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A moy que chault!

César 2021 : Les clowns tristes du cinéma français

14 Mars 2021, 19:39pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Cela fait bien longtemps que la « cérémonie des Césars » n’a plus rien à voir avec le septième art et s’est transformée en une grande AG pour guevaristes germanopratins venant, entre deux lignes de coke, donner des leçons d’antiracisme, de tolérance, d’égalitarisme, de féminisme et de grandeur d’âme au reste du monde. L’édition 2021 a néanmoins franchi un cap supplémentaire : celui du pathétique et du sordide.

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Bistrots

6 Mars 2021, 18:17pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Où sont-ils les Dédé, les Fabrice, les Tarik qui venaient, à la sortie du boulot, boire leur demi ou leur anisette au comptoir, discutant avec la patronne et bénéficiant des conseils PMU de Momo qui était particulièrement au courant puisqu'il avait passé la journée à analyser Paris Turf et les pages hippiques du Parisien ? Où est-il Loulou, qui « en avait marre des bougnoules » (« Je dis pas ça pour toi Tarik, toi t'es un copain, je parle en général... ») et qui trouvait « qu'un patron chinois, ça fait chier, mais au moins, ça fait voyager... » ? Où-sont elles ces ombres timides qui n'osaient pas trop parler mais écoutaient et souriaient aux rythme des divers soubresauts de la conversation ? Où sont-ils ces couples illégitimes échangeant des baisers indécents et passionnés sous l'oeil égrillard des habitués ? Où sont-ils ces apprentis écrivains griffonnant, après plusieurs minutes passées dans la contemplation du plafond, quelques mots enragés et définitifs sur leur carnet moleskine ? Où sont-elles ces demi-vielles, à la fois aguicheuses et dédaigneuses, venues s'illusionner quelques moments sur le pouvoir de leurs charmes fanées ? Où sont-ils ces joueurs de belote qui semblaient vouloir se confondre avec un décor de film en noir et blanc?  Où sont-ils ces analystes politiques, ces géopolitologues, ces experts en tout se découvrant une nouvelle spécialité à chaque tournée ? Où sont-ils ces vieillards crevassés et tremblants, terrorisés à l'idée de se retrouver seuls à l'heure de la fermeture ? Ou sont-ils ces hommes mal mariés s'offrant une parenthèse avant l'enfer conjugal? Et où suis-je moi qui aimait tant ce demi-monde, pas toujours brillant mais parfois génial, à la fois accablant et chaleureux, bancal et fatigué, hilarant et tragique, glorieux et misérable, qui ressemblait tant à la vie ?

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L'effacement des visages...

6 Mars 2021, 15:04pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

La crise sanitaire que nous traversons, où se mêlent allègrement le grotesque et le tragique, offre indéniablement une excellente matière première aux romanciers et plus particulièrement à ceux adeptes de la dystopie. C'est le cas de Thomas Clavel qui nous offre un nouveau roman en forme de vertigineuse plongée dans le monde de la « 4e vague » du virus Covidien.

 

Un monde où la propagande hygiéniste s'est encore accrue de plusieurs degrés, où la litanie des « gestes barrières » est devenue un nouvel Evangile (« Eloignez vous les uns les autres ! ») et où la chasse aux récalcitrants est désormais l'activité favorite des « bons citoyens » avides de délation et d'ostracisation sociale.

« Hôtel Beauregard » est d'ailleurs le récit d'un lynchage, celui d'une jeune doctorante dont la vie va basculer dans l'horreur par la faute d'un oubli de port du masque sur une photo de groupe postée sur internet.

Le récit de Thomas Clavel est constitué de plusieurs strates. C'est tout d'abord un réquisitoire impitoyable contre la lâcheté et la violence des réseaux sociaux où, régulièrement, des individus sont jetés en pâture, par des petits procureurs incultes et haineux désormais appelés « youtubeurs », « instagrameuses » ou « influençeuses », à des hordes de « suiveurs » se laissant aller – sous couvert d'un anonymat relatif ou du moins temporaire – à leurs plus bas et vils instincts, à l'injure, aux crachats, aux menaces. Et d'un lynchage virtuel à un lynchage physique, il n'y a qu'un pas. On ne contrevient pas impunément aux dogmes du temps.

« Hotel Beauregard » est ensuite une profonde réflexion sur la soumission et sur la peur (« Ils l'adorent cette peur là ! Ils la vénèrent ! Ils l'alimentent comme un petit foyer ! Car cette peur, elle est le moteur de leur haine ! Elle est la condition sine qua non de leur colère illimitée! »), une réflexion qui interpelle particulièrement cruellement le lecteur à l'heure où nous glissons doucement, jour après jour, presque sans résistance, dans une « tyrannie sanitaire » aussi ubuesque qu'impitoyable.

C'est enfin le glaçant tableau d'un monde déshumanisé, du monde « sans visage » qui est à nos portes. Et c'est bien cela qui noue l'estomac à la lecture de certaines pages de ce brillant roman, la sensation que ce monde étouffant et cauchemardesque qui y est décrit, nous y sommes presque, nous sommes en train d'y entrer, nous y sommes peut-être même déjà en grande partie...

Ecrit dans une langue limpide et ciselée, ce deuxième roman de Thomas Clavel s'impose d'ors et déjà comme l'un est textes importants de l'année 2021 et comme un sérieux candidat au prochain Prix des lecteurs de la presse libre !

 

Xavier Eman in « Présent » du samedi 6 Maris 2021 ( www.present.fr )

 

« Hôtel Beauregard », de Thomas Clavel, Editions la Nouvelle Librairie, 220 p., 14,90 euros.

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Drieu, le corps et l'esprit...

5 Mars 2021, 13:41pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Les éditions Pardès poursuivent leur remarquable travail de réédition des œuvres, aujourd'hui tombées dans le domaine public, des écrivains « maudits » des années 40, avec la parution de « Notes pour comprendre le siècle », un court et dense essai de Pierre Drieu la Rochelle. L'occasion de se replonger dans une pensée fine, ardente et complexe, trop souvent masquée par les engagements politiques de l'auteur.

 

Mêlant considérations d'histoire littéraire et considérations d'histoire générale dans l'apparent désordre d'un « carnet de notes », Drieu nous propose ici une brillante chronologie de l'évolution de la pensée européenne autour d'un axe principal et fondamental : la relation entre le corps et l'esprit, leur nécessaire complémentarité, les conséquences dramatiques de leur séparation ou de leur opposition...

Drieu débute son propos en célébrant un moyen-âge héroïque et spirituel, temps d'une « grande santé » à la fois physique et morale, où chevaliers, bâtisseurs de cathédrales, artisans et paysans, vivaient dans la pleine conscience de la vitalité d'un corps au service tant de leur existence quotidienne que de la transcendance religieuse.

« Ces châteaux et ces cathédrales n'ont pu être bâtis par des chétifs ni par des tristes. Il y a à la fois une raison et une audace de la raison dans le plan des cathédrales qui ne peuvent être comprises seulement comme l'effet d'une ardente foi extra-terrestre, mais comme confiance dans la vie, joie de vivre, affirmation exubérante de l'immédiat. » écrit-il. Après, vient le temps du délitement, de la décadence, de la lente séparation du corps et de l'esprit, de l'excès d'intellectualisme... L'homme se coupe du spirituel et du mystique, il se rétracte, se rétrécit, la raison devient rationalisme... Drieu se penche alors, avec une grande et subtile érudition qui ne tombe jamais dans la pédanterie ou le jargonnage, sur les tentatives de résistance à ce « désenchantement du monde » que furent notamment le romantisme et le symbolisme, mais, tout en saluant les mérites de leurs plus brillants représentants, il en souligne les insuffisances et, au final, constate leur échec.

La réponse à cette « décadence » qui l'obsède, cette lente dégradation de « l'homme européen », il croit alors l'entrevoir dans la figure du « fasciste » et le développement de l'autoritarisme italien et, peut-être plus encore, des totalitarismes allemand et russe. Il pense discerner dans l'énergie et le vitalisme de ces mouvements la possible naissance d'un « homme nouveau » qui serait en réalité la résurgence de « l'homme éternel », de « l'homme complet », de l'homme du moyen-âge tant vanté. Cette espérance sera son drame, son aveuglement diront certains, sa faute, ou même son crime affirmeront sans doute ceux qui jugent le passé avec toute l'arrogance manichéenne du présent.

Mais si ses illusions seront tragiquement broyées par les horreurs de la guerre, reste un constat d'une implacable lucidité, un recherche ardente et passionnée d'une issue, d'un sursaut, qui reste toujours d'une brûlante actualité.

 

Xavier Eman in revue « Livr'arbitres » numéro 32  ( www.livrarbitres.com )

 

Pierre Drieu La Rochelle, « Notes pour comprendre le siècle », Editions Pardès, 2020, 135 p., 16 euros.

 

 

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Les guerriers et les esthètes

28 Février 2021, 12:49pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Né en 1907 dans une famille modeste, Maurice Bardèche obtient, après son certificat d'études, une bourse lui permettant de poursuivre de brillantes études, en hypokhâgne au lycée Louis-le-Grand tout d’abord, puis à l’Ecole Normale Supérieure. C’est dans cette illustre institution qu’il se noue d’amitié avec Robert Brasillach, dont il deviendra le beau-frère et dont la condamnation à mort puis l’exécution en 1945 le marquera très profondément. Une fois agrégé de Lettres, il enseigne à la Sorbonne et devient un critique reconnu, notamment de l’œuvre de Balzac. Durant la guerre, il se concentre essentiellement sur l’enseignement et ses travaux littéraires. Mais la mort de Brasillach, véritable déchirement, va « forcer » un engagement politique qui n’est pas dans sa nature. Il va alors se consacrer à la défense des « vaincus », au révisionnisme historique et à l’illustration de sa vision du « fascisme ».

C’est durant cette seconde partie de sa vie qu’il écrit - en 1969 - « Sparte et les Sudistes », œuvre à mi-chemin entre le traité philosophique et l’écrit de combat, dans laquelle il présente sa vision du monde, un monde qui parviendrait à faire la jonction et l’amalgame harmonieux entre les valeurs viriles et guerrières de « Sparte » et la sagesse, la bienveillance et l’art de vivre des « Sudistes ».

La première partie du livre est une critique aussi acerbe que radicale de « l’homme dévoyé » qu’est devenu pour Bardèche l’homme moderne. Un homme « diminué », abaissé par le mythe de l’égalitarisme et totalement dominé par le matérialisme et la logique économique. Dans la seconde partie, il oppose à cet être décadent la figure de « l’homme naturel », celui qui, justement, arrive à faire cohabiter en lui-même les qualités de « Sparte » et des « Sudistes », le vitalisme et la virilité altière venant compléter le bonheur de vivre, la politesse et la générosité. Pour atteindre ce stade, pas d’autre chemin pour lui qu’une « troisième voie » entre la démocratie « libérale » et le marxisme qui sont deux matérialismes fonctionnalistes sans beauté ni élévation. Cette troisième voie est, selon Bardèche, celle du « fascisme » dont il dissocie «  l’essence » de ses incarnations historiques, et notamment de ses versions italienne et germanique («Je crois à l’inégalité parmi les hommes, à la malfaisance de certaines formes de la liberté, à l’hypocrisie de la fraternité. Je crois à la force et à la générosité. Je crois à d’autres hiérarchies que celle de l’argent. Je crois le monde pourri par ses idéologies. Je crois que gouverner c’est préserver notre indépendance, puis nous laisser vivre à notre gré.»).

On peut au final considérer cet ouvrage comme un cri de révolte contre l’éradication d’une « certaine manière d’être », d’une certaine « conception de la vie ». Face à ce péril, l’Europe n’a pas besoin de « la résurrection d’une doctrine, ni d’une certaine forme d’Etat, encore moins d’un caporalisme et d’une police, mais du retour à une certaine définition de l’homme et à une certaine hiérarchie ». Dans cette définition de l’homme, Bardèche intègre « le sentiment de l’honneur, le courage, l’énergie, la loyauté, le respect de la parole donnée, le civisme ». Et la hiérarchie qu’il appelle de ses voeux est celle « qui place ces qualités au-dessus de tous les avantages donnés par la naissance, la fortune, les alliances, et qui choisit l’élite en considération de ces seules quotités ». Une aspiration encore aujourd’hui de la plus grande acuité.

Xavier Eman, in « La bibliothèque du jeune européen, 200 essais pour apprendre à penser », Edtions du Rocher.

 

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Fons Perennis

26 Février 2021, 15:12pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

J’apprends avec beaucoup de tristesse, et non sans colère, que la police italienne a pris le contrôle et placé sous saisie l’occupation de Macarese tenue depuis de nombreuses années par la communauté Fons Perennis qui m’y avait reçu – parmi nombre d’autres camarades européens  - à plusieurs reprises avec toute la gentillesse et la souriante bienveillance qui caractérisent ses membres. Ce bâtiment, laissé totalement à l’abandon par les pouvoirs publics démissionnaires, avait patiemment été reconstruit et restauré grâce au travail acharné de la communauté pour devenir peu à peu un lieu accueillant, un lieu vivant, un lieu de culture et de solidarité concrète. On y élevait des poules, on y faisait du vin, on y organisait des formations, des conférences et des concerts…  Pour le système c’était insupportable, il fallait punir un tel crime, mettre un terme à une pareille provocation ! Mieux vaut un tas de ruines mangé par les ronces  et les mauvaises herbes qu’une communauté non conforme, patriote  et solaire… L’Etat contre le peuple. Une fois encore.

Je ne doute pas que cette injustice et cette épreuve, qu’ils sauront surmonter, rendront encore  plus forts et soudés les membres de cette communauté si méritante. Je leur adresse mes plus sincères, amicales et solidaires pensées. En attendant, je l’espère, de pouvoir les aider plus concrètement.

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Demain, tous violeurs?

19 Février 2021, 15:53pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

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Du soldat à l'anarque...

1 Février 2021, 18:08pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Intellectuel majeur de la « révolution conservatrice », figure tutélaire de la « Nouvelle Droite », Ernst Jünger est peut-être plus souvent cité qu'il n'est véritablement lu. C'est malheureusement souvent le sort des auteurs devenus d'intouchables « icônes », tant pour leur œuvre que pour leur existence, que l'on n'ose à peine approcher et que l'on réduit à quelques brillants aphorismes. Pour remédier à cet état de faits, Alain de Benoist nous offre une remarquable porte d'entrée dans la pensée et la création de l'auteur allemand grâce à son dernier ouvrage « Ernst Jünger, entre les dieux et les titans ».

Avec le brillant sens de la synthèse qu'on lui connaît, Alain de Benoist nous propose un panorama aussi complet qu'accessible à une pensée complexe, évolutive, polymorphe et ambitieuse qui s'articule autour de quatre figures principales : le soldat, le travailleur, le rebelle et l'anarque.

Si Ernst Jünger est indéniablement l'un des penseurs majeurs du XXe siècle, il est difficilement « classable », « catégorisable », c'est une figure atypique, « à part », qui n'a jamais voulu enchaîner sa réflexion à la rigidité d'une quelconque idéologie, remettant sans cesse en question ses propres convictions, éprouvant ses certitudes par de nouvelles analyses. On fera ici aisément le parallèle avec l'auteur de l'ouvrage, lui aussi allergique aux « étiquettes » et aux oeillières partisanes et cherchant à dépasser les clivages désuets ou artificiels, notamment celui, vidé de sens par les nouvelles problématiques contemporaines, de la « droite » et de la « gauche « .

Anti-individualiste, anti-bourgeoise, la pensée d'Ernst Jünger va évoluer de la mystique guerrière et d'une croyance prométhéenne en la « technique » à l'aspiration à un monde affranchi de l'argent et du matérialisme, libérant un écosystème réenchanté. « Quand le monde nous semble vaciller sur ses bases, un regard jeté sur une fleur peut rétablir l'ordre » affirmait-il en 1948 dans « La cabane dans la vigne ».

Alain de Benoist nous accompagne donc sur ce parcours intellectuel pas toujours facile à suivre mais sans cesse stimulant, comme peut l'être une randonnée en montagne où l'on chemine tantôt sur la ligne de crête, tantôt près du précipice et où seuls des passages ardus donnent accès aux paysages les plus somptueux.

A l'analyse philosophique de l'oeuvre, rigoureuse et exigeante, s'ajoute d'innombrables éléments biographiques qui facilitent et agrémentent la lecture de cet ouvrage érudit.

Xavier Eman, in Présent du 30 janvier 2021

Alain de Benoist, « Ernst Jünger, entre les dieux et les titans », Editions Via Romana, 201 p., 20 euros.

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Renards furtifs

22 Janvier 2021, 11:44am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Pour être libre, il faut parfois – il faut souvent – désobéir. Non pas par goût de la transgression, par bravade ou volonté de provoquer mais pour défendre concrètement, sereinement, efficacement, non pas LA liberté, aussi immense qu'abstraite, mais cet ensemble de petites libertés quotidiennes, privées comme publiques, qui constituent le sens et le sel de l'existence.

C'est pourquoi il est non seulement vain mais également indigne de se borner à attendre d'un gouvernement corrompu et versatile qu'il daigne nous faire l'aumône de quelques allègements du joug inepte qu'il nous a imposé. Nos libertés ne sont pas négociables, les marchander c'est déjà les perdre, rien de ce qui nous a été volé ne nous sera rendu si nous nous contentons d'espérer passivement le bon vouloir des princes.

C'est donc à chacun de nous, chaque jour, de défier les consignes imbéciles et les ordres incohérents, et de nous réapproprier nos droits à respirer, à nous déplacer, à nous rassembler, à manifester, à rire, à festoyer, à réunir nos familles et nos clans. Sans orgueil démesuré, sans démonstration inutilement excessive, sans nous prendre pour des héros, mais simplement avec la tranquille assurance et l'inébranlable légitimité des hommes autonomes et indépendants qui ont bien l'intention de le rester. Ou de le redevenir.

 

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Fallet

13 Janvier 2021, 17:02pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Ca se confirme, je suis bien davantage sensible à la France de René Fallet qu'au prométhéisme nietzschéen ou à l'aristocratisme évolien... On a beau lutter, vouloir, lire, essayer, à un moment, à un âge, il faut être honnête, se rendre à l'évidence, admettre, accepter. Aventurier sédentaire, conquérant contemplatif, rêveur de comptoir et voyageur en pensées, aimant la permanence, le solide, les vieilles pierres, les vieux copains, les chemins creux, les calvaires, le silence des églises et des bibliothèques, le cliquetis des bouteilles et le rire des camarades, plus sensible à la poésie de la vigne qu'à celle des envolées de fusées, à la restauration des monuments qu'à la création robotique, à la poularde aux morilles qu'à la cuisine moléculaire, aux trognes crevassées qu'aux puretés eugénistes ... La nouveauté, l'innovation me laissent de marbre, quand une vieille marche d'escalier usée par le passage des générations peut me me mener les larmes aux yeux.. La puissance m'indiffère quand la bonté m'émeut, la richesse parvenue m'écoeure quand la générosité m'oblige, le talent et l'intelligence ne m'impressionnent que lorsqu'ils sont bornés par les garde-fous de l'humilité et de la sagesse... Ne pas vivre dans le passé, bien sûr, absurde impuissance!, mais dans l'intemporel, amant et protecteur de tout ce qui mérite de subsister, la dignité des hommes et la beauté des femmes, l'eau clair des ruisseaux, la fureur des orages, le toit qui protège et la cheminée qui réchauffe. Etre le gardien non pas d'un musée mais d'un temple où dansent les muses de la raison et celles de la folie dans la bacchanale dérisoire et grandiose du quotidien.

 

 

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