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A moy que chault!

Universalité

21 Octobre 2014, 23:24pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Beaucoup de gens se scandalisent des conditions de vie des animaux soumis à l'élevage intensif, confinés dans des lieux exigus et bétonnés, condamnés à ne jamais courir dans les champs et ne jamais profiter de l'air pur, réduits à leur valeur productive et marchandisable, bourrés de médicaments, soumis au rythme implacable de la technologie, n'ayant d'autre avenir qu'engraisser et crever pour le seul bénéfice de quelques spéculateurs avides, mais j'aimerai bien qu'ils m'expliquent ce qui différencie radicalement cette existence de la leur.

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Les autres

21 Octobre 2014, 22:58pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Côtoyer des bonheurs inaccessibles est une grande source de joie que l'envie et la jalousie ne viennent que superficiellement souiller, rapidement noyées par un émerveillement et une empathie dont on ne parvient pas à se débarrasser malgré ses aspirations au plus implacable cynisme. On n'est jamais amer face aux joies des gens que l'on aime et qui sont autant de belles éclaircies dans la grisaille du monde.

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C'est ainsi

21 Octobre 2014, 22:36pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Penser que les gens, malgré tout, pourraient faire preuve, quand même, parfois, d'un peu d'élégance. Et encore se tromper. Jamais de bonne surprise. Vraiment jamais.

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Capitales

21 Octobre 2014, 01:14am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Rome et Paris sont les villes idéales pour les mélancoliques et les nostalgiques. Les vestiges de leur grandeur passée, leur beauté à la fois immuable et dégradée, leur altière décadence sont le décor parfait du romantisme blessé. Des villes désormais peuplées de teufeurs, de hipsters et d'un lumpen prolétariat acculturé mais donc les pierres respirent encore l'art et la littérature, la violence historique et la volonté impériale. Des écrins aujourd'hui vides mais toujours enivrants. Des pièges.

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FB

21 Octobre 2014, 00:14am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Un mec qui se branle dans les cuves de fabrication de Coca-cola, Jean-Marie qui reparle de Vichy pour faire chier sa fille, diverses maltraitances animales, des immigrés clandestins qui s'accrochent à des camions, des photos du petit dernier de Pierre et Mélanie... les infos défilaient sur sa page facebook, sans ordre, sans hiérarchie, sans importance, sans conséquence... Juste une perfusion permanente contre l'ennui. Sur la droite, les petits ronds verts indiquant les autres crétins branchés simultanément sur la même source hallucinogène. Des gens qui s'acharnent à tapisser leurs murs de photos sensées prouver au monde le caractère réjouissant, enrichissant, trop fun et coolos de leur existence quotidienne mais dont l'omniprésence sur le réseau suffit à démontrer très exactement et sans discussion possible le contraire. Clichés de soirées trop la délglingue, youpi, putain qu'est-ce qu'on s'est mis, mégas bon souvenirs... Voyages à l'autre bout du monde, déplacements de la fatigue et de l'aboulie sur des terres lointaines... Citations d'auteurs qu'on n'a pas lu ou qu'on n'a pas compris... On aime en un clic. On rompt en bloquant un IP. On participe à des « événements » qui n'en sont pas, on répond à des invitations anonymes. On pérore sur une agora sans frontières ni limites où tous les avis se valent, où chacun peut parler de tout et de son contraire. On le sait, on n'est pas dupe, ou du moins pas toujours, mais on y vient quand même, car on n'a pas le choix, il n'y a pas d'alternative, le simulacre de vie plutôt que le risque de l'effacement, de la non-visibilité, de l'isolement, de l'étroitesse du réel. Je poste donc je suis.

François se roulait une cigarette en parcourant une énième confrontation de propagande à propos de la crise ukrainienne, échanges vindicatifs entre super-radicaux qui se promettaient mutuellement des balles dans la nuque avant d'aller dîner avec bobonne et de regarder The Voice. Il aimait l'odeur du tabac brun à rouler et son âpreté un peu agressive qui tapisse la gorge et invite à la boisson. Des articles en retard, des livres à finir, des paperasses à remplir, des lettres à envoyer, il n'en avait cure, perdu dans la fascination du dégueulis du monde. On ne reviendrait plus en arrière, la virtualité, la mise en scène, le simulacre avaient définitivement triomphé. Bienvenue dans le monde des tricheurs et des faussaires presque malgré eux. La pluie tapait au carreau. Il lui aurait bien ouvert pour nettoyer un peu l'atmosphère mais l'effort représenté par le fait de se lever le rebuta. Il n'était plus qu'un œil captif et halluciné, bercé par l'invasion islamiste, le synode du Vatican, le maillot de bain de Sophie, le come-back de Rage against the machine, les meubles design de Jean-Paul et les aventures d'un Panda échappé du zoo...

A l'instar des volutes de fumée qui l'entouraient, il flottait littéralement dans le non-monde abjecte et rassurant du n'importe quoi.

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RDV 3

20 Octobre 2014, 16:55pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

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RDV 2

20 Octobre 2014, 16:54pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

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RDV 1

20 Octobre 2014, 16:53pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

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Sortie de route

20 Octobre 2014, 01:09am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

François buvait et fumait deux fois plus depuis qu'on lui avait diagnostiqué un cancer. Il trouvait là, enfin, une excuse, une justification. Une fatalité et une injustice qui lui donnaient droit au n'importe quoi qui avait toujours dirigé son existence. A la fois accablé et soulagé par cet aboutissement maintenant programmé, il ne trouvait d'autre issue à la terreur du néant que l'absurde fuite en avant. Ne possédant rien qui lui donnât l'envie de la lutte, le goût du combat, il se contentait de s'étonner que l'on puisse perdre une vie si insipide, si peu remplie. Le drame sans la grandeur. Un film qui s'arrête sans avoir jamais vraiment commencé.

Seule la douleur physique réveillait parfois en lui l'instinct de survie et il se surprenait alors à supplier, à geindre et à prier. Mais il n'avait pas suffisamment prié pour les autres pour que ses implorations soient aujourd'hui entendues. Il voyait dans le sang qu'il crachait au matin sur la faïence du lavabo le reflet de celui qu'il n'avait pas versé pour de nobles et justes causes. Certains vont en prison pour médiocrité, d'autres meurent pour insignifiance. Il laissait ainsi la place à tous ceux qu'il avait tant conspué, brocardé, méprisé mais qui pourtant étaient sans doute plus méritants que lui puisqu'ils n'étaient pas punis.

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Souvenirs

20 Octobre 2014, 00:20am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

C'est peut-être dans le sous-sol d'un pavillon de la banlieue de Montréal, en écoutant une reprise de Massimo Morsello au cours d'une répétition mêlant Skoll et Trouble Makers en vue d'un improbable concert à Ottawa, assis entre un fils de général et un docteur en sciences politiques, tous vibrant aux mêmes évocations, bouillant des mêmes espoirs, que j'ai vraiment compris ce qu'était le fascisme, ce dépassement des milieux sociaux, cette négation des conformismes et des conventions, cette transcendance terrestre, cette tension révolutionnaire qui n'est ridicule que pour les mutilés de l'être et les boutiquiers de l'avoir.

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