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A moy que chault!

Guignol's band

22 Mars 2017, 14:13pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Ce qu'il y a de plus fascinant, de plus incroyable, dans le « grand débat » télévisé organisé entre les 5 principaux candidats du premier tour des élections présidentielles, c'est qu'il se trouve encore des gens pour s'y intéresser... Qu'une personne adulte, honorablement intelligente et normalement constituée, puisse encore porter le moindre intérêt et crédit à cette énième sous-comédie de la société du spectacle est tout bonnement du domaine de l'irrationnel. Que les médias commentent, expliquent, mettent en lumière, tentent de faire monter la sauce, cela est bien normal, c'est leur boulot, leur gagne-pain, leur raison d'être de domestiques du système que la palinodie électorale a pour but de prolonger. Mais qu'un inidividu lambda, moyen, ayant de vrais problèmes, un boulot, des amis, peut-être une famille, perde plusieurs heures de son existence à se pencher sur ce faux combat de coquelets, voilà qui dépasse l'entendement. Après plus de 60 ans à être cocufié systématiquement, par des candidats et élus de toutes étiquettes, 60 ans de fausses promesses, de programmes bidons, de démagogie tournant joyeusement au foutage de gueule, de palabres infinis et de vaines péroraisons, l'électeur, mémoire atrophiée et trou du cul bien huilé, continue donc à légitimer la farce et à se pencher sur les blabateries des peignes-cul plein de pognon diligentés par l'oligarchie pour assurer la défense de ses intérêts.

Alors masochisme, crétinisme, sénilité précoce, ennui crasse, dégénérescence cellulaire... qu'est-ce qui peut expliquer un tel phénomène, un tel acharnement dans l'inutile, un tel amour du rôle de dindon ravi, une telle complaisance dans le grotesque ? Car que l'on puisse encore voter par habitude familiale, par désœuvrement, par facétie, par désir de faire chialer les journalistes ou d'emmerder tel ou tel, fort bien, pourquoi pas ... Mais que l'on accorde le moindre crédit, la plus petite bribe de sérieux et d'importance à cette itérative tartufferie, cette perpétuelle tragi-comédie qui n'a jamais rien résolu ni amélioré, bien au contraire, voilà, encore une fois, quelque chose qui tient soit de l'abrutissement profond soit de la pensée magique... Tous pourris, tous pareils, tous nuls, tous corrompus, tous manipulés, tous minables, tous pleutres, tous cyniques et jouisseurs, mais l'on continue tout de même à participer au grand jeu qu'ils organisent à intervalles réguliers, à respecter leurs règles et donc à proroger leur veule domination... Finalement c'est peut-être l'infantilisme qui explique le mieux ce comportant étrange, pathologique et délirant... Les électeurs sont comme les enfants qui assistent pour la 25e fois au même théâtre de Guignol et s'en réjouissent avec la même joie naïve. Les personnages sont toujours les mêmes, le scénario immuable, mais ils rient et applaudissent toujours de bon cœur, heureux d'être conviés à un agréable divertissement. De plus, comme le marionnettiste les interpelle et les prend à partie, ils ont le sentiment de participer à l'action et la conviction de jouer un rôle - en huant le méchant ou en informant le gendarme - dans la conclusion de la scénette pourtant systématiquement identique.

C'est reparti pour un tour les enfants ? Oh oui, oh oui, encore une fois s'il vous plaît !