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A moy que chault!

Le grand retour du mépris de classe

16 Novembre 2019, 19:18pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Bien sûr, il n'avait jamais vraiment disparu – consubstantiel qu'il est à la nature de certaines catégories d'individus – mais il s'était fait beaucoup plus discret, prudent, retenu, se rabattant largement sur la sphère privée. Evidemment, dans les couloirs des conseils d'administration, sur les parcours de golf et sous les poutres apparentes des demeures bourgeoises, on n'en pensait pas moins, on pensait même toujours rigoureusement la même chose mais on en réservait l'expression à un entre-soi choisi. Car le mépris social n'était plus à la mode, plus tendance, en tout cas médiatiquement, remplacé qu'il était – dans notre société moderne inapte à la mesure et à la nuance - par une survalorisation de la figure de la victime, du précaire, du chômeur en fin de droit.... Le temps était à la compassion lacrymale et à la « solidarité », du moins déclamatoire. C'était le temps où l'on essayait de nous faire pleurer sur les étudiantes « contraintes» de faire des pipes pour pouvoir suivre leur cursus de sociologie sans travailler au MacDo et où l'on applaudissait les actions du Droit Au Logement qui occupaient des immeubles inoccupés. « L'argent sale, l'argent qui corrompt... »... Tout le monde s'en foutait plein les fouilles, comme d'habitude, mais le discours était au misérabilisme bienveillant envers les « losers » de la mondialisation. Les socialistes existaient encore et, tout en menant des politiques capitalistes, devaient bien tenter de justifier encore ce nom, tandis que, de leur côté, les libéraux, ayant raflés toutes les mises, pouvaient bien accepter de cohabiter avec quelques discours « sociaux » qui ne mangeaient pas de pain, ni de brioche. Les médias, eux, se complaisaient à flatter généreusement un « petit peuple » qu'ils ne connaisaient pas et ce avec d'autant plus d'empressement que ce dernier avait le bon goût de voter à gauche, d'adhérer à la CGT et de respecter les dogmes de la bien-pensance « antiraciste ». Hélas cette tendance ne fût que temporaire, et, trop violemment bousculés dans leur existences quotidiennes par les soubresauts mondialistes et l'invasion migratoire, les « ploucs », les « prolos » se sont mis à dériver dangereusement vers le conservatisme et l'identitarisme tant honnis... Ils ne méritaient donc plus d'être défendus, même purement symboliquement. Coupables d'élire des maires FN, les chômeurs du Nord n'étaient désormais plus des victimes de la désindustrialisation mais des consanguins attardés. De la même façon, les fonctionnaires – dont le vote systématique pour le PS commençait à être ébranlé - n'étaient plus les nobles défenseurs du service public, mais d'infâmes parasites surnuméraires. Il n'y avait maintenant plus de « prolétaires » mais des « sans dents », et l'existence des pauvres « n'était rien »... Les masques pouvaient enfin tomber, il n'était plus nécessaire de prendre des gants, de faire semblant. Le PS disparaissait et la droite se « décomplexait », c'est à dire qu'elle retrouvait la mâle assurance des Maîtres des forges et des propriétaires miniers qui lui manquait tant. La réussite financière, la rapacité, l'accumulation matérielle, la spéculation et l'usure reprenaient leurs droits et pouvaient désormais être encensés sans gêne dans un pays dirigé comme une « start up » par un président banquier.

Certaines résistances morales subsistant malgré tout, on envoya au casse-pipe une ravissante idiote vaguement droitarde qui dît crûment ce que tout le monde répétait depuis des mois en des formulations alambiquées nourries au sein du politiquement correct et de la langue de bois : « Dans notre beau monde libéral, ceux qui ne réussissent pas, qui ne gagnent pas suffisamment leur vie, qui se retrouvent en difficulté... ben c'est avant tout leur faute, ils n'ont qu'à s'en prendre à eux-mêmes et s'ils rechignent à se sortir les doigts du cul, au moins qu'ils ferment leur gueule. » (Sentence ne s'appliquant étrangement qu'aux petits blancs, aux « de souche », le migrant, bien qu'assisté des orteils à la pointe des cheveux, nourri , logé, blanchi, soigné aux frais de la princesse, n'entrant jamais dans la ligne de vindicte du libéral qui, au contraire, Medef en tête, lui trouve tous les charmes et mérites... Peut-être parce que, malgré son énorme coût social (public), son exploitation professionnelle (privée) sera particulièrement juteuse ? On n'ose y croire... ; ).

Ces propos de notre Bécassine LCIsée avaient en tout cas au moins le mérite de la franchise et de la clarté. Quelques pousses-mégots s'offusquèrent, un employeur « incorrect » - dont on apprit à l'occasion qu'il était le vaisseau amiral de la « cause des pauvres », navire armé par ce nouvel Abbé Pierre qu'est donc, semble-t-il, Charles Beigbéder – l'abandonna au milieu du champ du déshonneur médiatique, mais au final, elle eut autant de soutiens que de contempteurs et, sans ces embarrassants engagement parallèles, notamment pro-vie, sans doute en aurait-elle eu bien davantage.

Car au final, aussi maladroitement que brutalement, elle n'aura fait que mettre des mots sur ce qu'est devenu notre pays : une non-société où le prisme économique domine tout, où le Bien Commun n'est plus qu'un lointain souvenir, remplacé par l'implacable tyrannie de l'individu et la guerre de tous contre tous. Plus de compatriotes, des concurrents. Plus de concitoyens, des agents économiques. Tant un tel monde, ce qu'on donne à l'autre (qui n'est rien pour moi), on me l'enlève injustement à moi (qui suis tout) et les décrochés de la course au pognon deviennent des entraves à ma propre réussite, des boulets plombant mon plan de carrière. J'ai donc le droit de les mépriser. En attendant de les haïr.

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Pour des cadeaux communautaires et porteurs de sens!

12 Novembre 2019, 11:40am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

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RDV

26 Octobre 2019, 13:01pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

 

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RDV

15 Octobre 2019, 11:38am

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Après la haine, éradiquons la sexualité!

14 Octobre 2019, 18:49pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Notre société post-orwellienne a décidé d'éradiquer la « haine », ce vilain penchant de la nature humaine, désormais fondamentalement incompatible avec le vivre-ensemble des temps harmonieux et apaisés dans lesquels nous avons la grande chance de vivre. C'est d'ailleurs en fort bonne voie. A grands coups d'emprisonnement d'historiens, de persécutions de vieillards, de procès inquisitoriaux, d'excommunications sociales, d'arrestations arbitraires, de propagande permanente, d'interdictions et de censures, les mauvaises pensées et sombres inclinaisons des hommes ont été extirpées une à une par les zélés - et forts méritants - serviteurs du camp du Bien. La haine est désormais en déroute. Cette victoire du progressisme bienheureux aura coûté le sacrifice des libertés de pensée et d'expression, mais chacun conviendra que c'est là un prix tout à fait dérisoire, ces dernières n'étant plus utilisées que par une poignée d'originaux peu recommandables.

Ce premier combat remporté, il est grand temps de passer à une nouvelle croisade de toute première importance : la lutte contre cette autre entrave à l'établissement du meilleur des mondes qu'est le désir sexuel.

Il est tout à fait évident que cet archaïsme chimico-biologique suscite un grand nombre d'effets négatifs, pour ne pas dire dévastateurs, dans l'existence des homo-consommateurs contemporains : frustration, insatisfaction, excitation, harcèlement, agressions, obsession, déceptions, fatigues, violence, suicides, plaisir désordonné, pertes de contrôle, comportements extravagants... toutes choses inacceptables pour un humanoïde moderne qui se doit de se débarrasser de son animalité primitive et oppressive.

La libido, voilà l'ennemi. Que de temps et d'énergie perdue pour le processus de production-consommation qui est la base fondamentale d'un société neutre et inclusive, asexuée et dégenrée.

La disparition du désir sexuel serait bien sûr également une grande victoire pour l'égalité universelle, supprimant de fait l'indigne mocho-boudinophobie.

C'est donc l'ensemble de l'espace collectif, privé comme public,qui doit devenir une gigantesque « safe place » où plus personne ne risquera d'être confronté à une sollicitation physique de quelque ordre qu'elle soit. Et peu importe le prétendu « consentement » qui n'est jamais qu'une mortifère résurgence d'une odieuse aliénation intériorisée... Quelqu'un qui dit oui, de toute façon, c'est quelqu'un qui n'a pas osé dire non, ou qui a dit oui en pensant non, ou qui a dit oui mais finalement constate qu'il aurait mieux valu dire non, ou qui était sous un « contrôle psychologique » le forçant à dire oui... Bref, c'est toujours une victime. Et nous voulons un monde sans victimes.

Cet objectif est d'autant plus atteignable que nous avons désormais la possibilité d'assurer la procréation minimale nécessaire au renouvellement du marché sans recourir à une quelconque interaction physique, si souvent synonyme de violence, de domination, d'obscénité et de dérèglement.

Les utérus artificiels sont la prochaine étape du bonheur humain, comme ont pu l'être la pilule et l'avortement, avancées remarquables s'il en est mais qui prenaient encore en compte l'absurde nécessité de la copulation. La société sans genre n'est qu'un passage sur le chemin de la Liberté, la démocratie des eunuques viendra la couronner.

Bien sûr, on peut regretter que ces extraordinaires progrès ne soient pour le moment appliqués qu'aux peuples blancs d'Europe occidentale. Trois cent millions de gentils béats asexués entourés de 7 milliards de brutes arriérées, libidineuses, guerrières, affamées, revanchardes et fanatiques, c'est, il est vrai, encore bien peu...

Mais ne doutons pas que notre merveilleux modèle soit bientôt adopté par tous. Il faut y croire. C'est le sens de l'histoire. Nous sommes en 2019 quand même...

 

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Gardiens de l'ordre

17 Septembre 2019, 22:43pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

(Chronique d'une fin du monde sans importance, in revue Eléments) 

A peine garé en double-file devant la caserne, le lourd fourgon bleu aux vitres grillagées déversa sur le trottoir sa cargaison de CRS de retour de mission de maintien de l'ordre. Bruyants et rigolards, se tapant dans le dos et sur les épaules, ils ressemblaient, affublés de leurs impressionnantes tenues anti-émeutes, à un groupe de robocops en pleine colonie de vacances.

Une fois déposé aux vestiaires le plus lourd de leur attirail, dont certains éléments portaient des tâches de couleur rougeâtre dont on pouvait espérer qu'il s'agisse de peinture, les fonctionnaires de police s'écroulèrent sur les chaises disparates disposées autour de la grande table en formica de la salle de repos sous l'oeil sévère mais complice de Sylvester Stallone trônant au centre d'une affiche géante du film « Judge Dredd ». Les binouzes jaillirent alors du frigo constellé d'autocollants syndicaux.

  • « Ha ben celles-là, on pourra pas dire qu'on les a volées ! » s'exclama Olivier sous les applaudissements de ses collègues.

Olivier était l'ancien du groupe, un vieux briscard dont la légende disait qu'il avait toujours refusé toutes les promotions parce qu'il voulait « rester au contact », grand amateur de « castagne » qu'il était. Une dilection qui s'était d'ailleurs confirmée lors de son récent divorce, les accusations de violences conjugales n'ayant cependant aucunement freiné son enthousiasme professionnel.

Comme à chaque retour « d'opé », (pour un peu il aurait dit « opex », car pour lui CRS et Paras, c'était sensiblement la même chose et vu le nombre de bamboulas dans les rues, Bamako ou Porte de la Chapelle, c'était aussi quasiment la même...), il était fatigué mais rayonnant.

Boire une petite mousse bien fraîche avec le sentiment du devoir accompli, quoi de plus délicieux ?! En ces instants, la Kronenbourg premier prix de chez Lidl était plus sapide que le plus réputé des champagnes. Au moment de dévisser la capsule de la canette, Olivier avait ressenti une légère douleur au poignet qui renforçait le plaisir de la dégustation houblonneuse, car ce léger mal qui l'avait fait grimacer était lui aussi la preuve d'une dure journée de travail, un travail appliqué et bien fait.

C'est vrai qu'il n'avait pas lésiné sur les coups de matraque ! Il en avait calmé de l'apprenti révolutionnaire ! Ha c'est sûr, avec une arcade en sang, on voit le Grand Soir d'un autre œil ! Cette saillie drolatique lui sembla si brillante qu'il la répéta à haute voix, déclenchant l'hilarité de ses collègues. Seul Jean-Marin, le petit nouveau, était resté silencieux. Assis au bout de la tablée, très pâle, il semblait presque accablé.

  • « Il va pas bien le gamin ? » interrogea Olivier.

  • « Bof... » répondit Jean-Marin en baissant un peu la tête...

  • « C'est quoi le problème ? » poursuivit l'ancien.

  • « Ben , y'avait quand même beaucoup de vieux... »

  • « Et alors ? Jeunes ou vieux... c'est des connards de fachos non ? »

  • « Ha, ce ne sont plus des salopes de gauchistes ? »

  • « Ben si... Enfin, on s'en fout... Fachos, gauchos, c'est la même merde, des factieux quoi... »

  • « Oui mais la dame que vous avez traîné par les cheveux sur le sol, elle ressemblait tellement à ma tante Odette... »

  • « Non mais attends, cette pute, ça faisait trois fois que je lui disais de circuler... »

  • « Oui mais quand même... »

  • « Quand même quoi ? Tu verras le puceau quand tu aurais passé des nuits entières à te faire insulter et cracher dessus sans bouger dans les banlieues... »

  • « Je ne vois pas le rapport... ce ne sont pas les mêmes... »

  • « Le rapport c'est que dans ce métier, soit t'es humilié, soit t'es craint... et là on nous donne l'occasion d'être craints... »

  • « Mais... »

- « Allez c'est bon, maintenant ferme ta gueule... Et t'inquiètes pas, quand tu vas recevoir ta prime de 300 euros à la fin du mois, tu penseras plus à toutes ces conneries... » conclut Olivier en accompagnant sa sentence d'un rot profond et guttural

Jean-Marin n'était pas convaincu. Il s'efforça cependant d'esquisser un ersatz de sourire tandis qu'il rédigeait déjà mentalement sa lettre de démission.

 

Xavier Eman

 

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Démagogie législative

13 Septembre 2019, 14:13pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

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Prochain numéro

12 Septembre 2019, 17:16pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

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Etonnements de rentrée

25 Août 2019, 21:44pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Le port de chaussures de randonnée est-il vraiment indispensable pour faire du tourisme à Paris ?

 

G7. C'est fou ce que les gens qui veulent faire le bonheur du peuple ont besoin d'être protégés de celui-ci...

 

Amazonie. Tout le monde s'en branlait avant que ce ne soit le prétexte pour prendre parti pour ou contre Bolsonaro. La politique partisane est décidément l'un des meilleurs moyens de se révéler un parfait imbécile.

 

Je ne parviens même pas à trouver les phrases pour exprimer ce que je ressens quand je vois des gens qui postent sur facebook des photos de leur messe « tradi » pour – apparemment - montrer à quel point celle-ci est « hors du temps » et « anti-moderne »... Ce n'est même plus consternant, c'est au-delà du fascinant, c'est... c'est... « Y'a plus de mots... » comme dirait l'autre...

 

Les greffes de cœurs de porc seront possibles d'ici trois ans. Pour les cerveaux c'est déjà fait depuis bien longtemps.

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Réinformation?

23 Août 2019, 11:19am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Lorsque, il y a maintenant pas mal d’années, j’ai commencé à travailler sur divers supports de « réinformation », on m’a fort justement expliqué que celle-ci ne devait pas être une « désinformation inversée »,  ni le « négatif » de la propagande officielle, pas plus qu’une  volonté d’afficher une illusoire et tarfuffe «neutralité» mais la recherche d’une permanente « honnêteté », une volonté  d’« exactitude » dans le traitement de l’information, l’application d’un sourcilleux sens critique ainsi que l’art de la prise de distance et de la mise en perspectives. Or il s’avère que si ce louable programme est relativement aisé à mettre en place pour traiter des informations  venant de "l’adversaire", il est beaucoup plus ardu à appliquer – et beaucoup moins bien accepté – dès lors qu’il s’agit de se pencher sur les faits, propos et gestes « de notre camp » (concept d’ailleurs très flou  dont certains ont une acceptation très extensive…).

En effet, dès que c’est « de chez nous », plus de place pour la réflexion, l’analyse des faits, les constats objectifs, seuls sont tolérés l’acclamation enthousiaste, le soutien aveugle, la louange enamourée,  la défense hargneuse, becs et ongles, mensonges et omissions à l’appui s’il le faut. Toute critique devient une trahison,  tout bémol un crime de lèse-majesté et le travail habituellement tant vantée de « réinformation » devient une œuvre de « dénigrement », odieusement « pessimiste » et décourageante. Tenter d'introduire de l’intelligence et de la mesure, c’est saper la cause ! Car comme jadis il ne fallait pas désespérer Billancourt, aujourd’hui il ne faut pas déranger la quiétude béate du « patriote » ! Car le "patriote" se moque bien des idées, il veut des slogans, il se contrefout des faits tant qu’il a de beaux discours, il ne lit pas les programmes puisque qu’il ne veut qu’applaudir des idoles… A ce titre les figures de Matteo Salvini et Marion maréchal sont archétypales.  Egarez-vous à tenter une analyse  froide et factuelle de ces deux phénomènes et vous serez bien vite rattrapé par la patrouille des godillots et des fanatiques à front bas ! D’ailleurs pourquoi vouloir s’intéresser ainsi à la réalité ? Vous n’êtes qu’un triste sire, nourri par l’aigreur et le ressentiment, qui n’a pour seul but que de doucher les exaltations du bon peuple de droite ! Salaud ! Crevure ! Nul doute que vous serez en bonne place sur la liste des tondus de la future (et imminente !) grande libération libérale-conservatrice !

Peu importe, par exemple, qu’il n’y ait jamais eu autant d’immigrés en Italie qu’aujourd’hui, que l’on confonde le nombre d’arrivées en bateau et le nombre global d’arrivées d’immigrés (qui, surprise !, viennent parfois par d’autres voies ! Comme en France par exemple…), que l’on soit en train de sacrifier les réformes sociales au profit d’un rapprochement avec la droite affairiste… tout cela ne compte pas, n’a aucun intérêt, la seule chose qui compte c’est que le « personnage médiatique » du ministre de l’intérieur italien nous plaise et nous excite.  Il irrite les chroniqueurs de Libération, cela nous suffit bien. Il est des nôôôôtres, il a été traité de facho comme les auuuutres ! 

Pourtant il ne s'agit nullement de diffamer ni "d'attaquer" Matteo Salvini, sympathique et courageux à bien des égards, mais simplement de se pencher sur l'application concrète (ou non) de ses promesses de campagne, sur ses forces et ses faiblesses, de jauger l'efficience de sa politique, d'interroger sa marge de manoeuvre vis à vis de l'UE et de ses partenaires européens, ses évolutions, ses changements de stratégie...  Toutes choses non seulement utiles mais indispensables à une véritable pensée - et donc action - politique. Mais non! Tout cela est de la branlette, de l'enculage de mouche, du mauvais esprit et au final du sabotage pour tous nos vaillants sectateurs de l'homme providentiel, les adeptes de la divine surprise, les adorateurs de la nouvelle Jeanne d'Arc ou du sauveur étranger qu'il faut suivre comme un seule homme, sans discuter ni poser de question. 

Or ce militantisme  à la fois borné et exacerbé, extrémisé, hystérisé, allergique aussi bien à l’analyse qu’à la nuance, n’a rien de « radical ». Tout au contraire. Il se contente de patauger joyeusement dans l’écume médiatique alors que pour prétendre influer sur le réel, il faut d’abord accepter de s’y confronter, et ce dans toutes ses dimensions, pas seulement celles qui nous « conviennent », qui flattent nos egos ou entretiennent nos illusions.

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