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A moy que chault!

Notre chemin

23 Février 2022, 15:31pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Il faut se méfier des réponses simples à des problèmes complexes. Ce serait un truisme affligeant que de dire cela si notre époque n’avait pas en détestation la tempérance, la nuance, la gradation, et même la simple analyse. Notre temps n’aime rien davantage que le manichéisme, l’hystérie et les vociférations.  Chacun est sommé de choisir son héros et de combattre à mort (sur les réseaux sociaux ou les plateaux télé, n’exagérons rien…) pour celui-ci, abandonnant au passage toute bribe d’honnêteté et tout semblant de mesure. Un monde d’idolâtres, de « groupies », de « supporters » sans cervelle, aussi pavloviens qu’agressifs.

Ainsi, il semble qu’il soit impossible d’être favorable à l’autonomie et l’indépendance ukrainienne sans devenir immédiatement un abject « anti-russe » et, plus grave encore, un horrible « anti-Poutine ». Pourtant, n’étant ni Russe ni Ukrainien, mais Français, c’est une position qui n’a rien d’absurde ni d’intenable, à part, bien sûr, pour les fanatiques (à distance) des deux camps qui semblent s’être trouvés de tristes patriotismes de substitution.

Dans le monde chaotique et hyper-interconnecté dans lequel nous vivons, où des intérêts immenses et contradictoires s’entrecroisent et des lobbys multiples se concurrencent, il faut être bien présomptueux pour prétendre connaître l’issue et les conséquences concrètes des événements et des crises qui secouent le monde. Souvenons-nous, par exemple,  du drame Yougoslave. Faut-il cracher rétrospectivement sur ceux qui avaient choisi le camp Croate ?

Face aux nouvelles pythies de facebook et d’instagram, aux Nostradamus de la géopolitique et autres grands spécialistes du billard diplomatique à douze bandes, le militant sincère n’a qu’un choix qui paraît à peu près digne: tenter d’être fidèle à des principes immuables et transcendants et servir les seuls intérêts de son pays.

Ainsi, au nom de l’anti-impérialisme et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, il convient de défendre le combat des ukrainiens pour vivre dans leur patrie, selon leurs règles, traditions et lois, sans avoir à être les domestiques obligés de leur puissant voisin. Et ce quelques soient les contingences et les circonstances. Est-ce nous qui vivons dans un pays membre fondateur de l’Otan qui allons insulter (ou simplement dénigrer le combat) des nationalistes ukrainiens parce que le leur va peut-être un jour rejoindre cette organisation ? Avons-nous des leçons à leur donner sur la divergence entre le combat mené et les gouvernements qui nous représentent ? Un peu de décence et d’humilité, en ce domaine comme en bien d’autres, ne serait pas superflu…

Ensuite, au nom des intérêts de la France, il est impérieux de refuser le suivisme Otanesque et la subordination aux Etats-Unis, et il est urgent de rompre avec la criminelle niaiserie de la prétendue  « défense des droits de l’homme » qui n’est que le cache-sexe de la stratégie d’hégémonie américaine.

Mais, entre deux Empires, nous n’avons pas à choisir notre vassalité.

C’est avec cette fameuse « troisième voie », qui fait sans doute ricaner les cyniques rebaptisés « réalistes » et « pragmatiques » après un voyage semi-officiel et trois coupes de champagne, qu’il faut renouer, sous peine de disparaître. Car l’époque ne manque pas de gens prêts à se soumettre et à servir le puissant du jour, mais les volontés et les intelligences pour forger notre propre puissance se sont, quant à elles, tragiquement raréfier.

 

 

 

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Encore une condamnation pour les labos pharmaceutiques!

8 Janvier 2022, 17:05pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

C’est une décision de justice qui tombe mal à l’heure où le gouvernement macronien, de plus en plus autoritaire, tente d’obliger la totalité de la population française à accorder une confiance aveugle et absolue aux laboratoires pharmaceutiques et à leurs vaccins expérimentaux. En effet, le tribunal de Paris a estimé mercredi que le laboratoire Sanofi n’avait pas informé les femmes enceintes des risques de malformations et de troubles neurodéveloppementaux que cet antiépileptique faisait courir à leurs futurs enfants. Le géant français du médicament a fait appel de ce jugement.

L’affaire est particulièrement grave et met en lumière la réalité de « l’éthique » de ces groupes industriels dont nos dirigeants sont devenus les véritables VRP (bénévoles ?). Pendant plusieurs années, Sanofi a donc, selon les mots du tribunal, « produit et commercialisé un produit défectueux », au sens où il n’offrait pas la « sécurité à laquelle on peut légitimement s’attendre ».

Ce jugement est le résultat d’une action de groupe, la première en matière de santé, intentée en 2017 par l’Association d’aide aux parents d’enfants souffrant du syndrome de l’anticonvulsivant (Apesac), qui représente plusieurs milliers de victimes de la Dépakine.

Il est aujourd’hui clairement établi que ce médicament, commercialisé depuis 1967, augmente le risque de malformation congénitale (cœur, reins, membres…) et de troubles neurodéveloppementaux (retard de langage, trouble du spectre de l’autisme…) chez les enfants de femmes l’ayant utilisé durant leur grossesse. Selon des estimations, la Dépakine serait responsable de malformations chez 2 150 à 4 100 enfants, et de troubles neurodéveloppementaux chez 16 600 à 30 400 d’entre eux. Un véritable crime d’autant plus abject que le tribunal estime que ces effets néfastes étaient connus et évoqués dans la presse médicale spécialisée depuis les années 80. Mais ce n’est qu’en janvier 2006 que la Dépakine, dans sa notice, a été déconseillée formellement aux femmes enceintes. On espère désormais que les dédommagements seront à la hauteur de ce terrible drame humain qui a ruiné la vie d’innombrables familles.

Ce jugement est l’occasion de se souvenir que les laboratoires pharmaceutiques sont des entreprises privées capitalistes dont l’objectif n’est nullement la santé publique mais l’accumulation des bénéfices. Dans ce cadre, on voit mal en quoi il serait « irresponsable » de ne pas accorder un blanc-seing absolu à ces géants industriels régulièrement condamnés – comme Pfizer – et qui n’ont aucun intérêt à éradiquer des maladies qui sont leurs fonds de commerce et leur rapportent des milliards chaque année. Ne serait-ce pas plutôt le contraire qui serait dangereusement imprudent ? •

Xavier Eman in journal Présent

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Rap, Cannabis, Mangas... Qu'avons-nous fait de nos enfants?

3 Décembre 2021, 15:13pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Les maux qui nous accablent ne viennent pas tous de l’extérieur, certains, hélas, nous rongent intérieurement et ces derniers sont peut-être plus terribles encore car plus insidieux et pernicieux. La déculturation de la jeunesse et son addiction aux drogues sont de ceux-là et font peser sur l’avenir de lourdes inquiétudes si ces tendances ne sont pas efficacement et énergiquement combattues.

Ainsi, le rap, cette musique d’origine afro-américaine devenue le « mode d’expression » des cités de l’immigration de l’Hexagone, est-il devenu la musique la plus écoutée, et de loin, par la jeunesse française, quelle que soit son origine ethnique ou sociale. Ainsi n’est-il pas rare désormais de voir des minets de Passy se dandiner au son du « gangsta rap » made in Trappes ou la Courneuve, quand bien même celui-ci appelle-t-il à « bolosser les babtous » (tabasser les bancs) ou à « niquer la France ». Les rappeurs dominent aujourd’hui notamment les écoutes sur Spotify, l’un des plus gros fournisseurs de musique en ligne, en trustant l’intégralité des places du « top 10 » 2021.

Ces « poètes de la rue » (pour Libé) sont notamment Jul, suivi par Ninho, SCH, Damso, Naps, Booba, PNL, Djadja & Dinaz, PLK et Nekfeu… Ils représentent collectivement des dizaines de millions d’écoutes. Un phénomène qui ne pourrait être qu’une affaire de « goûts » si, au-delà de la violence et du racisme anti-blancs de certains titres, ce « rap français » ne se révélait pas être d’une totale indigence (onomatopées, borborygmes, sous-argot banlieusard, éloge des drogues, du fric…) sombrant souvent dans la débilité pure et simple. Plus qu’inquiétant pour les neurones de ces millions de fans qui ingurgitent cette soupe émétique à doses pluri-quotidiennes !

Parallèlement, on apprenait que le « chèque culture », ces 300 euros généreusement distribués par le gouvernement à tous les Français de 18 ans pour leurs « achats culturels », avait provoqué une véritable ruée sur les « mangas », les bandes dessinées japonaises, à tel point que certains libraires l’ont rebaptisé le « pass mangas ». Les mangas représenteraient en effet près de 80 % des achats réalisés grâce au dispositif gouvernemental. S’il ne s’agit pas de dénigrer cet art populaire nippon, dont certaines créations sont d’une grande qualité (mais les acheteurs en question ont plutôt tendance à se tourner vers les médiocres « bockbusters » comme One Piece ou Demon Slayer), cette tendance lourde démontre de façon criante la déculturation croissante d’une jeunesse coupée de la littérature classique, voir plus globalement du livre, et de la culture nationale et européenne.

Pour parfaire le tableau, le baromètre santé 2020 de Santé publique France nous rappelle que le cannabis reste la drogue illicite la plus consommée en France et que son usage est largement banalisé notamment dans les couches les plus jeunes de la société.

Ainsi, à 17 ans, plus de 40 % des adolescents indiquent en avoir consommé dans l’année, et chez les 18-24 ans, ils sont près de 26 %. La France est par ailleurs le pays qui compte le plus de consommateurs de cannabis parmi les pays de l’Union européenne.

Cet accablant état des lieux ne peut pas être uniquement imputé à « l’époque », au matraquage publicitaire et médiatique ou à une quelconque « fatalité », il est aussi d’évidence le fruit d’une démission collective, notamment éducative et parentale. Il est plus que temps de réagir et la période de Noël peut justement être l’occasion, notamment au travers de cadeaux utiles et intelligents, de tenter d’orienter positivement les plus jeunes et de les éveiller à autre chose qu’à la sous-culture mondialisée dans laquelle ils se complaisent. •

Xavier Eman in journal Présent

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Les banques cassent les tirelires

24 Novembre 2021, 10:43am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Chaque jour, ou presque, nous donne une nouvelle occasion de constater que le capitalisme financier – qu’on nous présente comme l’horizon indépassable et sans alternative de l’économie – est en réalité un système totalement artificiel, profondément injuste et véritablement ubuesque.

Ainsi, à la suite de la récente publication des résultats trimestriels de BNP Paribas, on a pu découvrir que la banque avait réalisé un rachat d’actions de 900 millions d’euros. Cette opération consiste pour une société à racheter ses propres titres afin de les détruire ensuite dans le but de favoriser ses actionnaires. En effet, le capital et le nombre d’actions ayant diminué, le bénéfice par action augmente et le cours de Bourse monte. C’est une façon détournée de rétribuer les actionnaires en plus des traditionnels dividendes annuels.

Ces 900 millions d’euros offerts aux actionnaires ont suscité l’accablement et la grogne des employés de l’entreprise qui, pour leur part, viennent péniblement d’obtenir une ridicule augmentation de salaires de 0,6 % sur un an.

Cette pratique du rachat d’actions est loin d’être une spécificité de BNP Paribas, l’ensemble des grandes institutions financières françaises s’y adonnent, après une courte pause causée par la crise sanitaire. Ainsi, le Crédit agricole SA y a consacré cette année 560 millions d’euros, le réassureur SCOR plus de 200 millions, Axa 1,7 milliard et la Société générale 470 millions alors que dans le même temps elle a annoncé la suppression de 3 700 postes entre 2023 et 2025 à la suite de sa fusion avec le Crédit du Nord. Encore une fois, il est démontré que le capitalisme financier profite quasi exclusivement aux actionnaires et aux spéculateurs dont les revenus exponentiels se constituent au détriment des salaires et de l’emploi.

Ces rachats d’actions sont censés venir compenser l’absence de versements de dividendes pendant la crise sanitaire mais ces sommes dépassent de très loin celles d’un simple « rattrapage » et sont le signe d’une nouvelle « euphorie » (pas pour tout le monde…) du milieu de la banque et des assurances, qui a battu les prévisions les plus optimistes des analystes en matière de bénéfices.

Une euphorie qui pourrait n’être que de courtes durées, la fin des mesures étatiques de soutien à l’économie pouvant provoquer une hausse importante des faillites d’entreprises et une nouvelle crise si banques et assurances ont dilapidé leurs fonds propres et leurs liquidités. Mais peu importe pour le système financier puisque, entre-temps, les actionnaires auront pu une fois de plus se goinfrer et que, en cas de difficultés sérieuses, on appellera au secours, comme toujours, l’Etat – ce « si mauvais gestionnaire », selon les doctes libéraux – pour renflouer les caisses hâtivement vidées. Merveilleux système, n’est-ce pas ? Mais, de toute façon, « il n’y en a pas d’autre ». Il faut le croire puisque ce sont les actionnaires et leurs domestiques médiatiques qui nous le disent. •

Xavier Eman in Journal Présent

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Prix des lecteurs de la presse française libre

16 Novembre 2021, 16:11pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Votez pour le remarquable roman de Thomas Clavel

"Hôtel Beauregard"!

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Le triomphe posthume de De Gaulle

11 Novembre 2021, 14:12pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

L'histoire est imprévisible et réserve d'étonnantes surprises. Ainsi, qui aurait pu penser que celui qui fût l'un des plus grands diviseurs des français deviendrait, un demi siècle après sa mort, le personnage le plus consensuel et le plus oecuménique du paysage politique national ?

En effet, aujourd'hui, d'un bout à l'autre de l'échiquier partisan, tout le monde se réclame de la « figure » du Général, véritable totem au pied duquel, désormais, tout candidat à une quelconque élection se doit de se prosterner. Au fil du temps, De Gaulle est devenu une icône républicaine, l'incarnation de l'Homme d'état avec un grand H, l'exemple indépassable, la statue du commandeur de tous les croyants en la démocratie, le « nec plus ultra » de l'expérience politique, le père tutélaire auquel tout les politiciens se réfèrent, dont tout monde revendique l'héritage.

Comme le notait récemment le journaliste britannique John Lichfield dans Politico, il est devenu « la divinité polycéphale qui préside aux destinées de la politique française » car il est censé représenter, entre autres, « la grandeur prédestinée de la France, la résistance à l’invasion étrangère, la reconnaissance de la volonté du peuple, la conscience sociale, un gouvernement central fort, des valeurs conservatrices sans ambiguïté... ». C'est pourquoi le 9 novembre donne lieu à un véritable « pèlerinage de masse » de prétendants à la présidentielle qui se rendent à Colombey-les-Deux-Églises pour rendre hommage à l'idole. De Zemmour à Montebourg en passant par Bertrand et Barnier, tout le monde s'y colle ! Même Marine Le Pen se croit obligée de participer au culte en affirmant « Nous avons la même vision de la France que de Gaulle : souveraine, indépendante, puissante », tandis que la socialiste Anne Hidalgo se définit comme « une gaulliste du 18 juin » et que le LR Christian Jacob déclare  « Nous sommes la famille politique du général de Gaulle. Notre responsabilité est de rétablir la grandeur de la France ».

« La course à l'échalote gaulliste ne pourrait être que ridicule si elle n'était pas basée sur la falsification mémorielle et l'amnésie historique. Oublié l'officier toujours battu, oublié le fusilleur de Brasillach, oublié le bradeur de l'Algérie française, oublié le sacrificateur des harkis, oublié le fuyard de Baden-Baden... Bénéficiant de la médiocrité et de la petitesse de ses successeurs, De Gaulle s'est progressivement imposé dans l'imaginaire collectif comme une figure mythifiée pourtant très éloignée de la réalité des faits.

Chaque époque a les modèles qu'elle mérite, la notre a décidé de vénérer la statue creuse du Général. On nous permettra de ne pas participer à cette grande tartufferie. »

Xavier Eman in Journal Présent

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Jusqu’ici, tout va bien…

26 Octobre 2021, 13:58pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Pour son deuxième roman (après l’excellent et très original « Poids-lourd »), Paul Fortune nous emmènent sur les pas de Michael, un « petit blanc » de banlieue qui supporte de plus en plus difficilement son existence étriquée, bornée par le périphérique, le pavillon familiale et l’entrepôt où il confectionne des colis pour une grosse boite de vente en ligne. Beaucoup de béton, peu d’argent, peu de perspectives d’avenir, et le sentiment d’être un citoyen de seconde zone dans son propre pays. Un profil qui n’intéresse pas les médias, ni les sociologues, ni les « associations », ni les cinéastes engagés, ni les filles... Qui n’intéresse personne en fait. « Trop seul, trop pâle. Trop seul pour qu’on te craigne, trop pâle pour qu’on te plaigne » comme le chantait le groupe de rock identitaire français « Vae Victis ».

Si Michael a le sentiment d’étouffer, c’est aussi parce que le spectacle de ce qu’est devenue la France le blesse et l’accable. L’omniprésence des immigrés, l’islamisation du quotidien, la peur qui rôde, les petites humiliations infligées par des racailles arrogantes… Son pays lui fait mal et c’est pourquoi il s’est engagé à « l’extrême-droite », dans un groupuscule nationaliste où il milite avec toute l’énergie du désespoir. Beaucoup de collages, beaucoup de discours, beaucoup de posture, beaucoup de bière et quelques bagarres, mais bien peu de résultats… Même cet engagement lui apparaît bientôt comme une impasse, une sorte de « jeu » sans prise sur le réel, une pantomime qui le renvoie à son impuissance face au délitement de la nation.  C’est dans la boxe – pratiquée dans un club de cité où il est l’un des seuls autochtones – qu’il trouve alors un exutoire et découvre la puissance libératrice et expiatoire de la violence et de la souffrance physique. Après un nouvel échec, celui d’une amourette condamnée d’avance par les différences sociales, Michael commence à penser qu’il n’y aura jamais rien pour lui, ni aujourd’hui, ni demain. La seule issue qu’il envisage alors est de provoquer un déclic, de forcer le destin par un événement extrême suscitant une rupture, un sursaut… Pour qu’enfin il se passe quelque chose… « La peur, la résignation, la rage silencieuse, tout cela éclaterait d’un coup en une immense déflagration qui ferait régner la terreur chez les autres. »

Dans un style efficace et sans fioritures, presque clinique, Paul Fortune nous narre donc, sans hagiographie mais sans jugement moral, la « dérive » de ce jeune français ordinaire abandonné par un pays qui n’a plus le souci de ses propres enfants. Un récit implacable et passablement glaçant qui ne manquera pas de trouver un écho chez nombre de militants confrontés eux-aussi à des moments de désespérance qu’il faut à toutes forces dépasser pour que les choses ne finissent pas aussi mal que dans les pages du roman.

Xavier Eman

« Dérive », de Paul Fortune, 242 pages.

 

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RDV

26 Octobre 2021, 13:56pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

 

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CASSANDRE CONDAMNÉE, LA JUSTICE DÉSHONORÉE

22 Octobre 2021, 15:34pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Le dernier clou sur le cercueil d’une justice honnête, indépendante et légitime vient d’être planté par le tribunal correctionnel de Metz. Celui-ci a en effet condamné Cassandre Fristot, la jeune enseignante qui avait brandi une pancarte marquée d’un « Qui ? » et d’une liste de noms lors d’une manifestation contre le passe sanitaire le 7 août, à six mois de prison avec sursis. Six mois avec sursis pour un bout de carton qui n’avait créé aucun trouble lors de la manifestation et qu’il faut toute la malhonnêteté intellectuelle des Torquemada de la bien-pensance, grands spécialistes de l’analyse des pensées secrètes et même des arrière-pensées, pour qualifier « d’antisémite ».

Comble de l’aberration, les juges sont même allés bien au-delà des réquisitions du parquet qui avait requis trois mois de prison avec sursis et trois ans d’inéligibilité contre la prévenue, qui ne s’était pas déplacée à l’audience le 8 septembre et n’était pas non plus présente mercredi à l’énoncé du jugement. Par cet acharnement, les magistrats messins – les mêmes qui se montrent si laxistes et compréhensifs envers les voyous et dealers des cités – démontrent qu’ils se sont plus que les hargneux matons de la citadelle idéologique « antiracisme-lutte contre l’antisémitisme », concepts fourre-tout et extensibles à l’infini, devenus des armes de destruction massive contre toute contestation et toute dissidence.

« Dénoncer les puissants »

C’est, rappelons-le, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin qui avait le premier sonné l’hallali en promettant que cette pancarte « abjecte » ne resterait pas « impunie » et en déployant, pour retrouver et embastiller la jeune femme, des moyens dignes de l’antiterrorisme. Son comparse du gang gouvernemental, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, avait pour sa part annoncé que l’enseignante serait suspendue, traitement hautement expéditif s’asseyant allègrement sur la présomption d’innocence. Interpellée le 9 août à Hombourg-Haut en Moselle, Cassandre Fristot avait expliqué pour sa part aux policiers qu’elle voulait « dénoncer les puissants, je leur reproche leurs décisions et non leur confession religieuse ». Des propos jugés intolérables et aujourd’hui criminalisés. Les choses sont désormais d’une très grande clarté : il est rigoureusement interdit de s’interroger sur les agissements des responsables politiques quant à leur gestion calamiteuse de la crise du Covid, ni même de simplement les nommer s’ils sont de confession juive. Cette décision ubuesque, nouvelle et énième restriction à la liberté d’expression, crée par ailleurs un inquiétant et dangereux précédent puisque ce ne sont ni des actes ni des faits qui sont condamnés mais des motivations supposées, prétendument mises au jour par de simples interprétations plus ou moins convaincantes. Ce n’est, ni plus ni moins, qu’un retour aux procès en sorcellerie.

Cassandre Fristot, privée de ressources et jeté en pâture à la vindicte générale, va bien évidemment faire appel de ce jugement inique. En espérant que les juges du second degré aient une laisse un peu moins courte que celle de leurs collègues du tribunal correctionnel. •

Xavier Eman in Journal Présent 

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Et le désert avançait, peuplé d'une multitude d'errants…

14 Octobre 2021, 17:11pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

François cherchait avidement du regard un quelconque vestige auquel se raccrocher pour enfin ressentir cette joyeuse nostalgie qu'il était venu chercher en retournant, tant d'années après, sur la place du village qui l'avait vu naître.

Mais il ne trouvait rien. Pas même l'ombre du grand châtaignier qui maternait paisiblement ses jeux de marelle ni la vieille fontaine dont le cliquetis l'excédait lorsqu'il se concentrait pour remporter une partie de billes « à la tic ». Rien. Tout avait changé. Ou plus exactement, tout avait dépéri. La rue principale était déserte, aucun cri d'enfants ni vocifération de joueurs de pétanque ne venait troubler l'infâme grésillement télévisuel qui s'échappait des quelques fenêtres entrouvertes.

Les trois quarts des maisons du centre-ville étaient hermétiquement closes, mortes 10 mois par an depuis qu'elles n'étaient plus que les résidences secondaires de riches hollandais.

Tout le monde au village était attaché à son terroir, à ses traditions, à ses origines, mais on avait quand même préféré céder les maisons aux bataves pleins de pognon plutôt qu'aux enfants du pays pas très solvables ou aux quelques jeunes couples citadins qui rêvaient de « retour à la terre ». Il y a des priorités et on avait fait de bonnes affaires. L'atavisme paysan n'a pas que des bons côtés.

L'église avait fermé, comme partout, et finissait de se délabrer dans de grands soupirs qui faisaient régulièrement dégringoler quelques pierres de ses saintes et anachroniques statues.

Les impôts locaux payés par les nouveaux résidents avaient permis de ravaler la façade de la mairie qui exhibait maintenant l'indécente blancheur de son rayonnement républicain qui la faisait ressembler à un Pierrot hilare égaré au milieu d'un cimetière.

Les commerces avaient disparu, le boulanger s'était pendu, son fils passait un concours de catégorie B de la fonction publique.

Tout allait pour le mieux.

 

ZTP - Septembre 2009

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