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A moy que chault!

Sortir

16 Octobre 2014, 00:22am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Sur le plan de travail de la cuisine, une machine à café Nespresso d'un rouge rutilant, posé sur le frigo une boite d'antidépresseurs et sur le mur une photo de New-York en noir et blanc. On est en territoire connu. Un appartement comme on en a vu des dizaines. A croire qu'Ikea fournit ces accessoires conjointement à ses meubles. On n'est pas encore entré dans le salon mais on imagine déjà les disques de jazz et les livres d'art sur la table basse. C'est sympa. Un appart sympa. Il y a aussi des gens, il faudrait leur parler. On est un peu là pour ça. C'est pas en restant chez soi qu'on va rencontrer quelqu'un. Quelqu'un, n'importe qui. Faut parler, sourire, questionner. Ce ne sont pas les autres qui vont venir te voir. Déjà là, ça fait 15 minutes que tu es dans la cuisine à contempler la vaisselle sale dans l'évier. Va falloir passer la seconde. S'approcher d'un groupe, tenter de s'immiscer dans une conversation. Y'a du gros sujet en plus, du lourd. A droite le synode sur la famille, avec une belle brochette de drogués, d'adultérins et de suceuses de cages d'escaliers profondément choqués par la « dérive progressiste » de l'église. A gauche, plus consensuel et généraliste, les inondations dans le sud de la France. Un peu plat, il est vrai, mais pouvant toujours aboutir sur une polémique enflammée autour de la question du réchauffement climatique. Difficile de choisir, de trancher. Se servir un verre avant de prendre une décision. Au moment où vous saisissez la bouteille, un grand type en polo Ralph Lauren vous dit qu'il s'agit d'un Château Cagole 95, une excellente année pour les Graves. On en a strictement rien à foutre mais on sourit quand même en poussant une petite exclamation admirative. « Moi j'ai apporté du Sidi-Brahim, l'avantage c'est qu'il est constant d'une année sur l'autre », vous dites, mais ça ne fait pas rire du tout Ralph Lauren qui vous tourne rapidement le dos. Première tentative de contact ratée. On s'en fout un peu d'ailleurs, car c'est plutôt à des filles qu'on voudrait parler. Sinon on serait mieux avec un bon bouquin devant un feu de cheminée. Mais pour les filles, faut commencer petit, essayer d'en repérer une avec une tête de mère célibataire ayant du mal à boucler ses fins de mois. Pas trop la population du jour malheureusement... Là on est plus dans la néo-trentenaire encore pleine d'enthousiasme et d'ambition, avec des exigences et un standing. Pas gagné. Passer à la vodka pour mieux réfléchir. Un petit coup de coude à Ralph Lauren pour lui demander si 2014 est une bonne année pour la Zubrovska. Regard haineux. Lui c'est bon, il vous déteste comme il faut et commence même à se demander si vous avez bien été invité ou si vous vous êtes tapé l'incruste en voyant de la lumière et des crétins qui rigolent fort pour montrer qu'ils s'éclatent trop. Mais non, vous avez bien le pass, validé à l'instant même par l'accolade bisouteuse de l'hôtesse qui s'exclame que « c'est cool que vous soyez venu ». Pourquoi, on ne sait pas trop, mais peu importe, il faut bien dire quelque chose à ses invités. Enfin ce n'est pas tout ça, mais faudrait voir à amorcer une ébauche de stratégie... Ceci dit, il est déjà tard. Et puis ça commence à se faire des lignes de coke sous l'icône de la Vierge. En fait, il est temps de rentrer.

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Des rêves

15 Octobre 2014, 22:54pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

On rêve de révolution et les comptoirs des bistrots sont nos seules barricades. On rêve de littérature et on finit dans des pince-fesses où les écrivaillons de second plan flattent ceux situés un peu au dessus d'eux et où règne le copinage et l'endogamie entre faciès de fin de race gavés à la cocaïne et à la passion de soi-même. On rêve d'amour et on baise dans des voitures ou sous un porche puant l'urine des filles ivres et paumées. On rêve trop, on rêve mal. On croit que le rêve est une volonté alors qu'il n'est plus qu'un gémissement amorphe.

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Pas de bol

14 Octobre 2014, 23:30pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Quand j'étais petit, bercé d'héroïques récits de résistance et d'imagerie nationaliste, et bien qu'à moitié alsacien, je n'aimais pas beaucoup les allemands. J'en tuais même en grand nombre dans mes jeux d'enfants. D'ailleurs j'habitais à l'époque boulevard Paul Déroulède, c'était – pensais-je - un signe. Quel ne fût donc pas mon trouble et mon affliction lorsque j'appris, presque par hasard d'ailleurs, que mon grand-père avait combattu sous l'uniforme boche honni. Je découvrais alors l'histoire des « malgré nous » puis, étonnement plus grand encore, que tous les « malgré nous » n'avaient pas été aussi « malgré eux » que cela... Je commençais ainsi à discerner que l'histoire n'était ni simple ni manichéenne. C'est à cet instant, je pense, que j'ai été perdu pour l'époque. C'est par la confrontation à la nuance et à la complexité que je me suis à la fois exclu et extrait d'un monde qui vomit ces concepts. A vrai dire, il aurait peut-être mieux valu que j'ai un grand père FFI et « juste » comme 99% des français si l'on en croit les récits familiaux.

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Ainsi

14 Octobre 2014, 23:07pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Le petit qui dort. Sa mère également. La télé allumée. L'angoisse qui revient avec sa question lancinante : et maintenant ? Sur la table, la vaisselle sale qu'il s'est engagée à débarrasser est un bien piètre interlocuteur. Envie de fumer, de boire. Mais pas possible, interdit. Une clope à la fenêtre, à la rigueur. A condition de bien aérer. Pourtant il faut vite tuer le doute, dissiper le trouble. Car chaque instant de questionnement est un temps de sommeil en moins. Et demain, le réveil implacable sonnera, indifférent à toute chose, à 6h45 pour une nouvelle journée de travail passée à gagner de quoi entourer petit et sa mère d'une sécurité et d'un confort dont on ne lui sera même pas un reconnaissant. Un minimum. Une obligation. Sur les rayonnages des bibliothèques, des livres qu'il n'a plus le temps d'ouvrir. Dans les cadres, des affiches dont il finira par avoir honte. Plus baisé depuis des semaines. D'ailleurs plus tellement envie. Se convaincre, oublier, repartir. Chaque jour comme un nouveau commencement et une nouvelle fin.

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L'amour

14 Octobre 2014, 23:00pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

  • « Tu sais, depuis que je l'ai quitté, il est complètement détruit... »

  • « Ha... »

  • « Oui, il va avoir du mal à s'en remettre, j'ai peur qu'il fasse un truc grave... »

  • « Ha oui, quand même... »

  • « Ben oui, tu imagines ce que c'est, ce que ça représente ? »

  • « Heu, quoi donc ? Etre quitté par toi ? »

  • « Oui... enfin non, enfin je veux dire... tu vois, il était quand même raide dingue de moi... »

  • « Oui, j'imagine... »

  • « Enfin bon, j'espère qu'il parviendra à se reconstruire... »

  • « Moi aussi. »

  • « Non mais toi qui le connais, il fait des conneries non ? »

  • « Oui. Ceci dit, il ne t'avait pas franchement attendu pour cela... »

  • « Ha ben voilà, tu vois.... Il replonge... Après avoir aperçu l'empyrée, il retombe dans le caniveau... Ha, je m'en veux tu sais... »

  • « Oui, ça ne doit pas être facile... »

  • « Ha ça non ! Heureusement que j'ai beaucoup d'amis pour me soutenir, m'accompagner, m'aider, me changer les idées... »

  • « Oui enfin, si cela peut te rassurer il ne me semble pas non plus exactement prêt à se pendre demain. »

  • « Ha bon ? »

  • « Oui, t'as l'air déçue ? »

  • « Non, non, il fait ce qu'il veut ce pauvre type... »

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Des écrans

14 Octobre 2014, 22:45pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Qu'est-ce que cette société qui affaisse autant les hommes, qui leur donne ce teint blafard et ces traits dégoulinant de résignation, qu imprègne tous leurs pas et leurs gestes de cette atroce puanteur d'ennui ? Il ne faut pas parler de « société », c'est trop simple, trop facile, c'est un échappatoire, une fuite ? Alors écartons le mot. Restent les questions. Pourquoi cet homme bien habillé, visiblement bien intégré socialement, accroché à la barre du métro, semble-t-il au bord des larmes alors qu'il rentre certainement rejoindre son épouse et ses enfants après une journée de ce « travail » si indispensable, gratifiant et valorisant ? Pourquoi plongent-ils tous leurs regards dans l'ailleurs fictif de leurs téléphones portables, pourquoi fuient-ils ? Pourquoi tout ce qui les intéresse est-il toujours absent, lointain, virtuel ? Pourquoi cette jeune fille qui se flatte de recevoir et d'accepter 5 « propositions d'amitié facebook » par jour et converse intimement avec des dizaines d'inconnus vous répond avec agressivité et mépris si vous osez lui adresser la parole ou lui faire un compliment ? Pourquoi la vie réelle est-elle réduite à n'être que la salle d'attente du monde numérique des tweets, des tchats, des forums et des instagram ?

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Refus

14 Octobre 2014, 22:20pm

  • « Je n'ai pas envie d'aller à la cinémathèque, même pour m'y faire branler par une étudiante en lettres devant un Bertolucci remasterisé. Je n'ai pas envie d'être pris pour un prof du secondaire, je n'ai pas envie d'être confondu avec un abonné à Télérama. Je n'ai pas envie d'échanger des clins d'oeil complices avec les autres « intellos du cinéma », avec les autres esthètes de la secte de ceux qui ne vont pas voir de « blockbusters américains » (pléonasme volontairement utilisé pour renforcer l'ignominie de la chose). Bien sûr, je suis heureux que cette institution existe et je pétitionnerai, manifesterai, m'enchaînerai même peut-être, si on menaçait de la faire disparaître. Mais je ne veux pas y aller. Ou alors seul et en cachette, à une séance improbable où il n'y aurait personne. Parce que je ne supporte plus la gueule des « gens cultivés ». Enfin cultivés pour l'époque, entendons-nous bien. C'est à dire « cultivés pour eux-mêmes et leurs copains », pour s'enduire d'une fine couche de mépris et de suffisance, pour pérorer et pour prétendre. Des gens qui n'apprennent plus pour comprendre et aimer, pour nourrir et défendre la richesse, le génie et la spécificité d'une communauté ou d'un peuple, mais, au contraire pour s'en extraire et s'en distinguer. »

  • «Ok, ok, ca va, si tu préfères que l'on reste en terrasse à boire des kirs, il suffit de le dire... »

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Incompréhension

14 Octobre 2014, 20:51pm

J'avoue qu'il y a un argument de la Manif pour tous que j'ai du mal à saisir. C'est le fait que la loi Taubira « porterait atteinte » à la famille dite « traditionnelle », qu'elle la menacerait, la fragiliserait. Je ne vois pas bien en quoi cette loi ferait que les hordes, les masses immenses de couples hétérosexuels, rêvant de fidélité impeccable et de nombreux enfants élevés dans de belles et nobles valeurs, seraient plus empêchés que par le passé de réaliser leur noble dessein, qu'ils accomplissaient si brillamment avant l'ignoble loi de la dictature socialiste. La réduction du congé de maternité, la baisse des allocations pour le deuxième enfant, la suppression du quotient familial, où, là se sont clairement des coups portés, mais le mariage des pédés et des goudous, je ne vois pas bien...

- « Putain, je voulais épouser Marie-Cunégonde et lui faire 7 enfants que j'avais déjà inscrits à Stanislas, mais maintenant que c'est autorisé, en fait je vais plutôt me marier avec Jean-Louis et adopter un petit coréen... »

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RDV

14 Octobre 2014, 20:28pm

RDV

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Back dans les bacs!

14 Octobre 2014, 20:13pm

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