Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
A moy que chault!

Apprentis sorciers récidivistes

20 Février 2015, 14:49pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Il est toujours navrant de voir une bande de crétins imbibés s’en prendre à un homme seul, quelle que soit la configuration de l’incident ou les circonstances de celui-ci. Mais l’émoi disproportionné et l’emballement médiatique qui ont entouré le « dérapage » des supporters anglais de Chelsea sont une nouvelle fois révélateurs d’une maladie mentale depuis longtemps diagnostiquée mais qui semble chaque jour prendre un peu plus d’ampleur : l’ethno-masochisme. Tout ce qui arrive a un membre d’une quelconque minorité est systématiquement et fondamentalement plus grave, plus odieux, plus insupportable, plus condamnable et plus abject que tout ce qui peut advenir à l’une de ces merdes sans intérêt qu’est le blanc hétérosexuel. Car quiconque fréquente les transports en commun sait bien que l’incident impliquant les supporters de Chelsea – où il n’y a ni lynchage ni tabassage – est banal et sans réelle gravité et qu’il y a quotidiennement de nombreuses agressions beaucoup plus violentes, incomparablement plus sérieuses, qui se déroulent dans l’indifférence générale simplement parce que la chromatique des responsabilités est inversée. Et ce racisme bien réel qui consiste à trier les victimes, cette discrimination permanente, cette volonté de travestir la réalité pour faire passer le cas exceptionnel pour un cas fréquent et généralisé, se poursuivent même après le tombeau puisque les tombes profanées d’un cimetière ne valent déplacement gouvernemental que si elles sont juives. L’odieuse injustice de ce philo-minoratisme délirant se double d’une imbécilité crasse qui, à l’inverse de son objectif autoproclamé, ne peut que susciter des réactions de ras-le-bol radical chez les éternels cocus, battus, humiliés, insultés, rackettés mais de moins en contents… A force d’exciper un racisme fantasmé, de voir ou de créer des xénophobes et des homophobes à tous les coins de rues, les professionnels de la culpabilisation anti-francaise vont réussir à susciter un véritable racisme épidermique, d’auto-défense et de survie, chez des gens que rien, ni le caractère ni l’idéologie, ne prédisposait à un tel sentiment mais qui ne pourront simplenent plus supporter qu’on se foute autant de leur gueule et qu’on les méprise si ouvertement.

Voir les commentaires

In situ

18 Février 2015, 17:42pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

« Nous ne pouvons plus assimiler personne.(...) Nous sommes faits américains ; Il est normal que nous trouvions ici tous les misérables problèmes des USA, de la drogue à la mafia, du fast-food à la prolifération des ethnies. Nous avons ici les ennuis de l'Amérique sans en avoir la force. (…) Nous ne sommes plus rien : des colonisés qui n'ont pas su se révolter, lez béni oui-oui de l'aliénation spectaculaire.(...) Les immigrés ont perdu leur culture et leur pays, sans pouvoir en trouver d'autres. Et les français sont dans le même cas, et à peine plus secrètement. »

Guy Debord, « Notes sur la question des immigrés », 1985.

Voir les commentaires

Briser les carcans

17 Février 2015, 21:36pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

« Bob l'éponge : le film »... une nouvelle version de la comédie musicale « Annie » avec évidemment, forcément, obligatoirement, une petite négresse... le cul-cul faussement transgressif de « 50 nuances de grey »... les couloirs du métro étaient, comme à l'ordinaire, une longue litanie d'afflictions. François pressait le pas bien qu'il fût encore une fois en avance. Après 15 ans passés à Paris, il n'était toujours pas parvenu à se débarrasser de cette manie provinciale qu'est la ponctualité.

Comme prévu, il arriva le premier dans le bar et s'installa à une table libre prés de l'entrée. Le son déversé par les haut-parleurs ne correspondait à aucune des images qui défilaient sur sur les divers écrans plats répartis un peu partout dans la salle. Cette dichotomie renforçait l'impression d'abrutissant chaos qui régnait dans l'établissement. C'était sans doute là le but recherché ; A entendre la conversation de la tablée voisine, cela semblait plutôt efficace.

François pensa alors au docte et sans doute fameux sociologue qui signait le matin même une puissante et courageuse chronique dans « Libé ». Le scientifique avait en effet parfaitement raison : il était urgent de « repenser la nuit ». C'était une nécessité désormais impérieuse. La nuit n'était plus "citoyenne", ni "trans-générationnelle", ni même "conviviale", elle était devenue "segmentée", "clivante" et outrageusement "communautarisée". En clair, les ploucs blancs tisaient leur gros rouge au comptoir des PMU, les nègres et les salopes s'éclataient en soirées zouk, les cadres encore dynamiques s'envoyaient des mojitos à Oberkampf, les CSP++ partouzaient aux Chandelles tandis que les classes moyennes en voie de précarisation se faisaient soulager buccalement Boulevard des Maréchaux... Chacun pour soi, la misère des matins blêmes et migraineux pour tous.

Cet odieux compartimentement ne pouvait décemment plus durer, et il convenait de recréer au plus vite des "lieux transversaux et polymorphes" où chacun pourrait retrouver ses "codes identitaires propres" sans que ceux d'une "tribu" ne prennent le pas où l'ascendant sur les autres. François adhérait complètement à ce généreux projet. D'ailleurs dès ce soir il comptait bien aller boire du rouge aux Chandelles avec ses amis noirs danseurs de zouk... La révolution nocturne était en marche.

Voir les commentaires

RDV

13 Février 2015, 14:17pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

RDV

Voir les commentaires

Replonger

11 Février 2015, 15:03pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Il n'est rien de plus efficace qu'une journée froide et ensoleillée passée dans les rues de Paris pour vous réconcilier avec le monde. Il suffit de marcher au hasard, exposé à toutes les embuscades de beauté et de poésie, et de garder constamment le regard au niveau du premier étage des maisons et immeubles, juste au dessus de la zone où commencent le grouillement et le pourrissement. Ne rien écouter, surtout, des palabres des passants et autres obsédés téléphoniques, juste ressentir.

Voir les commentaires

La, la, la

10 Février 2015, 09:40am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Voir les commentaires

Crever

10 Février 2015, 00:38am

Publié par amoyquechault.over-blog.com

« Tu pues la mort » me disait un bon camarade. Je lui aurais bien répondu « Et toi tu pues du cul » mais cela aurait peut-être semblé un peu court, un brin puéril. Or nous sommes des gens sérieux, des adultes, avec des bulletins de paye, des loyers et des mutuelles, des vacances au ski, des invitations à des salons et des projets déco, des trucs qui comptent... On a des choses à faire. Les courses et le ménage, bien sûr, mais pas seulement, il y a aussi le parrainage de la petite Aminda du Burkina Faso. Trois crayons de couleurs et deux photos pour s'acheter une bonne conscience, ce n'est quand même pas cher payé... Il faudrait vraiment être un enculé pour s'en priver. Enfin bref, des vies bien remplies. Avec même une petite pipe de temps en temps, si on sait bien négocier. Pas avec la jeune Aminda, hein, ne confondons pas tout ! Humanitarisme et pédophilie, rien à voir. Pour le plan à trois par contre, il faudra continuer à se branler sur Jacquie et Michel en rentrant du bureau... Les gens restent au fond très bourgeois. C'est une question de temporalité, de linéarité… 250 amants à la suite, ça va, mais deux ou trois en même temps c'est pervers, abject... Si tu ne comprends pas, va te faire soigner pauvre taré. De toute façon, ce n'est pas comme ça qu'on construira des « familles traditionnelles » qui incarneront les « valeurs éternelles » et soutiendront efficacement la croissance via les joies et mérites des écoles de commerce et des stages en entreprise. D'ailleurs, si on continue à ce rythme, ce sera bientôt la fin des chaussures bateaux et des balades en bord de mer le pull Saint James noué sur les épaules... Le dernier souffle de la civilisation. Défendons les ruines, les vestiges, les hypocrisies, les vieux tapis trop troués pour camoufler efficacement toutes les saloperies entassées ! Recherchons dans notre « plus longue mémoire» ce que nous sommes désormais incapables de créer, répétons, imitons, singeons ! Masturbons nous indéfiniment dans les cadavres de quelques écrivains fusillés ou suicidés, cette mort là nous excite tellement ! Nous aimons tant la mort lointaine et poétique des autres.

Et si tout ce théâtre, ces palinodies, ces simagrées vous font profondément chier, vous agressent et vous étouffent, vous puez alors la mort, une autre mort, la vraie, la peu glorieuse, la non-romantique, celle, froide, définitive et dégueulasse qui ne brûle pas dans le fracas fantasmé d'une Aston-martin ou dans la grisaille d'un petit matin filmé par Louis Malle...

Il est vrai que la mort, même celle là, ne m'horrifie qu'à l'idée de la peine qu'elle causera à mes parents, les deux seuls crétins bien obligés d'en souffrir et qui, en l'occurrence, n'ont vraiment rien fait pour mériter ça. Peut-être aurais-je dû entamer une psychanalyse pour pouvoir sereinement et confortablement haïr et mépriser mes géniteurs... Mais je n'ai pas eu cette folle audace. J'ai préféré rester le seul et unique responsable du désastre.

Voir les commentaires

Nouveau numéro de Livr'arbitres disponible.

8 Février 2015, 19:51pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Numéro 16 (Nouvelle série) de Livr'arbitres: Deux dossiers (André Fraigneau et La critique littéraire). Des contributions de Michel Mourlet, François Kasbi, Christopher Gérard, Alfred Eibel, Christian Dedet, Raphaël Sorin, Bernard Le Saux, Michel Marmin, Philippe d'Hugues, Bernard Leconte, Didier Dantal, Francis Bergeron, François Bousquet, P-L Moudenc, Thierry Marignac...

"Livr'arbitres"

chez Patrick Wagner

36 bis, rue Balard

75015 Paris

www.livr-arbitres.com

Nouveau numéro de Livr'arbitres  disponible.

Voir les commentaires

Le cimetière de Passy

8 Février 2015, 19:49pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

« Le cimetière de Passy n'est pas une nécropole ordinaire. Ceux qui reposent là, comme on dit, ne sont pas vraiment morts. Accrochés à des biens, à des honneurs, à des affections qui, tout au plus, ont consenti à prendre la forme et la dureté de la pierre, ils s'éternisent tout pourrissants dans un monde où jadis ils ont tenu leur place. Guère moins immobiles qu'à présent car c'étaient presque tous des gens riches, et la richesse pèse sur les êtres qu'elle accable, elle les oblige à faire figure ; or jamais on ne fit mieux figure que sous ces tombes chargées d'ornements ; dignes, opulentes, laides, bêtes et muettes comme une douairière dans un salon.

N'est-ce pas encore une espèce de salon bourgeois que cette assemblée de tableaux insipides et de meubles disparates entre lesquels le visiteur, se glissant dans les intervalles, cherche des âmes, des ombres. Elles sont absentes. Le cimetière de Passy est vivant à ras de terre, protégé par les vices et les vertus de la classe la moins disposée à mourir ; mais au dessus il n'y a rien. Pas de souvenir qui se traîne, pas de tristesse qui flotte. Un espace propre et neutre, à jamais interdit aux fantômes. Ils se le sont tenu pour dit. »

Robert Poulet, "J'accuse la bourgeoisie", Editions Copernic.

Voir les commentaires

Un bruit

5 Février 2015, 23:01pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Il y a des règles immuables comme celle qui fait que vos amis ne sont jamais là quand vous avez besoin d'eux et que vous n'êtes jamais disponible ou présent quand ils en auraient la nécessité. L'amitié, finalement, c'est boire des verres en faisant croire aux autres que tout va bien. C'est une forme de décence, au fond, ce qui n'est déjà pas si mal.

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 > >>