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A moy que chault!

Emmanuel

20 Août 2016, 23:32pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Comme le temps passe… Déjà un an qu’Emmanuel Ratier nous a quitté. Un an qu’il nous manque et que nous nous attendons encore à le croiser au hasard d’un dîner, d’un solstice, d’une fête communautaire, d’une réunion ou en poussant la porte de sa librairie, tant nous ne nous sommes pas habitués à penser son absence définitive.

Je n’étais pas un proche d’Emmanuel mais il faisait partie de ces personnalités qui marquent tous ceux qui l’approchent. Une générosité, une bienveillance, un humour, une volonté, un engagement et une capacité de travail hors du commun qui constituent cette race d’hommes qui font tant défaut à notre époque. Son amitié vous honorait, vous obligeait, vous poussait à vous montrer meilleur pour vous en montrer digne.

Dans un milieu porteur de tant de mesquineries, de laideurs et de déceptions, il était le grand frère lucide mais positif, exigeant mais encourageant, radical mais profondément humain.

Sans partager toutes ses options ni même toutes ses analyses, j’admirais sa capacité d’écoute et de soutien à toutes les initiatives, même les plus modestes, qui pouvaient « aider la cause », son indulgence avec les plus jeunes, son enthousiasme critique mais jamais feint, tellement éloigné de la posture de tant « d’anciens », semi-retraités pleins de suffisance et de mépris du haut du piteux amas de leurs défaites et de leurs reniements.

Au-delà de la politique, par sa bonhomie, sa culture, sa curiosité sans oeillières, son goût pour les joies de la table et de la commensalité, il était profondément, extraordinairement, français. Il n’aurait pas dépareillé à l’assemblée des tontons flingueurs…

Sur l’un de ses livres, il m’avait fait une dédicace « à un cadre NR exemplaire », sans doute imméritée mais que je conserve comme une glorieuse médaille.

Emmanuel me manque comme un membre de ma famille que je n’aurais pas suffisamment connu.

Souvenons-nous, honorons-le, mais surtout continuons à travailler et à nous battre pour ce en quoi il a cru. Je suis sûr que, là où il est, il surveille l’intensité de la flamme qui embrase nos cœurs… Emmanuel, présent !