Overblog Tous les blogs Top blogs Humour
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
A moy que chault!

Trop de complotisme tue le complotisme! De l'esprit critique au délire: analyse d'un naufrage…

18 Septembre 2026, 19:31pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

« Le Covid m’a tuer », voilà ce qu’aurait pu écrire, dans un dernier souffle et d’une main aussi tremblante qu’ensanglantée, le rationalisme français sur le mur de l’histoire de la pensée, tant il est vrai que la gestion calamiteuse, mensongère et totalitaire de la crise sanitaire a entraîné une rupture aussi spectaculaire que radicale du rapport des individus avec le « réel » et sa retranscription par les discours « officiels » et dominants.

En effet, l’immense opération d’ingénierie sociale qui a entouré la « crise du Covid » a fait basculer un nombre considérable de personnes, dans l’hexagone et partout à travers le monde, d’un scepticisme de bon aloi, teinté de prudence intellectuelle et d’esprit critique (attitude de recul et d’analyse déjà d’ailleurs parfois qualifiée de « complotisme » par les gardiens de l’ordre idéologique du système), à une forme aiguë de paranoïa conspirationniste entraînant la remise en cause systématique de toutes les « vérités » officielles, même les plus solidement et scientifiquement établies. Le principe de ce basculement est simple : « Comme les plus hautes autorités officielles et les prétendues « élites », politiques, médiatiques et médicales, nous ont menti, dupé, trompé sur un sujet aussi important et grave qu’une pandémie, c’est qu’elles peuvent nous mentir et nous manipuler sur TOUS les sujets, et si elles « peuvent » le faire, c’est qu’elles le font». On part ainsi d’un scandale indiscutable et avéré pour parvenir à une conclusion aussi boiteuse que dangereuse qui entraîne une surenchère délirante finissant – et c’est bien ça le plus grave – par décrédibiliser et délégitimer tout discours sérieux, sensé et argumenté, de contestation de tel ou tel agissement du système ou de telle ou telle manipulation ou forfaiture. Car s’ils se plaisent, et se complaisent, à se présenter comme les plus ultimes et farouches « résistants » au système, les « turbo-complotistes » en sont, au contraire, bien souvent, les plus efficaces garants en devenant des épouvantails folkloriques effrayant la masse des gens sensés et mesurés et la détournant des dissidences conséquentes et sérieuses.

Ne pas tout confondre et tout mélanger

Il est tout aussi absurde et vain de conspuer que d’idolâtrer, globalement et par principe, le « complotisme », car tout dépend, bien entendu, comme pour tous les « ismes » d’ailleurs, de ce que l’on range et rassemble sous cette appellation. Et le problème est justement qu’aujourd’hui, ses détracteurs comme ses sectateurs accolent cette dénomination à absolument tout et n’importe quoi. Et c’est bien sûr de cette confusion que se repaît le système pour remiser tous ses contradicteurs et opposants dans le même panier (à salades). Alors qu’il n’y a évidemment aucun rapport, non seulement de degré mais bien de nature, entre, d’un côté, un Assange, un Snowden, ou un Professeur Raoult, qui ont risqué leur carrière, leur liberté voir leur vie pour révéler, sur des bases factuelles issues d’un véritable travail d’investigation ou de recherche, des faits cachés au grand public, et l’armada des « geeks » anonymes relayant n’importe quelle élucubration et entretenant leurs propres obsessions à grands coups de posts facebooks et de vidéos Youtube plus fantaisistes et grotesques les uns que les autres, dans le seul but de paraître plus malin, plus lucide et mieux informé que le « vulgum pecus ». Car le « turbo-complotisme » nourrit aussi allègrement le narcissisme égotique individualiste qui est l’un des tendances (très) lourdes de l’époque. Sans avoir besoin d’avoir fait des études, d’avoir expérimenté, d’avoir travaillé, sans diplômes, sans légitimité professionnelle ou universitaire, chacun est désormais spécialiste de tout, de la virologie à la géopolitique en passant par la climatologie, bien sûr, la recherche nucléaire, l’astrophysique et la biologie moléculaire… Une sorte de populisme démagogique débarrassé de toute décence et de toute limite raisonnable, considérant que tout ce qui est établi doit être remis en cause et que sa propre opinion, déifiée, vaut vérité. « Ce qui importe, c’est ce que je crois. » En effet, personne n’a « concrètement prouvé » qu’il n’y avait pas d’unités commandos nord-coréennes qui s’entraînaient au Canada pour intervenir en cas de victoire de Donald Trump en 2020 (Pourquoi l’ont-il laissé gagner la fois suivante ? Mystère ! Sans doute a-t-il été remplacé depuis lors par un clone programmé par les reptiliens…), que tous les pilotes de ligne n’empoisonnent pas volontairement le monde entier (donc eux-même, leurs familles et leurs proches) en disséminant des gaz toxiques, que Michelle Obama et Brigitte Macron n’ont pas de bites, qu’il n’y avait ni 5G ni Sida dans les vaccins contre le Covid, ou que la Terre est ronde...

Sectarisme et contradiction

Il est d’ailleurs intéressant, et amusant, de noter, qu’il paraît tout à fait cohérent au « turbo-complotiste » que les « maîtres du jeu », puissants parmi les puissants, disposent de moyens absolus et sans limites pour mettre en place leurs gigantesques et terrifiques stratégies secrètes, mais qu’il suffise à n’importe quel Rmiste de la Tranche-sur-Mer de disposer d’une bonne connexion internet pour éventer celles-ci, les connaître à fond et les dénoncer… Pas si forts, ni discrets, que ça, finalement, les sombres, omnipotents et maléfiques démiurges du monde !

Un autre problème est qu’il est impossible de débattre avec un « turbo-complotiste » puisque tous les arguments que l’on peut lui opposer sont balayés d’une revers de la main comme étant eux-mêmes des éléments du dit complot. Des statistiques ? Falsifiées ! Des photos ? Truquées ! Des témoignages ? Extorqués ! Des expériences ? Manipulées ! Dès lors que l’on sort du domaine de la raison, on tombe dans celui de la croyance, de la Foi… et croyance et Foi ne se discutent pas.

C’est ainsi que, par exemple, pour ma part, bien que non-vacciné, n’ayant jamais accepté d’exhiber un quelconque « pass sanitaire », vrai ou faux, aux autorités, et m’étant opposé, autant qu’il m’était possible de le faire, au « délire covidiste », je me vois régulièrement conspué et même parfois insulté (l’agressivité hargneuse étant aussi un spécificité du « turbo-complotiste » qui semble moins vouloir convaincre que démontrer sa « supériorité ») lorsque je me permets de contester, sur les réseaux sociaux, le fait de mettre, aujourd’hui, sans aucune preuve ni connaissance de la situation particulière, toute « mort prématurée » sur le compte de la vaccination, exactement comme, à l’inverse, les « covidistes » attribuaient n’importe quel décès, de l’accident de la route à l’Avc de grand-père, au virus. Me voici donc « crétin mouton », « macroniste bêlant », « prêt à la 7e dose », pour toutes ces grandes âmes et ces hautes intelligences qui « savent », et qui ne sont ni plus ni moins hystériques et bornées que les tenants du système auquel elles prétendent s’opposer.

Au delà du brouhaha d’internet, qui n’a finalement qu’assez peu d’importance, ce qui est peut-être le plus navrant dans cette dérive, c’est qu’elle nourrit, parfois grassement, tout un microcosme de « gourous » et d’escrocs qui détournent des énergies et des moyens fiannciers de combats autrement plus utiles et concrets, de lectures sérieuses et d’engagements effectifs.

Car le complotisme « systémique » est fondamentalement anti-politique, il encourage la passivité et le fatalisme, l’individu n’étant qu’un jouet impuissant dans les mains de forces immenses et obscures disposant de pouvoir si gigantesques que l’on ne peut rigoureusement rien contre elles. Reste alors simplement à morigéner et à « dénoncer » sur les réseaux sociaux et autres sites internet dédiés (avec trois VPN et douze adresses mails anonymes et éphémères…) avant d’aller tranquillement se coucher avec la satisfaction narcissique et béate d’être un « élu », un « sachant » parmi les ignorants, un « voyant » au milieu des aveugles, alors que, hélas, on est qu’un illuminé prétentieux et péremptoire, tout aussi impuissant que la masse des « moutons » que l’on se plaît à moquer et dénigrer à longueur de journées.

Voir les commentaires

Rien

21 Juillet 2026, 01:27am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Pas là pour vous amuser, pour vous distraire, pour occuper vos moment de déréliction, vos pauses déjeuner ou vos fins de soirées arrosées... Pas un clown, pas un guignol pour relever le niveau des RS, pas un copain sympa, pas une béquille, pas un épouvantail...

Ecrire pour personne, comme on vomit au fond des chiottes.

Voir les commentaires

L'Ennui

21 Juillet 2026, 00:42am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Collant, poisseux, dégoulinant, sirupeux, glissant et se répandant sur toute chose, il est là du réveil au coucher, maître omniprésent et impitoyable, rappelant sans cesse l'absolue prévisibilité des jours, l'absence programmée d'une quelconque bonne nouvelle, d'une hypothétique surprise... Plus fourbe et cauteleux que la souffrance ou le désespoir, il s'insinue partout, sans apparente agressivité, et change de nom au hasard des jours: conventions, habitudes, quotidien...     Parfois il pousse même le vice jusqu'à se parer de titres plus glorieux: maturité, raison, responsabilité... Il devient l'horizon et le but: que rien ne se passe, que tout se déroule sans aspérité, sans brutalité, sans soubresaut... Tout va bien, une nouvelle journée sans intérêt s'est terminée.

Voir les commentaires

Fable

21 Juillet 2026, 00:35am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Rien ne sert de courir, il faut mourir à point. 

Voir les commentaires

Littérature

3 Juillet 2026, 23:52pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Pourquoi la littérature?

Parce que, dans une vie parfaitement banale, absolument ennuyeuse, totalement dénuée de la moindre surprise, d'un quelconque inattendu, c'est le seul moyen de connaître des existences aventureuses, extraordinaires, épiques, originales, tumultueuses, glorieuses ou sordides, d'approcher autant le Bien que le Mal, de caresser le vice aussi bien que la vertu...

Le seul moyen de ne pas avoir envie de se tuer. 

Voir les commentaires

Sang

3 Juillet 2026, 23:39pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Du sang. Du sang plein les mains. Vivre normalement dans ce monde abjecte fait de chacun un complice, un meurtrier par omission, par silence, par passivité. Tous coupables de "non assistance à peuple en danger". Du sang plein les mains, plein la gueule, à force de se repaître de faits divers, d'agressions, de viols, des crimes les plus abominables... Sans jamais rien faire, que des mots, à part un avalanche de mots, un torrent de commentaires, une logorrhée de colère blasée, de révolte sans énergie...  En voilà d'ailleurs une de plus... Un petit crachat de sang, un glaviot globuleux dans l'infini d'une virtualité impuissante. Les corps s'amoncellent, le sang se répand, rien ne bouge... Du sang plein l'âme, plein les yeux, dans une indifférence hypocrite... Ivre de sang, jusqu'à en dégueuler, jusqu'à en crever à son tour. 

Voir les commentaires

France apaisée

7 Décembre 2025, 20:22pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Après plusieurs minutes à vérifier les papiers d'identité de Francis, de son épouse et le leur deux enfants, le capitaine des parachutistes, le visage grave, donna l'ordre à deux soldats cagoulés de déplacer une ligne de fils barbelés pour laisser le passage au Citroën Picasso familial ayant été au préalable longuement et intégralement fouillé. Dès le barrage militaire franchi, la petite famille fut prise en charge par deux motards de la gendarmerie qui la guidèrent vers le parking souterrain sécurisé où la voiture fut garée.  Après que leurs empreintes digitales ont été relevées par les deux pandores, Francis, Julie et les deux bambins purent retourner à la surface et prendre leur place dans la longue file d'attente qui conduisait aux portiques de détection de métaux, dernière étape avant l'accès aux premiers chalets couverts de guirlandes et d'étoiles lumineuses. 
Francis était prêt à  beaucoup de sacrifices pour le plaisir de sa famille mais il devait néanmoins reconnaître que, cette année, pour se rendre au "Marché de Noël", il fallait quand même être sacrément motivé...

Voir les commentaires

Paris, malgré tout...

12 Octobre 2024, 12:05pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Il fait beau à Paris. Les touristes rayonnent de satisfaction et même les garçons de café, pensant à la recette du soir, desserrent quelque peu les dents pour offrir exceptionnellement au monde bouleversé d'étonnement et de stupéfaction quelque chose qui ressemble à un sourire. Les jupes sont courtes, les robes légères, les démarches sautillantes ou nonchalantes, des talons claquent sur le trottoir, des rires explosent, c'est un temps à être heureux et son doux parfum s'introduit dans les interstices des cœurs même les plus fermés, les plus vaincus. On passe les ponts de la Seine sans avoir envie de s'y jeter, on remercie le ciel de pouvoir contempler sa clarté idyllique, on s'assoit sur un banc et on fixe intensément un point à l'horizon comme pour tenter d'immortaliser l'instant. On n'a plus envie de se battre, de hurler, de boire, d'expliquer, dé dénoncer, de débattre… On voudrait simplement se fondre dans le paysage, devenir un pavé ou un lampadaire pour être définitivement un élément de ce décor unique et grandiose. On referme alors ses doigts contre sa paume, espérant y enserrer une main amie, mais même cette absence devient secondaire. On est seul mais on vit. Et c'est déjà beaucoup.

Paris, comme Rome, est une ville idéale pour les mélancoliques et les nostalgiques. Les vestiges de sa grandeur passée, sa beauté à la fois immuable et dégradée, son altière décadence sont le décor parfait du romantisme blessé. Une ville désormais peuplée de teufeurs, de hipsters et d'un lumpen prolétariat totalement acculturé mais dont les pierres respirent encore l'art et la littérature, la violence historique et la volonté impériale. Un écrin aujourd'hui vide mais toujours enivrant. Il suffit de marcher au hasard, exposé à toutes les embuscades de beauté et de poésie, et de garder constamment le regard au niveau du premier étage des maisons et immeubles, juste au dessus de la zone où commencent le grouillement et le pourrissement. Ne rien écouter, surtout, ni les palabres des passants, ni les vociférations des obsédés téléphoniques, juste ressentir. Oublier les remugles de pisse se dégageant du clodo vautré sur le trottoir, les vociférations des camés du cellulaire, les éructations des racailles en goguette, la triste passivité des bouches de métro dégueulant leur diarrhée quotidienne de post-humains zombifiés. S’imaginer à une autre époque, en un autre temps, dans les pages d’un roman de Malet ou de Simenon, espérer croiser un mousquetaire ou un hussard au coin de la rue, inventer une barricade, une canonnade, s’évader pour pas cher… La magie de Paris survit à tous les outrages, et si l’on veut bien souvent quitter et fuir ce qu’elle est devenue, c’est en gardant toujours, quelque part au fond de l’âme et du coeur, l’espoir d’y revenir un jour.

 

Xavier Eman  ( in revue Livr'arbitres numéro 47)

Voir les commentaires

Le temps des vautours

11 Septembre 2024, 18:29pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Quand tu annonces un décès à quelqu’un et que la première question de cette personne est « elle était vaccinée ? » (sous entendu « contre le Covid », bien sûr, les vaccins contre le tétanos ou la polio n’étant pas encore accusés de génocides par ces esprits éclairés… ceci dit, ça viendra sans doute...), tu prends vraiment conscience que tu as basculé dans la post-humanité.

Tu sais dorénavant que tu devras naviguer entre les cinglés d’un camp et ceux de l’autre, les fanatiques divers, les détenteurs de vérités diverses, plus malins et plus informés que tout le monde, avec une connaissance des secrets du monde généralement inversement proportionnelle à celle de la grammaire et de l’orthographe, les excités de tous acabits, les méchants hystérisés, toujours l’insulte au bord des lèvres pour tous ceux qui ne sont pas d’accord avec eux, néo-croyants de nouvelles micro-religions, tous Torquemadas potentiels, prêts à juger et à condamner ceux qui n’ont pas choisi leur voie, spécialistes en tout, connaisseurs multiples, « on ne la leur fait pas », et c’est là l’essentiel, quitte à perdre toute notion du réel, du bon sens, de la nuance ou de la mesure, quitte à perdre même la bienséance, la décence et toute empathie...

Alors non, mon amie décédée bien avant l’âge n’était pas vaccinée, je m’en excuse auprès de vous, vous ne pourrez donc pas vous servir de son cadavre comme d’un argument soutenant vos thèses, ni exhiber son avis de décès sur Facebook en clamant, gorgé de satisfaction, « Encore une ! ».

Mais vous, qui êtes d’ailleurs peut-être vacciné (« non mais obligé, le boulot, tu comprends... et que deux doses ! »), tant les tartuffes sont légion aujourd’hui, vous êtes mort également, pour moi en tout cas. Votre interrogation, indigne et déplacée, vous place parmi les sans coeur et les sans âme, militants compulsifs de leurs propres certitudes, du côté des méchants, des mauvais, des vautours, frères siamois des covidistes hargneux et délirants s’excitant sur les comptages morbides et souhaitant le pire aux réfractaires au vaccin.

Vous êtes les deux faces d’une même pièce, d’une même folie, d’un même extrémisme, d’un même égotisme et individualisme exacerbés… Car peu vous importe, au fond, la vérité, la réalité, et même la santé des uns et des autres, seul compte pour vous le fait « d’avoir eu raison » et de pouvoir le clamer et le démontrer à vos « followers ». Chaque nouveau mort, décrété vacciné, est un ajout à votre tableau de chasse, votre orgasme narcissique, votre passion triste.

Alors désolé, encore une fois, de ne pas pouvoir offrir la dépouille de cette jeune femme - qui avait pourtant, elle, sacrifié son travail à ses convictions- à votre sombre Sabbat, à vos sordides rancoeurs. Sa lumineuse liberté, sa rébellion sereine, son souci des autres, ses questionnements permanents, sa soif de savoir et de connaissance sont l’exact contraire de votre sectarisme simpliste et satisfait, de vos délires sans fin.

Même au fond de son tombeau, elle reste, et restera, plus vivante que vous.

Voir les commentaires

Vieillesse

20 Octobre 2023, 15:05pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

La vieillesse est sûrement ce moment où l’on ne combat plus par aspiration pour la victoire mais par fidélité à une promesse intime, où l’on ne fait plus les choses par ferveur vitale mais par devoir, où l’on ne se révolte plus face aux succès des imbéciles et des salauds mais où l’on se borne à s’en désoler, où l’on ne se lève plus en attendant une éclaircie mais avec la certitude du mauvais temps, où l’on commence à faire le compte de ce qu’on a perdu, sacrifié, de ce que l’on a raté, gâché, où l’on regarde autour de soi, où l’on se surprend à envier ceux qui ont choisi d’autres voies, où l’on supporte moins bien les critiques, les sarcasmes et les insultes, surtout quand elles viennent de ce qui devrait être « son camp », où les regards de la famille se font plus lourds et pesants, où l’on commence à calculer, à sentir les poches vides, les fins de mois difficiles, les lendemains qui ne chantent pas vraiment… La vieillesse m’entoure, me guette, me frôle parfois, souvent même, avant d’être rejetée à bonne distance par le doux regard un peu myope d’un poète assassiné, par des alignements de croix dans de gigantesques cimetières, par des centaines de bras tendus vers une espérance folle un soir de janvier, par la chaleur du zinc d’un Carré romain, par le sourire confiant de ma femme, par les rires et les danses d’une fin d’UDT, par les rifs d’une guitare idéaliste, par la vue d’un calvaire au hasard d’un chemin.

Nous serons morts avant d’être vieux. Bientôt, ou plus tard.

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 > >>