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A moy que chault!

La crise?

23 Juillet 2017, 16:20pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Il n'y a pas de « crise économique », qui serait une situation temporaire et circonstancielle dont on pourrait, à plus ou moins long terme, « sortir » grâce à un certain nombre de « réformes » et de décisions politiques. La situation que nous connaissons aujourd'hui est le régime normal, ordinaire, voulu, pensé, quotidiennement conforté et à vocation définitive de la tyrannie libérale.

En chiffres absolus, le monde n'a jamais été aussi riche, n'a jamais autant produit, les échanges financiers et commerciaux n'ont jamais été aussi extraordinairement élevés, les fortunes plus obèses, la masse globale d'argent plus gigantesque...

La précarisation et la paupérisation croissante de pans de plus en plus importants de la population ne sont nullement le fruit d'une quelconque pénurie mais la conséquence logique et implacable d'un système d'accumulation et de prédation mondialisé. « La crise » est en réalité le deuxième nom du « capitalisme financier », réservé aux classes moyennes et populaires et sensé leur faire accepter une « austérité » et un train de « mesures et de réformes » qui n'ont pour finalité que de renforcer l'organisation politico-économique qui les étrangle et les humilie déjà.

Les exploiteurs, les ogres financiers dont les fortunes insanes n'ont plus aucun lien défendable avec une quelconque « méritocratie », détiennent le pouvoir médiatique qui n'a désormais plus d'autre mission que de faire passer l'idée que seule la voie de la dérégulation et de la libéralisation peut mener à une amélioration du « bien être général » dont ils se contrefoutent autant que de leur première pute de luxe...

Ce sont les Thénardiers qui expliquent à Cosette qu'en travaillant deux heures de plus elle pourra peut-être avoir droit à la même demie miche de pain dont se goinfrait sa grand-mère qui a lamentablement scié la branche luxueuse sur laquelle elle était assise en se syndiquant et en refusant la « flexibilité »...

Face à cette situation, ceux qui continuent à faire porter la responsabilité des difficultés économiques de leur peuple sur les « parasites du bas », les « chômeurs-profiteurs », les « fonctionnaires », et autres boucs-émissaires d'autant plus faciles à conspuer qu'ils n'ont aucune puissance réelle (et sans doute des torts également, qu'il conviendrait de corriger dans un second temps, pour des raisons d'ailleurs beaucoup plus morales et éthiques que véritablement « économiques »...) se trompent tragiquement de combat. Car pour croire que les raisons de l'effondrement de notre système social, de l'endettement national, de la baisse du pouvoir d'achat, de la tiers-mondisation de notre pays sont à chercher du côté de la fantasmatique « prime charbon » des cheminots, des congés excessifs des profs ou des « jours de carences » des fonctionnaires, du RSA des miséreux, il ne faut pas seulement être un imbécile mais aussi un complice, pour ne pas dire un salaud.