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A moy que chault!

Au gré du miroir...

8 Novembre 2014, 17:14pm

Publié par amoyquechault.over-blog.com

Dans notre post-modernité occidentale toute entière vouée au culte de l'ego des millions de petits dieux qui la composent, la férocité et la cruauté des jugements portés sur autrui n'ont d'égal que leur superficialité, leur totale volatilité et leur caractère profondément changeant. Tel « connard manipulateur » deviendra quinze jours après un « mec intéressant et profond », telle « salope hystérique » sera quant à elle aussi rapidement renommée « personnalité atypique et très attachante », tandis que tel autre « guignol présomptueux » se transformera en « artiste ambitieux » en moins d'un mois... et inversement bien sûr. La raison de cet état de fait, de ce relativisme permanent, est que les jugements contemporains ne sont plus basés sur des éléments objectifs, des principes et éléments concrets et intangibles (fidélité, honnêteté, courage, générosité, gentillesse, talent. culture..etc) mais sur une « cote » fluctuante et mouvante – un peu comme pour l'art contemporain - dont les principaux référents sont l'attention et l'appétence que me porte la personne jaugée. S'il perçoit mes qualités, je lui en trouverais en retour, car il est bien entendu impossible que je sois apprécié par un médiocre, une pute ou un salaud. Si par contre, il est insensible à mon aura, mon intelligence et le large panel de mes mérites, il s'agit clairement d'un crétin irrécupérable et jaloux. Charge à lui d'ajuster sa vision, j'ajusterais alors la mienne.

Ainsi, quiconque ne « m'aime pas », ne « m'admire ou ne m'apprécie pas», ne « me flatte pas et ne me met pas en valeur » ne peut être grosse modo qu'une merde insignifiante. De même, quelqu'un qui s'éloigne de moi est quelqu'un qui perd parce fait tous les intérêts et les qualités qu'il avait à ma proximité.

C'est pourquoi il ne faut plus s'étonner de croiser bras dessus, bras dessous des gens qui se vomissaient dessus la veille, ni s'offusquer d'entendre la même personne vous dresser le portrait abject, minable et horrifique de celui ou de celle qu'elle vous présentait hier comme débordant de vertus et de mérites. C'est simplement l'un des nombreux aspects de cet émétique théâtre d'ombres que sont désormais devenues les relations humaines et sociales.