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A moy que chault!

Les crétins immobiles contre les salauds qui marchent

26 Janvier 2016, 20:01pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

J’aime beaucoup le concept désormais omniprésent « d’immobilisme ». Dans le langage politco-médiatique contemporain, est « immobiliste » toute personne qui s’oppose à la détérioration de ses conditions de travail, à la baisse de son salaire, à la suppression des minimas sociaux et à la facilitation du licenciement. C’est un crétin passéiste et bas du front qui n’en a cure des injonctions des agences de notations internationales et se montre insensible aux analyses du Financial Times tout autant qu’aux péroraisons visionnaires des gourous de la BCE. Le « passéiste » est tellement tragiquement bouché qu’il ne perçoit nullement les intérêts macro-économiques de sa nation, et pousse même l’égoïsme jusqu’à se contrefoutre du fait que la baisse du SMIG améliorerait l’attractivité française à l’internationale, se bornant mesquinement à constater que cette baisse nuirait à sa possibilité de rembourser le crédit de son pavillon de banlieue et d’ainsi ne pas être exproprié. Con comme une brique, il peine à saisir – alors que la moitié de sa famille pointe à Pôle Emploi– pourquoi il est nécessaire et urgent de faire venir des millions de migrants pour « relancer une économie » qui se refuse à employer ses fils et ses frères. C’est un être étriqué, ingrat et égocentré, dénué de toute empathie pour les affres et douleurs des grands patrons devant affronter au quotidien la violence de la « concurrence internationale », les privant misérablement des bonnes armes pour cette lutte épique et glorieuse en n’acceptant pas les mêmes conditions de travail qu’un Tamoul ou un Bengladais. De plus, ce sinistre personnage est dénué de toute ambition et de tout sens de l’aventure, ne percevant pas tout l’intérêt de licenciements successifs, merveilleuses opportunités permettant de découvrir de nouvelles facettes du monde du travail. Il rechigne même à tout nomadisme, révélant par là ses tendances arriérées, sans doute identitaires et même à la limite du fascisme. « L’immobiliste » est l’homme d’un autre temps, l’homme de la France rancie, l’homme de trop, le boulet à remplacer d’urgence par de nouvelles populations ouvertes à l’innovation, habituées à la mobilité, pleines d’énergie et d’enthousiasme pour suivre et soutenir les projets progressistes et humanistes des bienfaiteurs de l’humanité que sont les dirigeants du Medef.