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A moy que chault!

THE fils de pute

25 Juillet 2018, 01:18am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

 

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Un avant-goût d'enfer

21 Juillet 2018, 22:47pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Avoir le sentiment de vivre en permanence dans un milieu hostile est non seulement épuisant pour les nerfs, accablant pour le moral et devastateur pour l'humeur, c'est aussi un puissant excitant pour une misanthropie qui, généralisée, condamne définitivement toute idée de vie collective tolérable et apaisée, pour ne pas dire - ne rêvons pas - agréable. D'autant plus quand ce "sentiment" n'est pas qu'une impression vaguement irrationnelle et paranoïaque, mais bien le fruit de l'expérience, du constat, du vécu, de l'observation. 

C'est ainsi que l'utopie mortifère du "vivre ensemble" a implacablement assassiné le collectif, le partagé, le communautaire. Des bals du 14 juillet à la fête de la musique, en passant par le réveillon du nouvel an ou la célébration d'une quelconque victoire sportive, toutes les occasions de festivités de groupe sont devenues des "événements à risques" où les chances de se faire embrouiller, agresser, voler, violenter sont plus importantes que celles de passer une simple bonne soirée.  Même quand les choses ne finissent pas dans les bris de verre, les gaz lacrymogènes et les sirènes de police, la tension est toujours présente, l'inquiétude palpable... Un oeil sur son protefeuille, un autre sur sa copine qui aurait peut-être dû mettre une jupe un peu plus longue... La vie urbaine moderne  s'est transformée en une longue suite de prudences, d'avalages de couleuvres, de détournements de regards, de stratégies d'évitement, de micro-soumisssions, de manoeuvres visant à ne pas se retrouver dans la situation de n'avoir plus qu'à choisir entre être vraiment une grosse merde ou se prendre un coup de couteau... L'argent aide beaucoup pour cela: les taxis, les quartiers "préservés", les gros bras à l'entrée des bars... Mais même cela ne suffit pas toujours... Passée une certaine heure, tout le monde serre un peu les fesses, ca sent le calcife humide, mais pas d'excitation... L'air de rien, sur le chemin du retour, faute d'Uber disponible, on change de trottoir, de wagon de métro ou de RER, on presse le pas, on devient sourd à la remarque déplacée ou à l'insulte...  Sans l'avouer, sans le dire, bien sûr, et surtout sans désigner les responsables de ce climat délétère, étouffant, abject, invivable... Péter de trouille, ok, mais sortir du camp du Bien, être un "salaud", ça pas question, jamais! Heureusement, derrière sa porte blindée et ses trois digicodes, on peut enfin redevenir un humaniste mondialiste pro-migrants... Un mec bien. 

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L'après-football...

16 Juillet 2018, 16:24pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

 

Qu’un peuple ait besoin d’exutoires, c’est dans sa nature, de tous temps. C’est quand il n’a plus que ça pour se sentir peuple que les choses deviennent inquiétantes, voire tragiques.

Tout, ou presque, a été dit sur cette Coupe du Monde qui a occupé monopolistiquement l’espace médiatique (c’est-à-dire la néo-réalité de la majeure partie de nos concitoyens) ces deux derniers mois. Entre les ronchons snobinards anti-foot, les démagos populistes pro-ballon rond, les sociologues des foules, les éternels épigones de Muray et leur inusable critique du « festivisme », les philosophes centristes adeptes du « ni oui ni non », les politiques opportunistes et manipulateurs, les experts en comptage racial, les accablés, les enthousiastes et les rigolards (plus rares en ces temps de sérieux compassé), toutes les analyses ont été faites, plus ou moins pertinentes, plus ou moins intéressantes, contenant chacune une petite parcelle de vérité.

Le temps d’une compétition internationale, nous sommes tous devenus des commentateurs sportifs. Avec divers degrés d’aisance, de brio, mais en étant toujours très « concernés ». Il est vrai que le commentaire, de Facebook à la machine à café, est devenu notre activité principale, pour ne pas dire unique, nous qui sommes de moins en moins acteurs de nos existences individuelles et collectives. Calés derrière nos écrans, nous palabrons autour du temps qui passe. Et, à l’occasion, nous nous entretuons même, lorsque notre logorrhée contemplative se heurte à celle d’un autre, toute aussi passive mais éclairée différemment.

Pendant ce temps, les issues s’éloignent et les alternatives restent virtuelles.

Notre dissidence, pour détourner le titre d’un Audiard assez moyen, «elle boit, elle fume, elle drague, et elle cause. »

Malgré la sincérité de nos espoirs, de nos appétences, nous ne parvenons pas à nous extraire de l’immédiateté, de l’agenda événementiel et émotionnel qui nous est imposé par l’adversaire. Notre rupture intellectuelle avec l’époque ne se prolonge toujours pas par une rupture concrète, physique, existentielle avec celle-ci. Nous sommes rongés par des outils et instruments que nous avons eu la prétention de croire pouvoir maîtriser mais dont nous sommes devenus les esclaves empressés, toxicomanes accrocs au numérique. Peu à peu, nous finissons par ressembler  à des ersatz low-cost de Lorenzaccio, incapables de percevoir que nous nous confondons déjà avec les masques que nous pensons porter par habileté et stratégie quand il ne s’agit que d’intérêt et de facilité.

Nous avons plus que jamais besoin de terre, de pierres, de papier, d’encre, de grand air, de travail, de chants et de poésie mêlée d’intemporalité et de transcendance.

Plus d’entrisme ni de gramscisme (concepts épuisés aux résultats toujours reportés…), le communautarisme sécessionniste.

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Le drame

10 Juillet 2018, 16:07pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Horreur et damnation, sonnez le tocsin, la démocratie est en danger !

Les visages sont graves, les regards durs, les mines fermées, les poings tremblent presque de colère…

Mais que se passe-t-il-donc ? Encore un jeune militant de vingt ans envoyé au trou plusieurs mois pour s’être défendu dans la rue ? Trop de sites censurés, de facebooks fermés, de concerts interdits, de procès intentés ? Trop d’historiens bâillonnés, jetés au cachot ? Trop de vieillards embastillés ? Non, non, rien de tout cela. C’est bien plus terrible : Deux juges ont décidé de suspendre (temporairement) le déferlement de pognon. Et ça, les enfants, c’est grave. C’est un « attentat », une « tentative de meurtre », une véritable « persécution »… Rien de moins.  D'autant plus pour des peccadilles – emplois fictifs, dépenses excessives, détournements… - auxquelles tout le monde s'adonne et que « c’est trop injuste que ce soit seulement nous qui soyons sanctionnés » !

On comprend fort bien l’effroi suscité par une telle annonce au sein d’une structure habituée depuis des années à vivre grassement sur la bête sans avoir de compte à rendre à personne, ni à ses électeurs, ni à ses militants, et donc encore moins aux juges…  Un salaire à 5 ou 6000 boules qui menace de ne pas être versé en temps et en heure, ça fait grave mal au cul, même quand on est un super militant désintéressé et entièrement dévoué à la cause.

L’impact sur la cause, d’ailleurs, parlons-en ! Sans argent, plus de fête des BBR, plus de manifestation nationale pour Jeanne d’Arc, plus de revue ni de journal, plus de cercles de formation, plus de conférences, plus de salles de sports et de bars associatifs pour les jeunes, plus de publication de livres ni d’éditions de disques, plus de site d’information et d’investigation, plus de structures d’accueil social et de soutien scolaire, plus d’aide aux organisations « amies »…

Pardon ? Que dites-vous ? Tout cela n’existe pas ou plus depuis bien longtemps déjà ?! Ha ben, mais alors, il sert à quoi tout ce pognon ?

On vous l’a dit : à payer les loyers, les salaires, les notes de frais et accessoirement quelques caisses de champagne.  Ha. Bien. On comprend donc toute l’importance vitale pour la démocratie que cet argent soit rapidement débloqué. Il en va de l’avenir du pays.  

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Epouvantails

2 Juillet 2018, 12:10pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

via Zentropa

Chaque ministre de l'intérieur se doit de déjouer sont « complot terroriste d'extrême-droite » ( mouvance rebaptisée « Ultra-droite radicale extrémiste paroxystique » dans les grands médias). C'est un passage obligé, presque un rituel, un rendez-vous à caser obligatoirement quelque part dans son agenda entre une décoration d'un migrant méritant et une rupture du jeûne en compagnie des musulmans « modérés et républicains ». Cette obligation professionnelle permet, grâce à l'aide empressée des domestiques journalistiques, de faire accroire que « la haine, le danger, la violence » viennent « de partout », de tous les « extrémismes » quels qu'ils soient et que la droite « radicale » ne vaut pas mieux que les assassins barbus qu'elle dénonce et prétend combattre. Pour accréditer se scénario, on trouve régulièrement, sans trop de peine, une petite bande de pieds nickelés, manipulés, paumés, exaltés, désespérés (rayez la mention inutile) à jeter en pâture à l'opinion publique et à embastiller pour le coup avec toute la célérité et la sévérité dont est capable le système dès lors qu'il s'attaque à des individus se situant à l'extérieur du sacro-saint « camp du Bien ». Ce ne sont généralement que des collectionneurs d'armes historiques, des péroreurs de réseaux sociaux ou des gamins fourvoyés et excités par des vieilles ganaches irresponsables... Mais peu importe, ils doivent payer – et lourdement – afin de maintenir en vie l'illusion d'un « équilibre des terreurs », le fantasme (que parfois eux-mêmes nourrissent, il est vrai, mais sans en avoir les moyens) d'une « extrême droite violente, organisée, structurée, capable de « passer à la lutte armée »... Personne d'un peu tant soit sérieux ne croit évidemment à cette thèse ridicule mais ni les médias ni les foules ne sont composés de gens sérieux. Donc cela fonctionne plus ou moins, malgré un très gros bémol qui est que le tas de cadavres qui grandit sur le sol français, lui, n'a qu'une seule origine, un seul responsable : la barbarie islamiste. Les égorgés, les poignardés, les mitraillés, les écrasés le sont exclusivement par des musulmans fanatiques, des allogènes haïssant la France... Du côté de « l'extrême droite », on se borne à des « projets d'action aux contours imprécis », à base de grenade à plâtre et de fusils de chasse... Car c'est là l'une des grandes spécificités du « terrorisme d'extrême droite » depuis 40 ans : c'est un terrorisme sans victime. On s'en félicite, bien sûr, mais c'est tout de même là un critère qui devrait faire relativiser le phénomène et décrédibiliser quelque peu ceux qui agitent frénétiquement ce chiffon rouge mité. Alors peut-être un jour devra-t-on laisser, pour les besoins du « story-telling », l'un ou l'autre de ces enfants perdus ou de ces têtes brûlées passer à l'acte. Fort heureusement, il y a peu de chance que cela soit pour demain, car, dans ce cas, il est fort probable que la ou les communautés visées ne réagiront pas seulement avec des bougies, des peluches, des pleurnicheries et des hymnes à la tolérance comme toute bonne victime francaoui qui se respecte... Et cette situation, le système n'est sans doute pas encore prêt à l'assumer et à la gérer. Mais qui sait, s'il est un jour dos au mur, tout peut arriver. Et c'est bien pour cela qu'il convient de garder la tête froide, de se défier des agités, d'écarter les provocateurs, de ne pas romantiser ou glorifier la violence et de ne pas confondre radicalité et nihilisme... Nous devons travailler, construire, expliquer, créer, fonder, aimer, et non pas tomber dans les pièges les plus grossiers de ceux qui ne rêvent que de caricatures et de de tragi-comédies à exhiber au journal de 20 heures. Nous devons être des soldats politiques, pas des voyous, ni des apprentis assassins.

 

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Jurassic Park

23 Juin 2018, 19:12pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Je me remémore les amis de mon père, aujourd'hui presque tous décédés, et ne peux m'empêcher de penser qu'une certaine race d'hommes a disparu.

Ils avaient tous des grandes paluches, des épaules solides, des rires francs et des gueules si typiquement françaises. Ils ressemblaient aux seconds ou troisièmes rôles des films de de Duvivier ou d'Audiard. Ils s'appelaient Tony, Loulou, Pierret, Jean, Henri... Ils vendaient des vélos, des chevaux, étaient fonctionnaire à la poste, plombier, assureur ou bistrot. Ils avaient tous fait au moins une guerre, grande ou petite, pas toujours dans le même camp. Ils débattaient, s'énervaient, s'engueulaient, commentaient le rugby ou le Tour de France avec la même verve et la même emphase que les dernières élections, buvaient des coups et jouaient à la belote. Ils étaient de leur pays, par la race, par le savoir, par l'accent, par l'amour... Ils connaissaient la liste des rois de France et des départements, des poèmes et des chansons par cœur. Ils n'étaient ni très riches, ni très glorieux, mais travailleurs et dévoués à leur métier, à leur famille. Et tellement drôles et regorgeant d'anecdotes que, lorsque j'étais enfant, je ne connaissais pas de spectacle plus passionnant et divertissant que de braver les horaires maternels de coucher pour les écouter encore et encore... Même en sachant qu'ils mentaient parfois partiellement ou enjolivaient un peu... Et même si à certaines occasions, je m'ennuyais ou ne comprenais pas tout, apercevoir le bonheur que suscitait dans leur yeux le fait qu'un gamin s'intéresse à leurs vieilles histoires me suffisait. Je les respectais et les admirais. Ainsi, grâce à eux, ai-je vécu, presque charnellement, la campagne de France, l'exode, l'occupation, la résistance, le marché noir, l'épuration, la guerre d'Indochine et celle d'Algérie, mais aussi le marché aux boeufs de Brive-la-Gaillarde, les bagarres après le derby Aurillac-Clermont, l'arrivée de la télévision, les coucheries de la mère Josette, la fuite pour escroquerie du notaire du Mauriac, le dernier tour de chants de Fernandel, l'ouverture du premier Uniprix, la révolte de Poujade...

Ce sont eux mes français, ce sont eux ma France. Ils n'ont rien à voir avec les gens que je croise tous les jours dans le métro. Je n'ai, moi aussi, plus grande chose à voir avec eux, si ce n'est des souvenirs.

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Il faut sauver le soldat Présent!

6 Juin 2018, 21:07pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Lorsque l'on évoque la quotidien Présent avec des gens « du milieu » qui ne sont pas des fidèles lecteurs de ce titre historique du combat national, on est souvent confronté à un certain nombre de reproches, de critiques, quand ce n'est pas un simple désintérêt vaguement blasé... Toujours trop ceci et pas assez cela... Trop catho pour les uns, pas assez pour d'autres... Trop vieillot, trop réac, trop droitard, pas assez fun, pas assez radical, pas assez (ou trop) FN… Toutes ces critiques, je veux bien les entendre, certaines ne sont pas totalement infondées... J'ai moi-même encore un peu sur l'estomac la « une » hagiographique pour le décès de Serge Dassault ou certaines diatribes demandant presque la pendaison immédiate de tous les « fichés S » alors que certains camarades « bénéficient » eux-aussi de ce traitement administrativo-policier pour des raisons qui n'ont bien évidemment rien à voir avec le djihadisme islamiste. Ceci étant dit, outre le fait que ces critiques sont très souvent exprimées par des gens qui n'ont pas acheté -et encore moins lu – un numéro de Présent depuis fort longtemps, j'inverserais pour ma part la problématique et poserais les questions suivantes : Quel est le seul quotidien qui donne la parole au Bastion Social, fait sa couverture sur une action de Génération Identitaire ? Où peut-on trouver les recensions des livres de Bernard Lugan, Alain de Benoist ou Reynald Sécher, des chroniques de musique Country et les annonces des soirées Livr'arbitres ? Qui rend hommage à Jean Mabire ? Qui parle encore de la vie des Saints qui rythme notre calendrier ? Qui interroge encore des ecclésiastiques de la Tradition? Qui, dans le paysage médiatique, s'affiche fièrement, dans tous les kiosques, patriote, identitaire et catholique ?

Alors oui, bien sûr, Présent est imparfait, comme toute aventure intellectuelle, politique et humaine, il ne correspondra jamais à 100% de nos choix, de nos convictions, de nos aspirations - parce qu'il un quotidien national, éclectique et divers, rédigé par des hommes et des femmes qui n'ont heureusement pas un profil unique – mais il reste un îlot de liberté et d'indépendance dans le marais crapoteux de la presse aux ordres, unanime, moutonnière et insipide, grassement stipendiée par les milliardaires affairisto-mondialistes.

Le journal de nos rêves, libre à nous de le créer, de le lancer, mais en attendant, écartons déjà le cauchemar que serait la disparition de Présent. Car si Présent s'éteint, c'est, face à l'immense et tonitruant orchestre de la bien-pensance et du politiquement correct, une petite musique de résistance et de dissidence qui disparaît. Elle sont fort rares aujourd'hui et de ce fait d'autant plus précieuses.

Donc, par l'abonnement, le don ou la publicité, soutenons et aidons Présent. C'est un acte simple mais important à poser. Ici et maintenant.

 

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RDV

30 Mai 2018, 19:49pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

RDV

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ISSEP: le programme des cours

27 Mai 2018, 14:55pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Module économie

  • « Fusions, Acquisitions, Traditions »

  • « Start-up identitaires : comment faire du neuf avec du vieux ? »

  • « Le code du travail : un vestige socialiste. »

  • « Travail en intérim, à temps partiel : de nouvelles libertés ? »

  • « Suppression du SMIC, un tabou à dépasser. »

 

Module Philosophie/Religion

  • « Jésus, un entrepreneur incompris. »

  • « L'argent, un signe d'élection divine ? Ce qui nous rapproche de nos frères juifs et protestants. »

  • « Aimer et licencier : pourquoi c'est compatible. »

     

    Module Histoire/Littérature :

  • « Germinal, Les Misérables... la falsification de l'histoire par la littérature gauchiste. »

  • « Les maîtres des forges : des humanistes diffamés. »

  • « Harpagon : avare maladif ou bon père de famille précautionneux ? »

 

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Chronique d'une fin du monde sans importance

24 Mai 2018, 17:18pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Le travail rend libre

La pluie martelait la chaussée. De grosses et lourdes gouttes explosaient sur le bitume tandis qu'Agnès pressait le pas pour prendre son service. Après avoir dépose Cécile, 3 mois, et Véronica, 2 ans à la nounou haïtienne, elle n'avait plus que quelques minutes pour atteindre l'entrée de service de « Lidl Price », la supérette discount où elle travaillait depuis maintenant 5 ans comme « hôtesse de vente ». Elle ne pouvait pas se permettre d'arriver en retard, surtout après le drame de la veille : un trou de caisse de 2 euros 70 qu'elle n'était pas parvenue à justifier. Jean-Jérôme, le gérant, enfin le « manager » de la franchise, avait généreusement passé l'éponge mais si elle ajoutait un retard à cette bévue comptable elle savait qu'elle n'échapperait pas au blâme.

Cette perspective la terrorisait, elle se mît alors presque à courir. Grâce à cette accélération, elle parvint à valider la pointeuse à 8h00, poussant un petit râle de soulagement sous le regard mi-amusé mi-compatissant de ses collègues déjà sur place. Le magasin n'ouvrait qu'à 9h30 mais il fallait aider les magasiniers à terminer la mise en place et surtout assister au « meeting point » du matin, la réunion quotidienne de motivation, le « briefing » comme disait Jean-Jérôme, qui servait essentiellement à ne pas oublier la chance que l'on avait d'oeuvrer au sein d'un « groupe bientôt numéro un sur le segment de l'alimentation low-cost en centre ville », une entreprise innovante et dynamique où chaque employé était un « partenaire » au service d'un objectif commun : l'amélioration d'un chiffre d'affaires qui n'avait pourtant aucune incidence ni sur les salaires ni sur les conditions de travail, l'amour du service et de l'ouvrage bien fait étant sans doute considérés comme des récompenses suffisantes...

Innovante, l'entreprise l'était indiscutablement. On était d'ailleurs en train d'installer une batterie de « caisses autonomes », ces systèmes de paiement « libre-service » qui allaient permettre « d'ici un an » de diminuer de moitié le nombre de « caissières personnes physiques ». Pour le « dynamisme » cela reposait essentiellement, il fallait bien le reconnaître, sur Jean-Jérôme qui, en permanence survolté, tel un ludion sous cocaïne, ne cessait de courir en tous sens, d'encourager sa « team », d'exhorter l'un à plus d'enthousiasme dans son sourire commercial, tel autre à plus d'entrain dans le rangement des boites de petits pois... JeanJérôme était un trentenaire prématurément chauve, arborant, hiver comme été, une chemisette à manches courtes barrée d'une cravate fantaisie (« A l'américaine » disait-il...), et portant au poignet une Rolex (vraie ou fausse, le débat n'avait jamais été tranché dans l'établissement...) qui semblait peser 3 à 4 kilos. On s'étonnait d'ailleurs qu'il parvienne encore à lever le bras. Sans-doute faisait-il de la musculation au Club Med Gym voisin, son statut de cadre lui donnant droit à une réduction de 15% sur le forfait annuel « Salle de sport+UV » (Forfait « Premium Gold »).

L'entreprise ne ne bornait d'ailleurs pas seulement à être « dynamique et innovante », elle était également « citoyenne », ayant été gratifiée du label « Ouverture et diversité » attribué par l'Union Européenne en récompense de « sa politique active et volontariste dans le recrutement de collaborateurs issus des minorités.». Ce point était d'ailleurs indiscutable, Agnès restant, à l'exception de Jean-Jérôme, la seule blanche du magasin. Enfin la seule « européenne », on lui avait expliqué qu'il était plus convenable et souhaitable d'utiliser ce mot. Cette situation ne la dérangeait d'ailleurs pas particulièrement, si ce n'est qu'elle était exclue de la plupart des conversations, ne comprenant goutte aux divers sabirs utilisés par ses collègues. Ce n'était pas bien grave, n'étant pas là pour discuter mais pour gagner de quoi payer la nounou, son titre de transports 8 zones et rembourser l'emprunt du pavillon.

Aujourd'hui elle travaillait de 8h à 11heures, puis de 15h à 20h. N'ayant pas le temps de rentrer dans sa lointaine banlieue durant la coupure, elle en profiterait pour faire quelques courses, dans un établissement encore plus low-cost, puis tenterait de dormir un peu dans un fauteuil du vestiaire. Demain, dimanche, elle était programmée de 14h30 à 22 heures. C'était, lui avait-on dit, ce qu'on appelait la « flexibilité », une excellente chose pour les entreprises françaises et la croissance nationale. Moins pour elle, mais lorsqu'elle l'avait fait remarquer, Jean-Jérôme, toujours bonhomme et souriant, lui avait expliqué que « si elle n'était pas satisfaite de ses conditions de travail, beaucoup d'autres attendaient derrière elle ». D'autant plus qu'elle bénéficiait d'un temps complet, situation ô combien privilégiée dans la structure.

Le briefing avait maintenant commencé. Jean-Jérôme parlait « d'esprit corporate », « de remise en cause personnelle de chacun », «d'objectifs ambitieux mais réalisables »... Un peu de salive, séchée et blanchâtre, perlait aux commissures de ses lèvres.

Sortant de son habituelle somnolence lors de ces réunions, Agnès fut soudain aveuglée par le reflet des lames de la nouvelle gamme de couteaux de cuisine, « promotion du mois » présentée sur la table centrale. Ces lames étincelantes la fascinèrent. D'un geste, elle saisit l'une d'entre elles, puis on n'entendit plus qu''un bref cri rauque suivi d'une explosion de hurlements stridents. La journée de travail était terminée.

Xavier Eman (in Revue Eléments n°171)

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