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A moy que chault!

Anniversaire

25 Mai 2016, 23:17pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Jamais complètement débarrassés des oripeaux de notre jeunesse, quand vient l’écueil des 40 ans, bien sûr que nous sommes un peu ridicules aux yeux de ceux qui se confondent désormais avec les costumes/cravates qu’ils prennent pour le symbole de la maturité quand il n’est que l’uniforme du reniement, de l’acceptation. D’évidence, ce sont eux qui ont raison, qui ont les meilleures armes, les plus solides PEL, les meilleurs plans de carrière et de vacances all-included. Il ne s’agit pas de les mépriser ou de les honnir, ils ont des mérites et des courages que nous n’avons pas, il faut bien de l’abnégation et de la constance pour vivre pleinement dans la réalité. Nous ne le pourrions pas. Ils nous moquent, nous les plaignons. Ils ne rêvent pas assez, nous rêvons trop. Ils nous voient comme des clowns, nous les savons morts-vivants. Ils nous traitent d’utopistes, d’idéalistes, de romantiques. Ils ont raison. Mais ces mots qu’ils prennent pour des injures, nous les considérons comme des étendards. Inadaptés, asociaux, excentriques pour avoir trop écoutés nos anciens et voulu, au moins un peu, leur ressembler. Nous ne chantons pas à la fin des banquets seulement parce que nous avons trop bu, mais parce que les paroles des hymnes glorieux résonnent en nous comme autant d’ordres et de promesses. Nous trébuchons sur un chemin escarpé, glissant, pentu, couvert de ronces qui peut sembler absurde mais que nous ne pourrions quitter sans déchoir. Nous ne sommes ni pires, ni meilleurs, nous avons bifurqués. Peut-être jouons-nous des rôles mais c’est parce que nous avons encore le goût de jouer. La vie ne peut pas être seulement ce qu’elle prétend être, nous voulons la bousculer, la forcer, la blesser pour qu’elle se révèle, se démasque. Nous avons trop pris les livres, les poèmes, les discours et les slogans au sérieux pour les reléguer sans en mourir dans la malle oubliée des souvenirs perdus.