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A moy que chault!

Elections municipales à Rome : sortir du chaos ?

15 Avril 2016, 12:30pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Rome, ville éternelle qui fait encore rêver tous les amateurs d’histoire, d’art et d’architecture dans le monde, est pourtant en train de traverser l’une de spires crises de son histoire moderne.

En effet, le personnel politique municipal ayant été balayé par des affaires de corruption de grande ampleur (notamment le scandale « Mafia Capitale » qui a éclaboussé tous les partis du système), la capitale italienne est depuis plusieurs mois en déshérence, quasiment à l’abandon. Eclairage public défectueux voir absent dans certaines rues, ordures ménagères non ramassées, parcs et jardins non entretenus… la ville offre désormais un bien piètre visage, notamment aux touristes qui repartent choqués d’une telle dégradation. La presse internationale, et notamment américaine, s’est d’ailleurs largement fait l’écho de cet état de délabrement latent de la cité de Romulus et Remus, ce qui ne risque pas d’arranger la situation économique de la ville dont le tourisme est l’une des principales ressources. Si on l’ajoute à cela, l’afflux grandissant d’immigrés clandestins en provenance notamment de Lampedusa, la multiplication des « centres d’accueil », qu’il entraîne, et la hausse de la délinquance qui l’accompagne, l’état des lieux est aussi inquiétant que consternant. Ainsi, le quartier de la gare centrale de Termini n’a-t-il désormais pas grand-chose à envier à notre jungle calaisienne… S’y promener le soir ou même simplement traverser la nuit tombée est devenu une expérience à hauts risques.

Pour tenter de sortir de l’ornière, des élections municipales anticipées auront donc lieu en juin. Après la démission, en octobre 2015, de la majorité du conseil municipal menée par Ignazio Marino (Parti démocrate, centre-gauche), un boulevard semblait ouvert pour une reprise en main de la ville par la droite. Mais c’était sans compter sur la capacité de tergiversations et de de division de celle-ci. On assiste en effet aujourd’hui à une multiplication des candidatures, également à gauche il est vrai, mais principalement à droite.

Ainsi, Forza Italia, le parti de l’increvable Silvio Berlusconi, soutient Guido Bertolaso, l’ancien chef de la protection civile, qui, juste après son annonce de candidature, a fait des déclarations en faveur des immigrés et a exprimé sa sympathie pour son adversaire de centre-gauche. Pas vraiment le genre de discours que le peuple romain « de droite » veut entendre dans l’état actuel des choses…

Ensuite, on trouve Giorgia Meloni, ancien membre du Mouvement Social Italien, qui a initialement soutenu Bertolaso, mais s’est depuis déclarée candidate. Francesco Storace, ancien président de la région du Latium et figure du « post-fascisme », est également candidat.Quant à la Ligue du Nord, elle a décidé de soutenir Giorgia Meloni.

Enfin, le mouvement de droite radicale et sociale Casapound, présentera également un candidat en la personne de Simone di Stefano, comptant sur son travail quotidien aux côtés des citoyens romains, notamment face à l’afflux migratoire, pour jouer les trublions dans ce scrutin.

Un paysage politique passablement morcelé donc, qui laisse toutes les portes ouvertes quant à l’issue d’une élection qui se jouera sans doute dans les coulisses, par des accords entre partis de centre-droit. Des « arrangements » entre amis qui non pas grand-chose à voir avec le grand coup de balai et de renouveau politique dont la ville a clairement besoin. Quoiqu’il en soit, celui qui se retrouvera à la tête de la majorité municipale aura d’imposants chantiers devant lui et pas de droit à l’erreur, sous peine de voir la Cité antique s’enfoncer un peu plus dans une tragique et mortifère tiers-mondisation. D’ailleurs certains commentateurs n’hésitent pas à dire qu’aucun candidat n’est véritablement pressé et enthousiaste à l’idée de récupérer ce cadeau empoisonné.

Xavier Eman (in Présent du 14 avril 2016)

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Lo Zar non è morto

13 Avril 2016, 20:20pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

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Super catho vs Moyen catho

13 Avril 2016, 14:44pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Je suis fasciné par les gens qui se disent, s’affirment publiquement, « très catholiques ». C’est ce « très » qui me « questionne », comme l’on dit, beaucoup. Dans la bouche de Mère Thérèsa ou de Charles de Foucauld, il me surprendrait déjà, mais dans celle de gens qui sont – malgré leurs sans doute éminentes qualités… – assez éloignées de ce genre d’existences et de ce niveau de don de soi, j’avoue que cela me plonge dans des abîmes de perplexité, pour ne pas dire d’affliction.

D’abord, bien entendu, parce que cela évacue toute notion d’humilité, qui me paraît pourtant un élément assez essentiel du fameux catholicisme dont ils se disent les « champions », mais ensuite, et surtout, parce que cette expression introduit une hiérarchie interne (auto-proclamée) justement totalement étrangère, voire antinomique, au dit « catholicisme »

« Je suis TRES catholique » signifie en réalité « je cultive avec particulièrement d’ostentation les signes extérieurs d’un catholicisme social ». C’est tout. Ce n’est pas très grave, il y a pire crime de nos jours, mais cela ne mérite néanmoins pas une oralisation aussi satisfaite que répétitive. Cela crève les yeux de tous de toute façon: tu joues en effet TRES bien les cathos.

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Le « lycéen caillasseur de flics », madeleine de Proust des journalistes de gauche…

5 Avril 2016, 14:25pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Ils ont tout renié, tout trahi, tout abandonné… Ils sont désormais les employés empressés et complaisants d’un Rotschild, d’un Drahi ou d’un quelconque autre milliardaire capitaliste… Ils vivent dans des lofts, roulent en smart ou en mini « suréquipées », vont en vacances à l’Ile de Ré et font des « ménages » dans des colloques de dentistes ou de notaires… Ils n’ont plus, pour se faire les dents et jouer encore parfois les méchants et les fougueux, que les deux ou trois sujets consensuels et usés jusqu’à la corde qu’on leur laisse ronger : l’église catholique, le racisme, le Front National. Pour le reste, ils pissent de l’eau tiède à longueur de journées, endormant aussi efficacement leurs lecteurs que leurs actionnaires qui apprécient cette douce mélopée qui ne dérangent jamais les affaires. Ils ne font peur à personne, amusent à peine, et n’ont désormais pas d’autre de fonction qu’être la caution morale et intellectuelle du gros pognon. Alors forcément, quand ils voient de jeunes boutonneux descendre dans la rue le poing levé, avec banderoles et pancartes, des chevelus fumeurs de joints qui beuglent des slogans de leur voix étranglée par la puberté rebelle, cela leur fait un petit quelque chose, ça les touche, les émeut, leur serre un peu le ventre… Ces petits cons péremptoires qui insultent le pouvoir et crachent sur les flics, ça leur rappelle leur folle jeunesse ! Ca leur foutrait presque la larme à l’œil aux vieux crocodiles… Pour un peu, ils en oublieraient même leurs gros bides et leurs stylos Mont-Blanc… Une vraie cure de jouvence ! La lacrymo et les coups de matraque, comme au bon vieux temps ! Ha putain, on a bien rigolé quand même ! Avant les choses sérieuses…

C’est pourquoi, de Médiapart au Monde en passant – bien sûr !- par Libé, on sent, sous la plume de tous ces quadras et quinquas repus et blasés, tant d’empathie et de généreuse indulgence pour ces jeunes manifestants dont on sait qu’ils sont inoffensifs – puisqu’il sont comme eux…- , dès demain de retour à la niche, mais qui ont le bon goût de rejouer durant quelques jours le grand guignol soixanthuitard, coruscant et bruyant carnaval qui leur a fait croire, un jour, qu’ils pourraient être autre chose que des larbins bien payés du système.

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Pierre Gattaz, le cynisme et l’indécence

29 Mars 2016, 21:12pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Le président du Medef, l’homme qui souhaite la suppression du salaire minimal – cet horrible et insupportable frein à la croissance et à l’emploi -, trouve par contre tout à fait normal que le PDG de PSA, Carlos Tavares, double sur un an son déjà substantiel salaire, passant de 2,6 à 5,24 millions d’euros annuels. « Bravo, remarquable, c’est la rémunération de la réussite et en effet il faut savoir récompenser la réussite ! » s’exclame même joyeusement le numéro 1 des (gros) patrons avant de préciser : « l’entreprise automobile était en grande difficulté il y a quelques années, c’était société qui était en perdition, qui allait sur les rochers. Carlos Tavares a redressé en 18 mois un fleuron de notre industrie »

Ce discours pourrait éventuellement être audible si tous les acteurs du redressement de l’entreprise, du bas au sommet de la hiérarchie, bénéficiaient, dans la même proportion ou tout du moins de façon significative, des fruits de ce « renouveau » évoqué par Pierre Gattaz et de la nouvelle santé du constructeur. A moins de considérer, ce qui semble être le cas, que le PDG est le seul et unique artisan des meilleurs résultats de la société, le reste du personnel – ingénieurs, cadres, employés, ouvriers – n’étant que des pions interchangeables dont le travail n’a pas d’influence sur les bons ou mauvais bilans de l’entreprise.

Ce discours serait également peut-être acceptable s’il fonctionnait dans les deux sens, c’est-à-dire si, lorsqu’une entreprise connait des difficultés, au lieu de licencier des ouvriers et de supprimer des emplois ou de partir vers d’autres cieux en empochant ses stock-options et/ou en bénéficiant d’un parachute doré (retraite chapeau ou autres joyeusetés), les « patrons » divisaient par deux ou trois – voir plus – leurs salaires afin de participer à l’effort collectif et de « payer » leur responsabilité dans la mauvaise passe ou le naufrage.

Les deux conditions évoquées ci-dessus n’étant évidemment pas remplies le moins du monde, les propos de Monsieur Gattaz doivent être pris pour ce qu’ils sont : une méprisante et indécente démonstration de solidarité de classe, une tape sur le ventre entre parvenus contents d’eux-mêmes, un glaviot à la face de tous ceux à qui on explique sempiternellement – quels que soient les circonstances – qu’on ne peut augmenter leurs salaires dérisoires sous peine de perte de productivité et de catastrophe économique.

Austérité, précarité, flexibilité d’un côté, salaires et rémunérations de plus en plus indécents de l’autre… Pierre Gattaz et ses acolytes voudraient relancer une « lutte des classes » prétendument terminée qu’ils n’agiraient pas autrement… Le tout sous un gouvernement dit « socialiste », témoin passif et impuissant qui se borne à de fallacieux discours « moraux » de façade tout en menant une politique chaque jour plus libérale et favorable non pas à l’économie réelle et à l’entrepreunariat local des PME/PMI mais aux appétits toujours plus insatiables des oligarques, de la finance, des grands groupes et des multinationales.

Xavier Eman

www.parisvox.info

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Cendres

26 Mars 2016, 19:44pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

« D’un mois sur l’autre, il était devenu une toute autre personne. Cet âge où l’étudiant fier d’avoir des idées vire sa cuti pour s’installer dans l’âge d’homme servile, qu’il est laid… Je voyais autour de moi, succombant à cette peste, les meilleures de mes connaissances rentrer dans le rang, replier leurs idéaux comme des tentes qu’on démonte. Leurs colères s’espaçaient. Leurs rires, leurs moqueries, ils les rangeaient dans une armoire, entre deux boules de naphtaline. Ils mettaient de l’eau dans le vin que nous avions bu ensemble à la santé de l’impossible. Je les ai vus s’engouffrer diplôme en main comme la fleur au fusil, sous le porche des plus grandes sociétés. Je les savais s’épier désormais, se jalouser, ouvrant des trappes pour les canards boiteux, se dépassant, se surpassant. Et quand Damien bascula de l’autre côté, avec le plus grand naturel… »

Eric Faye, « Les cendres de mon avenir », Editions Stock

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C'est parti!

26 Mars 2016, 11:27am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

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Bientôt...

25 Mars 2016, 09:16am

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Bientôt...

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Chronique d'une fin du monde sans importance

23 Mars 2016, 12:30pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Résistance !

Assis à la terrasse du Foutriquet, rue Oberkampf, le menton enfoncé dans son écharpe 100% cachemire naturel, les joues piquetées de petites rougeurs causées par la brise glaciale, une roupie commençant à perler à la commissure de la narine gauche, Jean-Marc résistait. D’ordinaire, il buvait plus volontiers du Coca Zéro mais aujourd’hui, face aux diktats des intégristes mahométans, il avait opté pour un verre de Sylvaner vendanges tardives de chez Chalaudié, une petite maison familiale qui faisait un travail remarquable sur la minéralité des saveurs, en biodynamie évidemment. Ils n’étaient pas nombreux à avoir sa trempe et à affronter les frimas du début d’hivers autour des quelques guéridons de faux marbre et ainsi adresser un gigantesque bras d’honneur aux tueurs de Daech. Les quelques courageux s’échangeaient toutefois des regards complices et déterminés. S’il fallait picoler jusque tard dans la soirée, voir jusqu’à l’aube, on pourrait compter sur eux. Dans le coin le plus opposé de la terrasse, une jeune femme poussait l’héroïsme jusqu’à arborer une mini-jupe écossaise ras la salle de jeux, éclatant symbole de liberté et d’émancipation dissipant un peu les ombres obscurantistes qui s’étendaient lentement sur la patrie du string et des droits de l’homme. Par contre, elle avait sagement caché sa petite croix de baptême sous le col roulé de son pull en mohair. Il ne faut pas non plus confondre résistance et provocation. En tout cas, ici, c’était clair, on ne passe pas ! On ne recule plus. On ne lâche rien. L’apéro et le rock progressif ne se laissent pas intimider aussi facilement ! D’ailleurs, surplombant l’entrée du bistrot, un drapeau tricolore avait rejoint le rainbow flag LGBT. Quelque chose était indéniablement en train de se passer. La civilisation relevait la tête.

Le vent redoublait. Les éternels pleutres pressaient le pas pour rentrer chez eux, sans même jeter un regard au glorieux estaminet. On serrait les dents. La certitude de la victoire compensait la froidure croissante. Quand vous êtes tolérant, anti-sexiste, citoyen mondial, écolo, libéral-libertaire, quand vous êtes l’homme nouveau de la société sans racines, sans religion, sans foi, sans frontières et sans sexe, que peut-il vous arriver d’autre que de triompher ? On ne vient pas à bout d’une armée de sourires béats, de cœurs généreux, de bras ouverts, de danseurs fraternels, de clowns humanistes, de bisous multicolores, de marcheurs blancs, de rondes silencieuses, de cheveux fleuris, de pianistes johnlennonesques, de pétitionnaires indignés, de ballons gonflables et de chapeaux-crayons…

Dans les séries télévisées américaines les morts-vivants finissent toujours par perdre, mais dans le monde réel les vivants-morts gagnent toujours.

Bien décidés à ne rien changer, ni dans leurs habitudes ni dans leurs certitudes, confiants en leur vision du monde et de l’avenir comme éternel présent, droits dans leurs bottines Finsbury, les Jean Moulin du kir/cacahuètes étaient transis mais sereins.

En face, les monstres étaient mus par un idéal délirant pour lequel ils étaient prêts à tuer et à mourir, les gentils, eux, avaient à défendre un mode de vie à la fois fun et raisonnable pour lequel ils étaient prêts à vider des bouteilles et à allumer des bougies. L’appel du DJ répondait à celui du Muezzin. Le choc s’annonçait titanesque, la lutte acharnée. Le beaujolais nouveau arrivait, les barbares n’avaient désormais qu’à bien se tenir.

Xavier Eman ( In revue Eléments)

www.revue-elements.com

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Tous unis contre la haine!

21 Mars 2016, 08:30am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

J’ai été ému par la nouvelle campagne télévisuelle d’information contre le racisme, montrant des membres de minorités – dans les épisodes que j’ai eu la chance de voir : des arabes et des noirs – se faire passer à tabac par des hordes identitaro-skinoïdes après que les propos stéréotypés et stigmatisants de souchiens imbéciles ont entamé le terrible processus. Le message est clair, rappelé toutefois par l’ultime slogan : « Le racisme, ça commence avec des mots, ça finit par des crachats, des coups et du sang. »

Emu donc, bouleversé même, par tant de réalisme, par le talent de réalisateurs ayant réussis à retranscrire à l’écran avec une si parfaite honnêteté, justesse et fidélité le quotidien de la France et des Français de 2016. Bravo à eux. Il était tant d’avoir le courage de dénoncer les véritables maux qui rongent notre société.

Habitant à Paris et y circulant, notamment en métro, je n’en pouvais plus de voir, dans les rames nocturnes notamment, ces jeunes arabes en survêtements baisser les yeux et se tasser sur leurs fauteuils, apeurés, à chaque entrée d’une bande de petits blancs arrogants et agressifs. Et quelle n’étaient pas ma honte et mon courroux quand, dans la rue, j’apercevais ces groupes de noirs rasant les murs, tremblants, abandonnant le haut du pavé à des blondinets vociférants et gesticulants. Et je ne parle même pas de la petite mama noire bousculée à la sortie de la poste par Jean-Baptiste et François voulant lui arracher son sac à main. Quant à la petite Fatima, pensant avoir le droit de sortir en jupe et se faisant insulter et cracher dessus par des catholiques intégristes, je préfère ne pas en parler tant l’émotion et la tristesse m’envahissent.

Il était, nous l’avons dit, vraiment plus qu’urgent que tous ces phénomènes odieux soient dénoncés avec force, avec une véhémence en rapport avec leur ampleur, et, en tant que contribuable français, je suis fier d’avoir apporté mon écot aux centaines de milliers d’euros dépensés pour traiter cette urgence politique et sociale.

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