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A moy que chault!

L'aventure

1 Novembre 2014, 00:00am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

  • « Qui peut bien sonner à cette heure ? »

  • « Je ne sais pas... En même temps, il n'est que 20h30... »

  • « Oui mais personne ne sonne jamais chez nous.... »

  • « C'est pas faux. D'ailleurs, il faudrait peut-être s'interroger.. »

  • « Oui, oui... mais tout ça ne nous dit qui cela peut bien être... »

  • « Ha mais si, ça doit être des gosses pour Halloween... »

  • « La Samaïn tu veux dire... »

  • « Oh, c'est bon, me fais pas chier avec tes conneries... Des mioches qui viennent racketter des bonbons quoi... »

  • « Mais si c'était des clowns agressifs profitant de cette soirée masquée pour commettre leurs forfaits ? »

  • « Ben je vais allez ouvrir pour voir... S'ils font moins d'un mètre trente, c'est plutôt bon signe... »

  • « A moins que ce soient des clowns nains agressifs... »

  • « Certes... »

  • « Sois prudent en tout cas... »

  • « Je vais essayer. »

  • « Tu sais, je crois que je ne supporterais pas de te perdre... »

  • « Ha bon ? Pourtant hier tu voulais me quitter... »

  • « Ca n'a rien à voir... »

  • « Ha ok. Donc j'y vais... »

  • « Non, attends ! De toute façon, on n'a rien à leur donner aux gamins, donc autant ne pas répondre... »

  • « Oui mais si c'était quelqu'un d'autre ? »

  • « Comme qui ? »

  • « Je sais pas, un copain... »

  • « Mais non. Rappelles-toi que j'ai bien signifié à tous tes amis que cela ne se faisait vraiment pas de débarquer à l'improviste chez les gens... »

  • « Ha oui c'est vrai, je ne me souvenais plus. »

  • « En plus les quiches vont bientôt être décongelées »

  • « Dans ce cas... »

  • « Ben oui quand même... Si on ne peut plus être tranquilles chez soi. »

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Sans honneur et sans coeur

29 Octobre 2014, 18:40pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Quand on observe l'abyssale différence de traitement politico-médiatique concernant la mort de Julien Quemener, abattu à bout portant par un flic ripoux en marge d'un match de football, et celle de Rémi Fraisse, possiblement décédé des suites d'un tir de grenade au cours d'une confrontation où pleuvait les cocktails molotov, on ne peut qu'être profondément écoeuré. Non pas que les morts des uns vengent les martyrs des autres, non pas qu'on ne puisse compatir au sort de ce militant luttant pour une cause pas plus absurde ni illégitime que beaucoup d'autres ou qu'il faille faire une hiérarchie entre les victimes de la répression policière. Non, ce qui mène l'estomac aux lèvres, c'est l'humanisme à géométrie variable des bonnes consciences qui cornaquent notre temps, leur compassion téléguidée idéologiquement, leur sensiblerie de circonstances et leur sentimentalité sur commande. Ces gens – journalistes, politiques, commentateurs – sont faux jusque dans les émotions qu'ils prétendent ressentir. Leur hypocrisie manipulatrice ne s'arrête même pas au bord des tombeaux, elle se vautre dedans. Bien sûr, on le savait, mais on a aussi le droit de ne pas être blasé face à tant de bassesse et de vilenie. Chaque nouvelle démonstration et une nouvelle nausée. La mort d'un jeune idéaliste, ils s'en contrefoutent bien évidemment, complètement, totalement, absolument... Ils en tueront demains des dizaines ou des milliers quand il s'agira de défendre leurs prébendes et leurs sinécures. Ils veulent simplement jouer sur la corde sensible du gémissement collectif et de la larme partagée en gros plan au 20 heures.

Cela permet aux journaliste de Libé de retrouver les accents anti-flics de leur folle jeunesse, qu'ils avaient égarés depuis bien longtemps quelque part au fond des dessous sales de la famille Rothschild qu'ils sont dorénavant chargés de faire reluire à coups de langue. Cela permet à la « gauche radicale», désormais totalement ralliée au mondialisme libéral-libertaire et aux fumisteries « sociétales », de rejouer la carte du « fascisme d'état » afin de prétendre être toujours révolutionnaire. Cela permet aux droitards de beugler contre la « racaille gauchiste » et dénoncer le laxisme des « socialos ». Bref, cela permet de prolonger un peu la comédie. Le grand cirque. Chacun dans son rôle. Et tout le monde est content. A part, bien sûr, ceux qui pleurent un fils, un frère, un ami ou un camarade. Le comble de la tragi-comédie serait cependant atteint si l'on apprenait finalement que la victime était en réalité membre d'un groupuscule fascistoïde ultra-nationaliste. On se ferait alors expliquer – par les mêmes qui pleurnichent et se scandalisent aujourd'hui - que la défunt n'a eu finalement que ce qu'il méritait, qu'on ne joue pas impunément avec le feu et qu'il est bien normal que la démocratie se défende contre les menées factieuses d'individus dangereux, afin d'assurer l'ordre et la tranquillité des bons citoyens.

Il y a cependant fort peu de chances que cela arrive. Car l'extrême droite n'est pas au barrage de Sivens, elle est occupée à régler le conflit russo-ukrainien dans l'arrière salle des bistrots.

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N'y a t-il que dans les crématoriums qu'on trouve encore de la chaleur humaine?

29 Octobre 2014, 12:49pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

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Objectif

28 Octobre 2014, 00:07am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

L'avantage de vivre dans un temps abjecte, où il n'y rien à sauver, où tout est détruit, putride et avili, c'est qu'il n'existe plus aucun objet ni aucune cause qui justifie de mourir pour eux mais qu'il naît au contraire un impérieux besoin d'exister afin de tenter de créer et de bâtir deux ou trois jolies choses pour lesquelles les générations de demain pourront se faire tuer.

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Le lundi n'est pas un jour pour sortir

27 Octobre 2014, 23:40pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

François restait attablé au guéridon d'où s'était enfuie la demoiselle visiblement peu convaincue par ce premier rendez-vous. La bouteille était encore à demi pleine et il n'aimait pas gâcher. Il repensait à la mèche un peu grasse tombant sur l'oeil, à la figure légèrement boulote, au regard sans lumière, à la pauvreté de ses ambitions qui s'avéraient pourtant déjà inatteignables. Sur trottoir voisin, un con passait en trottinette, suivi d'un autre con sans trottinette.

A sa gauche, une tablée emplissait toute la terrasse de ses piaillements et de ses irruptions de petits rires stridents. Au milieu de cette bruyante assemblée trônait une brune incandescente dont la vulgarité rayonnante renforçait le charme facile et péremptoire. Visiblement à court de tabac à crapoter nonchalamment, la jeune fille se retourna à moitié vers François, le regardant à peine car encore passablement absorbée par sa conversation sur les mérites comparées des deux dernières version de l'Iphone, et demanda d'une voix visiblement peu habituée à n'être pas obéie :

- « T'aurais pas une cigarette ? »

  • « Si je t'en donne une, tu me suces ? » répondit-il sur le même ton mi-las mi-enjoué.

Les exclamations outragées et injurieuses qui suivirent démontrèrent de façon éclatante que le concept du « don/contre-don » n'était pas encore intégré par les masses.

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Thrène

27 Octobre 2014, 00:00am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Il n'y a rien de pire que la guerre si ce n'est, peut-être, les générations qui ne l'ont pas connue. Privées de l'ombre de la mort précoce et imposée, débarrassées de la perspective de l'holocauste du champ de bataille, de l'épée de Damoclès du feu et des larmes, elles se réfugient frénétiquement dans ces ersatz de drames que sont la sentimentalité et le psychologisme. Chacun devient alors son propre théâtre des opérations militaires, sa propre zone de combat. Victoires, défaites, escarmouches, offensives et déroutes se jouent dans le périmètre de son nombril et l'ennemi est désormais tout ce qui est extérieur à soi. L'homme a tant besoin de souffrir qu'il invente les maux qui ne le frappent plus. Toutes les passions sont dégradées, les destins amoindris. Les cabinets des psychanalystes ont remplacé les forts de Verdun, et l'on s'agite pour faire croire que l'on est vivant puisqu'il n'est plus nécessaire de se battre pour vivre. Les âmes cabossées remplacent les gueules cassées, et les rictus de la comédie sociale les balafres de la vérité des armes. Les temps pathétiques succèdent aux temps tragiques.

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Tout réveil est une tristesse

23 Octobre 2014, 01:38am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Mon monde n'existe que lorsque, ivre ou épuisé, je ferme les paupières et rejette ainsi pour quelques heures la fiction absurde dans laquelle on prétend me faire vivre afin de rejoindre la dignité glorieuse des songes.

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Vrais coupables

23 Octobre 2014, 01:28am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Ce sont certainement bien davantage les gras et veules bourgeois des 30 glorieuses satisfaites qui ont vendu et soldé tout ce qu'il restait de noble et de digne de l'ancien monde que les agitateurs histrionnesques et dérisoires d'un Mai 68 qui ne fût jamais que la fanfare baroque et burlesque d'un enterrement. programmé

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Universalité

21 Octobre 2014, 23:24pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Beaucoup de gens se scandalisent des conditions de vie des animaux soumis à l'élevage intensif, confinés dans des lieux exigus et bétonnés, condamnés à ne jamais courir dans les champs et ne jamais profiter de l'air pur, réduits à leur valeur productive et marchandisable, bourrés de médicaments, soumis au rythme implacable de la technologie, n'ayant d'autre avenir qu'engraisser et crever pour le seul bénéfice de quelques spéculateurs avides, mais j'aimerai bien qu'ils m'expliquent ce qui différencie radicalement cette existence de la leur.

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Les autres

21 Octobre 2014, 22:58pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Côtoyer des bonheurs inaccessibles est une grande source de joie que l'envie et la jalousie ne viennent que superficiellement souiller, rapidement noyées par un émerveillement et une empathie dont on ne parvient pas à se débarrasser malgré ses aspirations au plus implacable cynisme. On n'est jamais amer face aux joies des gens que l'on aime et qui sont autant de belles éclaircies dans la grisaille du monde.

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