de plusieurs dizaines de milliards qui sont annoncés pour soutenir les entreprises et donc sauver le système ! Quand il est en danger , le capitalisme sait trouver des ressources ! Le mensonge libéral explose donc aux grands jours, on se moque de nous depuis des années, il n'y a pas de fatalité « économique », il n'y a que des options politiques au service des intérêts de l'oligarchie.

 

Les trois points que nous venons d'évoquer montrent une chose : la mondialisation libérale est fragilisée. Mais la bête n'est pas morte ! Le capitalisme a une extraordinaire capacité de résilience, d'adaptation. II a montré au cours du temps qu'il savait dépasser ses propres crises internes pour non seulement survivre mais souvent se renforcer. C'est pourquoi ceux qui crient déjà victoire, qui affirment que « plus rien ne sera comme avant » se trompent lourdement et risquent de terribles déceptions. Pour l'instant rien n'est fait, rien n'est joué. Etant donné la puissance du système, il y a même actuellement de grandes chances qu'au contraire, une fois la peur apaisée, tout redevienne comme avant, comme avant et même en pire, avec davantage de précarité sociale, moins de de droit du travail et toujours davantage de contrôle et de surveillance... C'est pourquoi il ne faut absolument pas rester actuellement passifs, attendre que les choses se fassent d'elle-même et que le système tombe tout seul... Au contraire il faut redoubler d'activisme politique et métapolitique pour faire entendre une voix dissidente et imposer dans le débat publique un modèle alternatif : celui du localisme.

 

Qu'est ce que le localisme ? Et bien c'est le contraire du mondialisme. Un journaliste français de gauche (pléonasme?) déclarait il y a peu, sur un ton de mépris, que le « localisme » c'était « le populisme appliqué à l'économie ». Et bien c'est un peu ça, c'est en effet un modèle économique au service du peuple et de la nation et non des intérêts financiers des actionnaires et des multinationales.

Le localisme consiste donc à privilégier ce qui est local, afin de favoriser la démocratie participative, la cohésion sociale et l'économie de proximité, donc l'emploi local et la préservation de l'environnement du fait d'une moindre empreinte écologique liée au transport de personnes et de marchandises.

Le principe qui la sous-tend est celui de la subsidiarité, c'est à dire que seul ce qui qui ne peut pas être fait à l'échelon local doit être recherché à l'échelon supérieur, régional, national, puis international. Les importations sont donc limitées strictement aux « choses » qui ne peuvent absolument pas être produites sur place, pour des raisons structurelles, géographiques ou climatiques par exemple. Ce principe a pour conséquence de rompre avec l'hyper-spécialisation, notamment en matière agricole, où la polyculture vivrière doit remplacer la monoculture intensive à visée commerciale et d'exportation.

L'augmentation des coûts de production et donc de vente liée à cette relocalisation des activités économiques doit être limitée et compensée par des mesures de protectionnisme économique et d'incitation fiscale. On peut ainsi imaginer une taxation (type TVA) indexée sur la distance de production du produit consommé. Plus le produit proposé a été fabriqué loin, plus la taxe est élevée (et inversement).

Ce localisme doit également, bien évidemment, être soutenu par la volonté et l'effort des populations qui devront comprendre l'augmentation du prix de certains produits. Cela induit de repenser nos modes de consommation dans l'optique de consommer moins, mais mieux. Cela induit une forme de « sobriété volontaire », débarrassée des gadgets et des achats inutiles voire toxiques, au profit d'un investissement plus important dans des produits utiles, locaux et sains. Sans ce changement de mentalité, sans cet effort individuel et collectif, il n'y aura pas de changement réel et significatif. C'est le consommateur qui doit imposer ses choix à la structure économique. Ca ne viendra pas d'ailleurs... Car non, il n'y aura jamais de tshirt « fabriqué en France » aussi peu cher qu'un tshirt « Made in Vietnam » fabriqué par des enfants-esclaves. Et, de la même façon, la tomate bio du maraîcher du coin coûtera toujours plus cher que celle importée de l'autre bout du monde ou de l'Eurrope, cultivée à grands coups de pesticides et de produits phytosanitaires dans des serres géantes chauffées au fioul, et, qui plus est, ramassée par des migrants clandestins.

Le localisme est donc une révolution économique, mais également morale, éthique et politique. Tous nos achats sont des actes politiques, à nous de les mettre à adéquation avec nos idéaux et nos espérances.

 

Xavier Eman

 

 

 

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Vivre

18 Avril 2020, 00:24am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

La pandémie du Covid-19 nous rappelle, avec une fracassante âpreté, que nous pouvons mourir demain, que c'est peut-être injuste mais que c'est comme ça. Ni plus ni moins que hier d'ailleurs, où nous pouvions glisser dans notre salle de bain ( 20 000 morts par an d'accidents domestiques...) ou périr d'une rupture d'anévrisme, sans cause, sans raison, sans « culpabilité» de qui que ce soit. La vie est ténue, fragile et éphémère. Elle ne vaut donc pas par sa longévité, incontrôlable, ni par l'espérance de se donner les moyens – aléatoires - de la prolonger au maximum, mais par son épaisseur, par sa nature, par sa densité, par son intensité, par son sens... Cela nous rappelle – et combien de façon impérieuse ! - qu'il ne faut pas reporter les projets, enterrer les vocations, repousser les combats, les marques d'affection, les preuves ou déclarations d'amour, qu'il ne faut faut pas « attendre le bon moment  pour », mais faire les choses, les dire, les expérimenter, les hurler, qu'il ne faut pas croire au rassurant confort ni à la protection de l'habitude, mais garder à l'esprit que tout est précaire, que tout se joue sur le fil... Il faut tout donner, ici et maintenant, car demain est un possible, pas une certitude... Il faut prier, chanter, aimer, s'enivrer, construire, se battre, rugir, mordre, griffer ou caresser dans l'instant qui nous est offert... Tous les calculs sont futiles et vains, puisque ce n'est pas nous qui décidons de l'addition. Nous ne sommes pas une accumulation d'années passées sur terre, nous sommes ce que nous créons, ce que nous transmettons, ce que nous ressentons, ce que nous construisons, ce que nous produisons, ce que nous incarnons...

Que vaut une vie « confinée » ? Elle n'est plus que survie. Contre le confinement : l'explosion ! L'explosion des sens, des idées, des envies, des risques, des luxures, des excès, des choix, des affirmations, des refus, des violences, des espérances et des brasiers !

Quitte a à perdre sa vie, autant avoir vécu.

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L'économie légionnaire

7 Avril 2020, 21:10pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Nouvelle émission de "Radio Paris Vox" sur Méridien Zéro

 

 

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Eloge de Patrick W.

6 Avril 2020, 23:49pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

En ces temps sanitairement incertains, il n'est pas bon de reporter l'expression de ses sentiments amicaux, reconnaissants ou admiratifs... J'ai toujours pensé – et je crois m'être un peu employé à incarner cette idée – qu'il était important de ne pas attendre les enterrements et les tombeaux pour exprimer ses inclinaisons, ses affections, ses affinités, tout autant que ses détestations, ses haines et ses dégoûts. Il faut affirmer sa pensée à l'heure où ceux à qui elle est destinée, amis ou ennemis, sont encore là pour l' entendre. Les crachats sur les tombes n'ont pas plus d'utilité que les pluies de roses.

La pudeur des hommes les empêchent souvent de se dire les choses, qu'ils puissent au moins les écrire.

Je connais un homme qui tous les matins, à 6 heures, – en fait, il est vrai, deux matins sur quatre – enfile ses gants et son bleu de travail pour accomplir des tâches manuels et utilitaires. Durant sa journée de labeur, il fréquente des gens qui n'ont pas tous lu Chateaubriand, qui parlent fort et se tapent sur les côtes. Il boit des verres avec eux, s'amusent de leurs gauloiseries, en rajoute à son tour. Il est l'un d'entre eux. Il est aussi, par ailleurs, le créateur et l'animateur de ce qui est sans doute la meilleure, la plus riche et plus originale, revue littéraire française. Il ne fait partie d'aucune coterie, n'appartient à aucun salon, n'est invité nulle part, reconnu encore moins... Il n'écume ni le Café de Flore ni la Closerie des Lilas... Mais depuis des années, avec opiniâtreté et abnégation, il s'évertue à défendre farouchement la mémoire des grands noms de notre patrimoine littéraire et à en faire découvrir les jeunes pousses prometteuses... Sans jamais rien oublier, rien renier, de ce qu'il est, de ce en quoi il croit, de l'amour de son pays Messin à son admiration pour Jean-Marie Le Pen, avec l'ouverture d'esprit de ceux qui, justement, sont suffisamment solides sur leurs fondamentaux pour s'aventurer dans des terres inconnues... Son parcours n'est pas simplement incongru, il est improbable. C'est un être adorable et irritant, devenant autiste passé un certain degré d'alcool, un rêveur raisonnable, un pragmatique excessif, le meilleur des hôtes et le plus pénible des camarades à raccompagner tardivement d'un bar, persuadé qu'il est que son « destin » l'autorise à toutes les excentricités et toutes les provocations... C'est mon ami, et j'en suis drôlement fier.

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