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A moy que chault!

Rien

21 Juillet 2026, 01:27am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Pas là pour vous amuser, pour vous distraire, pour occuper vos moment de déréliction, vos pauses déjeuner ou vos fins de soirées arrosées... Pas un clown, pas un guignol pour relever le niveau des RS, pas un copain sympa, pas une béquille, pas un épouvantail...

Ecrire pour personne, comme on vomit au fond des chiottes.

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L'Ennui

21 Juillet 2026, 00:42am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Collant, poisseux, dégoulinant, sirupeux, glissant et se répandant sur toute chose, il est là du réveil au coucher, maître omniprésent et impitoyable, rappelant sans cesse l'absolue prévisibilité des jours, l'absence programmée d'une quelconque bonne nouvelle, d'une hypothétique surprise... Plus fourbe et cauteleux que la souffrance ou le désespoir, il s'insinue partout, sans apparente agressivité, et change de nom au hasard des jours: conventions, habitudes, quotidien...     Parfois il pousse même le vice jusqu'à se parer de titres plus glorieux: maturité, raison, responsabilité... Il devient l'horizon et le but: que rien ne se passe, que tout se déroule sans aspérité, sans brutalité, sans soubresaut... Tout va bien, une nouvelle journée sans intérêt s'est terminée.

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Fable

21 Juillet 2026, 00:35am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Rien ne sert de courir, il faut mourir à point. 

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Littérature

3 Juillet 2026, 23:52pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Pourquoi la littérature?

Parce que, dans une vie parfaitement banale, absolument ennuyeuse, totalement dénuée de la moindre surprise, d'un quelconque inattendu, c'est le seul moyen de connaître des existences aventureuses, extraordinaires, épiques, originales, tumultueuses, glorieuses ou sordides, d'approcher autant le Bien que le Mal, de caresser le vice aussi bien que la vertu...

Le seul moyen de ne pas avoir envie de se tuer. 

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Sang

3 Juillet 2026, 23:39pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Du sang. Du sang plein les mains. Vivre normalement dans ce monde abjecte fait de chacun un complice, un meurtrier par omission, par silence, par passivité. Tous coupables de "non assistance à peuple en danger". Du sang plein les mains, plein la gueule, à force de se repaître de faits divers, d'agressions, de viols, des crimes les plus abominables... Sans jamais rien faire, que des mots, à part un avalanche de mots, un torrent de commentaires, une logorrhée de colère blasée, de révolte sans énergie...  En voilà d'ailleurs une de plus... Un petit crachat de sang, un glaviot globuleux dans l'infini d'une virtualité impuissante. Les corps s'amoncellent, le sang se répand, rien ne bouge... Du sang plein l'âme, plein les yeux, dans une indifférence hypocrite... Ivre de sang, jusqu'à en dégueuler, jusqu'à en crever à son tour. 

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France apaisée

7 Décembre 2025, 20:22pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Après plusieurs minutes à vérifier les papiers d'identité de Francis, de son épouse et le leur deux enfants, le capitaine des parachutistes, le visage grave, donna l'ordre à deux soldats cagoulés de déplacer une ligne de fils barbelés pour laisser le passage au Citroën Picasso familial ayant été au préalable longuement et intégralement fouillé. Dès le barrage militaire franchi, la petite famille fut prise en charge par deux motards de la gendarmerie qui la guidèrent vers le parking souterrain sécurisé où la voiture fut garée.  Après que leurs empreintes digitales ont été relevées par les deux pandores, Francis, Julie et les deux bambins purent retourner à la surface et prendre leur place dans la longue file d'attente qui conduisait aux portiques de détection de métaux, dernière étape avant l'accès aux premiers chalets couverts de guirlandes et d'étoiles lumineuses. 
Francis était prêt à  beaucoup de sacrifices pour le plaisir de sa famille mais il devait néanmoins reconnaître que, cette année, pour se rendre au "Marché de Noël", il fallait quand même être sacrément motivé...

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Paris, malgré tout...

12 Octobre 2024, 12:05pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Il fait beau à Paris. Les touristes rayonnent de satisfaction et même les garçons de café, pensant à la recette du soir, desserrent quelque peu les dents pour offrir exceptionnellement au monde bouleversé d'étonnement et de stupéfaction quelque chose qui ressemble à un sourire. Les jupes sont courtes, les robes légères, les démarches sautillantes ou nonchalantes, des talons claquent sur le trottoir, des rires explosent, c'est un temps à être heureux et son doux parfum s'introduit dans les interstices des cœurs même les plus fermés, les plus vaincus. On passe les ponts de la Seine sans avoir envie de s'y jeter, on remercie le ciel de pouvoir contempler sa clarté idyllique, on s'assoit sur un banc et on fixe intensément un point à l'horizon comme pour tenter d'immortaliser l'instant. On n'a plus envie de se battre, de hurler, de boire, d'expliquer, dé dénoncer, de débattre… On voudrait simplement se fondre dans le paysage, devenir un pavé ou un lampadaire pour être définitivement un élément de ce décor unique et grandiose. On referme alors ses doigts contre sa paume, espérant y enserrer une main amie, mais même cette absence devient secondaire. On est seul mais on vit. Et c'est déjà beaucoup.

Paris, comme Rome, est une ville idéale pour les mélancoliques et les nostalgiques. Les vestiges de sa grandeur passée, sa beauté à la fois immuable et dégradée, son altière décadence sont le décor parfait du romantisme blessé. Une ville désormais peuplée de teufeurs, de hipsters et d'un lumpen prolétariat totalement acculturé mais dont les pierres respirent encore l'art et la littérature, la violence historique et la volonté impériale. Un écrin aujourd'hui vide mais toujours enivrant. Il suffit de marcher au hasard, exposé à toutes les embuscades de beauté et de poésie, et de garder constamment le regard au niveau du premier étage des maisons et immeubles, juste au dessus de la zone où commencent le grouillement et le pourrissement. Ne rien écouter, surtout, ni les palabres des passants, ni les vociférations des obsédés téléphoniques, juste ressentir. Oublier les remugles de pisse se dégageant du clodo vautré sur le trottoir, les vociférations des camés du cellulaire, les éructations des racailles en goguette, la triste passivité des bouches de métro dégueulant leur diarrhée quotidienne de post-humains zombifiés. S’imaginer à une autre époque, en un autre temps, dans les pages d’un roman de Malet ou de Simenon, espérer croiser un mousquetaire ou un hussard au coin de la rue, inventer une barricade, une canonnade, s’évader pour pas cher… La magie de Paris survit à tous les outrages, et si l’on veut bien souvent quitter et fuir ce qu’elle est devenue, c’est en gardant toujours, quelque part au fond de l’âme et du coeur, l’espoir d’y revenir un jour.

 

Xavier Eman  ( in revue Livr'arbitres numéro 47)

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Le temps des vautours

11 Septembre 2024, 18:29pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Quand tu annonces un décès à quelqu’un et que la première question de cette personne est « elle était vaccinée ? » (sous entendu « contre le Covid », bien sûr, les vaccins contre le tétanos ou la polio n’étant pas encore accusés de génocides par ces esprits éclairés… ceci dit, ça viendra sans doute...), tu prends vraiment conscience que tu as basculé dans la post-humanité.

Tu sais dorénavant que tu devras naviguer entre les cinglés d’un camp et ceux de l’autre, les fanatiques divers, les détenteurs de vérités diverses, plus malins et plus informés que tout le monde, avec une connaissance des secrets du monde généralement inversement proportionnelle à celle de la grammaire et de l’orthographe, les excités de tous acabits, les méchants hystérisés, toujours l’insulte au bord des lèvres pour tous ceux qui ne sont pas d’accord avec eux, néo-croyants de nouvelles micro-religions, tous Torquemadas potentiels, prêts à juger et à condamner ceux qui n’ont pas choisi leur voie, spécialistes en tout, connaisseurs multiples, « on ne la leur fait pas », et c’est là l’essentiel, quitte à perdre toute notion du réel, du bon sens, de la nuance ou de la mesure, quitte à perdre même la bienséance, la décence et toute empathie...

Alors non, mon amie décédée bien avant l’âge n’était pas vaccinée, je m’en excuse auprès de vous, vous ne pourrez donc pas vous servir de son cadavre comme d’un argument soutenant vos thèses, ni exhiber son avis de décès sur Facebook en clamant, gorgé de satisfaction, « Encore une ! ».

Mais vous, qui êtes d’ailleurs peut-être vacciné (« non mais obligé, le boulot, tu comprends... et que deux doses ! »), tant les tartuffes sont légion aujourd’hui, vous êtes mort également, pour moi en tout cas. Votre interrogation, indigne et déplacée, vous place parmi les sans coeur et les sans âme, militants compulsifs de leurs propres certitudes, du côté des méchants, des mauvais, des vautours, frères siamois des covidistes hargneux et délirants s’excitant sur les comptages morbides et souhaitant le pire aux réfractaires au vaccin.

Vous êtes les deux faces d’une même pièce, d’une même folie, d’un même extrémisme, d’un même égotisme et individualisme exacerbés… Car peu vous importe, au fond, la vérité, la réalité, et même la santé des uns et des autres, seul compte pour vous le fait « d’avoir eu raison » et de pouvoir le clamer et le démontrer à vos « followers ». Chaque nouveau mort, décrété vacciné, est un ajout à votre tableau de chasse, votre orgasme narcissique, votre passion triste.

Alors désolé, encore une fois, de ne pas pouvoir offrir la dépouille de cette jeune femme - qui avait pourtant, elle, sacrifié son travail à ses convictions- à votre sombre Sabbat, à vos sordides rancoeurs. Sa lumineuse liberté, sa rébellion sereine, son souci des autres, ses questionnements permanents, sa soif de savoir et de connaissance sont l’exact contraire de votre sectarisme simpliste et satisfait, de vos délires sans fin.

Même au fond de son tombeau, elle reste, et restera, plus vivante que vous.

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Vieillesse

20 Octobre 2023, 15:05pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

La vieillesse est sûrement ce moment où l’on ne combat plus par aspiration pour la victoire mais par fidélité à une promesse intime, où l’on ne fait plus les choses par ferveur vitale mais par devoir, où l’on ne se révolte plus face aux succès des imbéciles et des salauds mais où l’on se borne à s’en désoler, où l’on ne se lève plus en attendant une éclaircie mais avec la certitude du mauvais temps, où l’on commence à faire le compte de ce qu’on a perdu, sacrifié, de ce que l’on a raté, gâché, où l’on regarde autour de soi, où l’on se surprend à envier ceux qui ont choisi d’autres voies, où l’on supporte moins bien les critiques, les sarcasmes et les insultes, surtout quand elles viennent de ce qui devrait être « son camp », où les regards de la famille se font plus lourds et pesants, où l’on commence à calculer, à sentir les poches vides, les fins de mois difficiles, les lendemains qui ne chantent pas vraiment… La vieillesse m’entoure, me guette, me frôle parfois, souvent même, avant d’être rejetée à bonne distance par le doux regard un peu myope d’un poète assassiné, par des alignements de croix dans de gigantesques cimetières, par des centaines de bras tendus vers une espérance folle un soir de janvier, par la chaleur du zinc d’un Carré romain, par le sourire confiant de ma femme, par les rires et les danses d’une fin d’UDT, par les rifs d’une guitare idéaliste, par la vue d’un calvaire au hasard d’un chemin.

Nous serons morts avant d’être vieux. Bientôt, ou plus tard.

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Mon "J'accuse" à moi

5 Juin 2023, 17:54pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

J’accuse les féministes germanopratines et autres hystériques du #Metoo d’avoir noyé sous une avalanche de « micro-agressions », parfois uniquement verbales ou « symboliques », la réalité de la violence sexuelle et l’horreur des viols. J’accuse les CSP+ de la dénonciation médiatique d’avoir encombré les premières pages des journaux et les récits télévisuels d’histoires de mains au cul dans des cocktails mondains et de baisers volés dans les piscines de palaces marocains, occultant la crue et sale réalité des viols collectifs et le martyr de tant de filles des cités et banlieues françaises.

Je les accuse d’avoir voulu imposer l’idée qu’il y avait une simple différence de degré, et non de nature, entre un comportement lourdingue et déplacé et des actes du pure barbarie, d’avoir mis sur le même plan des suggestions salaces au cours d’un casting dans la suite d’un producteur et des filles coincées dans le métro par quatre ou cinq racailles en rentrant du travail... Je les accuse de se taire systématiquement quand le profil des harceleurs ou des agresseurs ne correspond pas à leurs fantasmes de privilégiées xénophiles… Je les accuse de se mobiliser devant les théâtres où se produit Depardieu mais de n’avoir pas bougé un pouce pour le procès des tortionnaires de Shaïna, et de tant d’autres… Je les accuse de n’en avoir rien à foutre des gamines qui, à Trappes ou à la Courneuve, ne peuvent pas sortir en jupe sans être considérées comme des putes, des adolescentes prostituée de force, des faits divers crapuleux et sanglants …

Je les accuse de n’être ni féministes ni concrètement opposées aux violences sexistes, mais de n’être simplement que des salopes opportunistes qui après avoir pompé toutes les queues du système pour s’assurer un statut social avantageux ont trouvé un moyen encore plus efficace de promotion et de célébrité.

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